REVUE N° 99
Hughes Richard

Auteur d’une œuvre sensible et tendre, loin des modes, Hughes Richard est né le 12 juillet 1934 sur le Plateau de Diesse. Dès son adolescence, il a beaucoup bourlingué, tout en restant profondément attaché à sa terre natale. Après un long séjour à Paris, il finit par se fixer dans le Haut-Jura, posant son baluchon aux Ponts-de-Martel, où il ouvre sa Librairie en chambre.

L’univers du livre – les siens et ceux des autres – a été le pivot de son existence, par passion et par nécessité. En toute discrétion, il continue d’écrire, puisant son inspiration dans les paysages et les gens d’ici, le goût de la liberté et l’émerveillement de l’amour.

     
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  • Sommaire
  • Impressum
Chantal Calpe-Hayoz Combien de Hughes Richard sous sa houppelande ?
Chantal Calpe-Hayoz Le pastoureau des confins
Chantal Calpe-Hayoz L’adolescence ou la grande débandade
Chantal Calpe-Hayoz Lignes d'une vie...
Françoise Matthey Métamorphoses
Michel Schlup Hughes Richard ou la passion des livres
François Noirjean Hughes Richard, directeur de la collection Jurassica
Oxana Khlopina Dites-nous, Monsieur Blaise Cendrars…
Jean-Louis Miserez Quand peinture rime avec écriture
Patrick Amstutz Un dialogue ininterrompu avec Werner Renfer
Pierre Raetz Richard cœur de sapin
Divers Témoignages
 Format : 170 x 250 mm Images en couleurs et noir/blanc inédites 
 152 pages ISSN 1015-7611
©Intervalles
N° 99  Hughes Richard
Titre
Auteur
texte
Combien de Hughes Richard sous sa houppelande ?
Chantal Calpe-Hayoz

Le parcours de Hughes Richard est l’un des plus singuliers et attachants de la littérature jurassienne. Au prix de nombreux renoncements, assumant pauvreté et précarité, il a, dès sa trentaine, consacré toute sa vie aux livres. Aux siens, mais aussi à ceux des autres, tout particulièrement Francis Giauque, Werner Renfer et Blaise Cendrars, dont il reste l’un des grands connaisseurs sur le plan international. Il est l’auteur d’une œuvre sensible, loin des modes et des projecteurs. En tant qu’éditeur, il crée et dirige la collection Jurassica aux Editions du Pré-Carré à Porrentruy, fonde sa propre maison. Il exerce depuis de longues années le beau métier de libraire en chambre aux Ponts-de-Martel, où il s’est installé en 1985, après avoir beaucoup bourlingué ici et ailleurs en Europe.

Le pastoureau des confins
Chantal Calpe-Hayoz

Hughes Richard naît le 12 juillet 1934, à Lamboing, sur le Plateau de Diesse. Aîné de deux frères et d’une sœur, il grandit dans un monde rural qui, depuis des siècles, n’a subi que peu de changements. La crise des années trente rend la vie difficile et laborieuse. La rudesse des rapports humains est tempérée par un esprit de solidarité, indispensable en ces terres de solitude et de longs hivers. La nature, d’une beauté austère, imprègne l’âme du petit garçon, qui, plus tard, en fera le décor de plusieurs de ses livres. Participant aux travaux de la ferme familiale, il passera de nombreuses heures solitaires à garder le troupeau de vaches sur les hauts pâturages, par tous les temps. Dans cet univers sans superflu, où seul l’utile a droit de citer, Hughes ne manquera pas de tendresse, celle de sa mère et de sa grand-mère, auprès de laquelle il vécut quelque temps.


L’adolescence ou la grande débandade
Chantal Calpe-Hayoz

L’adolescence de l’écrivain fut une période de rupture radicale avec le milieu qui l’a vu naître. Ainsi que l’écrit Robert Simon dans l’Anthologie jurassienne, « ce minuscule Plateau de Diesse est également balcon du ciel et incite à l’évasion. » Fuir pour échapper à un destin écrit d’avance, fuir, peut-être, pour devenir celui que l’on est. Commence alors une vie d’errance, d’aventure, indissociable du dénuement et de la solitude.

Lignes d'une vie...
Chantal Calpe-Hayoz

Bio-bibliographie établie par Chantal Calpe-Hayoz après de nombreuses rencontres avec Hughes Richard.

Métamorphoses
Françoise Matthey

C’est bien à la croisée des grandes routes et des sentiers tourbeux que j’ai fait la connaissance de Hughes Richard, poète, baroudeur, aventurier de l’âme humaine, éditeur, libraire en chambre, grand connaisseur de Blaise Cendrars et j’en passe.

Hughes Richard ou la passion des livres
Michel Schlup

C’est, à Neuchâtel, au faubourg de l’Hôpital 15 qui abritait les locaux surannés de la librairie ancienne de Mme Anne Reymond que je le vis pour la première fois, se faufilant furtivement, entre les rayons, comme pour échapper à l’attention de la libraire dont l’air souvent revêche et le regard volontiers glaçant intimidaient plus d’un client osant s’aventurer dans cette boutique d’un autre âge. Engagé à temps partiel pour identifier les ouvrages, les décrire et préparer listes et catalogues, Hughes travaillait dans l’ombre, au second étage, loin de la clientèle qu’il croisait rarement.

Hughes Richard, directeur de la collection Jurassica
François Noirjean

La collection Jurassica, lancée par les Editions du Pré-Carré à Porrentruy en 1978, représente une expérience éditoriale originale et unique. Elle apparaît comme un prolongement naturel de l’Anthologie jurassienne, qui avait révélé les auteurs du pays, mais dont les œuvres étaient devenues pour une grande partie introuvables. « Notre objectif est clair : il consistera à publier (ou à republier) les principaux « classiques » de notre littérature. De la sorte, et pour la première fois sans doute dans l’histoire de ce petit pays, nous rassemblerons, sous un même emblème, des forces créatrices traditionnellement aussi éparses que négligées. » Ce généreux programme inspire le titre du compte rendu de la première conférence de presse qui révèle les espérances des initiateurs du projet Un cadeau au peuple jurassien… Mais saura-t-il l’apprécier ?  


Dites-nous, Monsieur Blaise Cendrars…
Oxana Khlopina

Etait-il possible d’imaginer, en 1969, que Blaise Cendrars entrerait dans la Pléiade ? Huit ans après la mort du poète, les travaux académiques consacrés à son œuvre n’existaient pas. Le monde académique ne savait pas comment l’aborder, comment le situer dans un cadre universitaire. L’Association Internationale Blaise Cendrars (AIBC) sera créée en 1978, et le Centre d’études Blaise Cendrars (CEBC) en 1985, initialement dans le but de faire connaître ses inédits conservés dans les Archives Littéraires Suisses.

Quand peinture rime avec écriture
Jean-Louis Miserez

Une ancienne et prestigieuse tradition

Le chapitre traitant du livre illustré en Occident figurant dans le Grand atlas Universalis consacré aux littératures mentionne, en guise d’ouverture, que depuis les manuscrits antiques, l’image n’a cessé de dialoguer avec le texte qui l’accompagnait. Si elle put n’avoir qu’une fonction décorative, son intervention fut souvent beaucoup plus subtile, comme en témoigne la richesse de l’enluminure médiévale ou l’inventivité de l’emblème. Peu à peu, cependant, avec la diffusion de l’imprimerie, la forme du livre va se limiter à un certain nombre de types, davantage codifiés. La conséquence en sera l’instauration d’un rapport plus rigide de l’image au texte. Il faudra attendre le XIX e siècle et la diversité des nouvelles techniques pour que souplesse et liberté soient rendues au volume. En témoigne avec éclat l’édition des livres de poésie à partir de ce texte en quelque sorte inaugural : « Un coup de dés jamais n’abolira le hasard » de Mallarmé.


Un dialogue ininterrompu avec Werner Renfer
Patrick Amstutz

Pour Hughes Richard, c’est comme si, à l’aube de s’aventurer dans les feuilles des plus grands poètes et de parcourir avec eux les fabuleuses forêts de nos mémoires, une triade jurassienne le guidait sur ce long et périlleux chemin de poésie. Il y eut d’abord la rencontre adolescente, dans tous les sens de ces deux termes, avec Francis Giauque. Inaugurale. Il y eut ensuite celle de Blaise Cendrars. Tutélaire. Il y a eu, enfin, celle de Werner Renfer. Exigeante et fraternelle. Celle qui montra la voie des possibles au jeune Hughes aux mille ruses.

Richard cœur de sapin
Pierre Raetz

Nous fîmes connaissance durant l’année 1953 à Neuchâtel, nous n’avions pas vingt ans. D’improbables errances et des engouements successifs scellèrent notre relation amicale. A cette époque-là, il va de soi que l’air du temps était autre ; les emballements intrusifs d’aujourd’hui qui nécrosent subrepticement notre respiration vitale n’avaient alors pas cours (big data, financiarisation HF, dégradation de l’écosystème, transhumanisme aventuriste…)

Témoignages
Divers

Une poignée d'amis, de collaborateurs et de connaissances rendent hommage à Hughes Richard :

F. Beuchat, A. Bédat, M. Born, M. Boulanger, P. Bridel, D. Bubloz, M. Cendrars,
F. Clémence, F. Dubois, C. Garino, H. Gendre, A. Gigax, F. Huguenin,
J.-D. Humbert, A. Imer, F. Jaccard, M. S. Jacquat, M. Jeanrenaud, T. Jugan,
H. Kabuto, F. Langenegger, J.-H. Malineau, H. Marin, G. Moussa,
D. Mützenberg, B. Nussbaum, A. Perregaux, M. Poccachard, B. Raboud,
S. Reymond, D. Sangsue, P. Schnyder, J.-M. Steiger, C.-F. Sunier, J. Tanner,
M. Thiébaud, B. Traber, M. Ummel, A. Voisard et F. Wandelère.

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