REVUE N° 92-93
Clins d'œil sur le passé neuvevillois

Ce numéro a été réalisé par quelques citoyens amoureux de leur ville et désirant la faire mieux connaître. Sept siècles! Quelle aventure, jalonnée non seulement d'événements majeurs, de personnalités importantes, mais aussi d'une foule de petits faits émaillant la vie quotidienne.

Quarante-huit textes, richement illustrés pas des documents, dont beaucoup inédits, feront découvrir aux lecteurs différents aspects, souvent peu connus, de la vie de leurs ancêtres: naissance d'une cité, La Neuveville et Bellelay, vol du coffre de l'Hôtel de Ville, séjour (prétendu) de Louis XVII à La Neuveville, métiers d'autrefois, personnalités neuvevilloise, sorcellerie, etc.

L'œil du photographe et la plume de l'historien permettront aux curieux et aux passionnés de se plonger dans le passé d'une petite cité.

     
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  • Sommaire
  • Impressum
Les auteurs Préface
Rodolphe Baumann L’Occident au Moyen Age
Frédy Dubois Le Schlossberg et le siège de La Neuveville, 1367
Frédy Dubois La Neuveville et Bellelay
L'affaire Petitmaître, 1734
Le vol du coffre de l’Hôtel de Ville, 1771
La Neuveville, terre d’accueil
Les bains publics, la Badstub
La crise économique des années 1930
Les écoles et pensionnats à La Neuveville
Les moulins de la ville
Les fontaines de la rue du Marché
A propos du nom de certaines rues de la vieille ville
Le Lion d’Or
Les Hôtels de la Couronne
André Imer Le domaine de Grenétel, une propriété bernoise en terre neuvevilloise
Frédy Dubois Les métiers
L’horlogerie neuvevilloise du XVIe au XVIIIe siècle
Les communications et transports à La Neuveville
Le naufrage du Neptune
Carl Spitteler à La Neuveville
Victor Beerstecher, imprimeur et photographe, 1843-1913
Charles Favre, un pionnier de l’aviation, 1884-1962
Rodolphe Baumann L'ingénieur Emile Wyss, 1852-1946
Denis Ramseyer La station lacustre de Chavannes
Frédy Dubois Les bannières de La Neuveville
La sorcellerie à La Neuveville au XVIIe siècle
Poème laissé par Rousseau à ses hôtes, à son départ de l’île de Saint-Pierre
Pierre Lachat Les orgues du Temple
Anonyme Anciens dictons neuvevillois
Format 170 x 250 mm
Nombre de pages 296
Illustrations Nombreuses illustrations inédites
Conception graphique Hot’s Design Communication SA, Bienne
Impression Couleurs
©Intervalles
N° 92-93  Clins d'œil sur le passé neuvevillois
Titre
Auteur
texte
Préface
Les auteurs

Les auteurs de ce travail n’ont pas la prétention de présenter une histoire événementielle et chronologique exhaustive, mais une série de flashes sur certains événements, certaines personnalités et certains lieux de la ville. « On ne connaît que les choses que l’on apprivoise » a dit Saint-Exupéry. Notre intention est simple : aider Neuvevilloises et Neuvevillois à apprivoiser leur cité en leur présentant quelques images de son passé disparu. Si ce but est atteint, nos efforts n’auront pas été inutiles.
Le choix des sujets fut forcément arbitraire  ; il y en aurait beaucoup d’autres tout aussi intéressants. Les images sont souvent plus parlantes que les mots. Aussi une large place a-t-elle été faite aux illustrations. Parfois même, les textes ne furent qu’un prétexte à celles-ci.
La Neuveville, mai 2012

L’Occident au Moyen Age
Rodolphe Baumann

Aux environs de l’an mil, l’Occident est une immense forêt. L’image qui ressort des recherches archéologiques et des rares documents de l’époque est celle d’un paysage où les cultures remplacent peu à peu la forêt et les taillis. Pendant tout le Haut Moyen Age, les lieux de peuplement sont clairsemés, de petite taille et en partie instables. L’habitat des gens est un ramassis d’abris précaires, dont après dix siècles, il ne reste rien.

Entre l’an mil et le XIV e siècle, la société est emportée par un progrès matériel fantastique et connaît un doublement, voire un triplement de la population. Cet afflux explique l’extension des cultures et les défrichements de cette époque   ; la production agricole est multipliée par cinq ou six, les récoltes deviennent suffisantes pour nourrir une population en pleine croissance  ; le régime alimentaire devient plus varié et le niveau de vie augmente pour tous.

Le Schlossberg et le siège de La Neuveville, 1367
Frédy Dubois

Commencé par Henri d’Isny en 1283, achevé par son successeur Pierre Reich de Reichenstein, ensuite de l’autorisation donnée le 1er  septembre 1288 par Rodolphe de Habsbourg, le château du Schlossberg était destiné à protéger cette partie de l'Evêché contre les invasions fréquentes des comtes de Neuchâtel. Il servit de résidence aux châtelains, représentants du prince sur la ville, jusqu’à la fin du XVIII e siècle. Cependant, à partir du XVI e, ceux-ci préférèrent leur résidence en ville.

La Neuveville et Bellelay
Frédy Dubois

La première mention d’une église à La Neuveville date de l’année 866. Il s’agit d’un acte de donation du roi de Lorraine, Lothaire II, à l’abbaye de Moutier-Grandval. Cependant, peu après la fondation de l’abbaye de Bellelay, la Blanche Eglise et les terres qui en dépendaient furent données à ce couvent : Ecclesia Sancti Ursicini de Nugerol, cum curte quam ibi habetis et aliis appendiciis suis .

L'affaire Petitmaître, 1734

L’affaire Petitmaître s’inscrit dans le contexte politique de l’époque. Dans les villes et les cantons, différentes classes étaient superposées, avec en haut une classe bourgeoise numériquement très restreinte monopolisant le pouvoir, et une autre, bourgeoise également, nettement plus nombreuse, privilégiée mais dépourvue d’influence  ; au bas de l’échelle les habitants, tolérés mais ne jouissant d’aucun droit.

Le vol du coffre de l’Hôtel de Ville, 1771

Dimanche 4  août 1771. La population neuvevilloise est sous le choc. Une terrible nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre : durant la nuit des individus se sont introduits dans l’Hôtel de Ville, ont forcé le coffre-fort et se sont emparés de l’argent qu’il contenait.
Le procès-verbal établi le jour même nous apprend qu’à huit heures du matin, le marguillier Antoine Gascard, accompagné de sa femme et de son fils Samuel, voulant aller sonner les cloches pour le service religieux, ne put ouvrir la porte donnant accès au vestibule de l’Hôtel de Ville. Appelé à la rescousse, le serrurier Jean Jacques Chatelain n’eut pas plus de succès.

La Neuveville, terre d’accueil

Très tôt, peut-être même dès l’origine, La Neuveville fut une terre d’accueil pour des gens de toutes conditions, venus des pays les plus divers. Une tradition veut que quelques habitants de Bonneville, dans de Val-de-Ruz, détruite par le comte de Neuchâtel en 1301, aient trouvé refuge dans la baille du château du Schlossberg.

Les bains publics, la Badstub

Les maisons n’avaient pas de salle de bains. Chacun se débrouillait comme il le pouvait pour tenir son corps plus ou moins propre. Toutefois il exista très tôt dans les villes des établissements de bains appelés étuves, qui n’étaient généralement ouverts qu’aux hommes. De toute ancienneté, il y eut à La Neuveville une maison où les messieurs pouvaient prendre des bains chauds et se faire ventouser.

Un document de 1450 atteste l’existence de bains publics à La Neuveville : « […] la chapelle de Ste Catherine de bize, la Badstub de vent (Maison Bourguignon, juste au sud de la Maison des Vignolans) […] ». Plus tard, on les trouve dans la maison sise aujourd’hui à la rue du Tempé No 1.

La crise économique des années 1930

Au cours des années 1925 à 1929, la production de masse avait explosé, créant la surproduction. Chaque pays, soucieux de son propre équilibre économique, multiplia les barrières. La crise débuta aux Etats-Unis par une panique boursière le 24 octobre 1929 ( le fameux Jeudi noir) provoquant l’effondrement de la bourse de Wallstreet, qui entraîna dans sa chute celles de Londres, de Paris, de Berlin et de Bruxelles. En 1930, la crise a gagné l’ensemble de l’économie américaine avant de se propager à travers le monde.

Les écoles et pensionnats à La Neuveville

Il ne s’agit pas de retracer ici l’histoire exhaustive de l’école neuvevilloise au cours des siècles. Cependant, nous tenons à relever qu’à partir du XVI e siècle, les autorités locales ont toujours attaché une grande importance à l’instruction des enfants. Voici quelques jalons.
La première mention d’une école à La Neuveville remonte à 1557. Elle se trouvait alors au haut de la rue du Collège, adossée à la maison de cure aujourd’hui démolie. Plus tard, elle fut déplacée à la rue de l’Hôpital, à côté de l’actuelle bibliothèque municipale. Elle abritait les salles de classe et les logements des instituteurs.

Les moulins de la ville

De tout temps les cours d’eau jouèrent un rôle important, pour marquer des frontières, transporter des marchandises, attirer des gens désireux de créer des établissements utilisant la force motrice de l’eau, comme les moulins et les scieries. A La Neuveville, le ruisseau des Moulins, qui sourd de la paroi rocheuse derrière l’usine Capsa (route du Château), fut utilisé probablement dès le XIIe siècle, donc bien avant la construction de la ville. Cette source fut cédée à la commune par la famille Chambrier en 1815.

Les fontaines de la rue du Marché

Cinq fontaines alimentaient autrefois la ville en eau potable. Elles jouaient un rôle non négligeable dans la vie de la cité. L’eau y était amenée par des tuyaux en bois. On venait s’y approvisionner (il n’y avait pas d’eau courante dans les maisons), y faire la lessive. C’était le lieu de rencontre par excellence : on discutait, on y racontait et apprenait les nouvelles du lieu et d’ailleurs, les ragots aussi. C’était un des endroits où se formait l’opinion.

A propos du nom de certaines rues de la vieille ville

Au cours des siècles, les rues de la ville ne portèrent pas toujours les mêmes noms. Dans le numéro du 6 décembre 1905 du Courrier de Neuveville, un citoyen se plaint de ces changements pas toujours très heureux.
« […] Depuis peu les rues et places de notre petite ville ont été débaptisées ou n’ont plus de nom du tout. […]
La rue du Collège par exemple, ainsi nommée de mémoire d’homme, prend tout à coup et fort improprement le nom de rue du Faucon  ; le Faucon n’est pas dans cette rue. Si l’on ne veut pas lui conserver son ancien nom, il y aurait bien plus de raison alors de l’appeler rue de l’Hôtel de Ville, puisque cet édifice la domine réellement. […]

Le Lion d’Or

Jusqu’en 1685, le lieu de réunion de la Confrérie des escoffiers était le bâtiment qui abrite aujourd’hui (2012) le Restaurant du Marché, naguère Hôtel des Trois Poissons. Cette année-là les cordonniers achetèrent une maison à la rue de l’Hôpital ( No 3, à l’emplacement de l’ex-Canard Doré ). Ils y tinrent leurs assemblées jusqu’à la dissolution de la confrérie en 1869.

Le Lion d’Or changea souvent de tenancier. En 1725, les confrères le vendirent à Jean-Jacques Gascard pour mille deux cents écus. Cependant les conditions de vente stipulaient que « la confrairie (sic) se pourra assembler dans ladite maison pour vaquer à ses affaires avec la même liberté qu’avant […] en évitant autant que possible les assemblées les jours de foire et de marché. […] L’hôte ne pourra changer le nom du cabaret ny transporter les armes ailleurs… »

Les Hôtels de la Couronne

Au XVIe siècle, l’unique hôtel de La Neuveville était celui de la Croix Blanche, situé au haut de la rue Beauregard, du côté ouest (aujourd’hui Grand-Rue 2). Acheté par le Conseil en 1603, il prit le nom d’Hôtel de la Couronne.
En 1836, l’Etat de Berne le racheta pour en faire le siège de la sous-préfecture, qui deviendra préfecture en 1846. Un nouvel Hôtel de la Couronne fut alors construit à la route de Neuchâtel. Transformé en pensionnat (qui changea plusieurs fois de propriétaire) il abrite aujourd’hui l’Ecole de commerce.

Le domaine de Grenétel, une propriété bernoise en terre neuvevilloise
André Imer

Propriété de la famille Imer (dite de Grenétel) depuis 1804, année de son acquisition par Frédéric Imer, orfèvre, en échange de l’ancienne Maison de Bellelay (dite aussi Cour de Berne), le domaine de Grenétel peut se prévaloir d’une très longue histoire.
Possession aux XII e et XIII e siècles des barons de Geren-stein (étymologie probable de Grenétel selon André Imer), le domaine passa, plus tard, au chapitre des chanoines de l’église collégiale Saint-Vincent de Berne (l’actuelle cathédrale), d’où le nom allemand de la propriété : le Stift. Sécularisé à la Réforme, il fut, par la suite, pendant plus de deux siècles, le siège du receveur des vignes de la Ville de Berne, un particulier choisi pour ses compétences parmi les notables, bourgeois du lieu.

Les métiers
Frédy Dubois

Au cours des siècles, les Neuvevillois exercèrent de nombreux métiers. Selon un recensement de 1770, 61 professions différentes étaient pratiquées à La Neuveville, représentant 294 personnes actives pour une population avoisinant les 800 âmes. Les plus nombreux étaient les vignerons (55), suivis par les dentelières (33), les horlogers (20), les cordonniers (12).

L’horlogerie neuvevilloise du XVIe au XVIIIe siècle

Deux régions sont à l’origine de l’industrie de la montre dans l’Evêché de Bâle, le Haut-Ergüel et La Neuveville, où les Petitmaître jouirent d’une réputation de maîtres experts en horlogerie qui s’étendit bien au-delà de la cité.
Les premiers horlogers se recrutèrent parmi les gens exerçant des professions mécaniques, serruriers, armuriers, maréchaux, cloutiers, tourneurs, etc. On trouve aussi des fils de médecins et de pasteurs, ce qui n’est guère étonnant car l’industrie de la montre était considérée à cette époque comme une profession « aristocratique ».

Les communications et transports à La Neuveville

Jusqu’au XVII e siècle, la ville n’avait que deux portes, celles de la tour Rouge et de la tour de Rive. Pour se rendre au Landeron, il fallait emprunter la porte nord, puis le chemin des Mornets. En 1626, le Conseil décida d’ouvrir une troisième porte à l’ouest, près de l’Hôtel de la Couronne ; il acheta également une vigne à Daniel Morlet pour construire un chemin (actuelle rue Montagu ).

Le naufrage du Neptune

Le 25 juillet 1880, dix-sept personnes avaient affrété le Neptune, un petit bateau à vapeur avec lequel ils s’étaient rendus à Auvernier. Hans Zigerli, directeur de l’école secondaire des jeunes filles de Bienne, en était le « capitaine », tandis que M. Affolter, mécanicien de profession, s’occupait de la chaufferie.

Carl Spitteler à La Neuveville

Qui se souvient aujourd’hui que La Neuveville abrita en ses murs un Prix Nobel de littérature ? Pourtant une inscription gravée sur la façade sud de l’ancien Progymnase (actuelle mairie) rappelle que Carl Spitteler y enseigna les langues anciennes et l’allemand de 1881 à 1885.

Victor Beerstecher, imprimeur et photographe, 1843-1913

L’essor d‘une vie intellectuelle intense favorisa l’établissement à La Neuveville de toute une série d’imprimeurs, relieurs et libraires. L’un d’eux, le sieur Schmid, dut quitter la localité, accusé par le prince-évêque « d’avoir imprimé des délations historiques rendues publiques par son almanach de 1700, désagréables à S. A. ». En 1712, LL.EE de Berne s’adressent au Magistrat pour se plaindre de l’imprimeur, Jean-Pierre Marolf, qui a publié un livre sur le piétisme. Elles demandent que le livre soit retiré et les caractères détruits. Son fils, Jacques Marolf, lui succéda avec un associé, Pierre Bartholomi de Genève, fondeur et graveur de caractères d’imprimerie. En 1756, Jean Louis Scherrer de Gersau, imprimeur venu de Lausanne, demanda le droit d’habitation. Il fut reçu comme habitant, mais dut s’adresser à Son Altesse l’Evêque de Bâle pour ouvrir une imprimerie. Sa demande fut couronnée de succès puisqu’en 1767, il présenta une facture de 20 écus et 4 batz au Conseil pour 400 testaments et l’année suivante une autre de47 écus 21 batz pour 400 exemplaires des « Lois Consistoriales ».

Charles Favre, un pionnier de l’aviation, 1884-1962

La Neuveville peut s’enorgueillir d’avoir vu naître en ses murs un pionnier de l’aviation. Originaire de Cormoret, Charles Favre est né en 1884 à La Neuveville où son père dirigeait une fabrique d’horlogerie. Après sa scolarité obligatoire, il entre à l’Ecole d’horlogerie du Locle. A l’âge de 24 ans, il se rend aux Etats-Unis où il travaille comme mécanicien  ; deux ans plus tard, en 1910, il rentre en Europe et trouve un emploi à Paris.

L'ingénieur Emile Wyss, 1852-1946
Rodolphe Baumann

Le XIXe siècle est le siècle de la révolution industrielle, de l’emploi de la vapeur comme force motrice, du développement des réseaux ferroviaires. Pour La Neuveville, la construction de la nouvelle route Neuchâtel-Bienne (1838) et l’arrivée du chemin de fer (1860) signifie un certain désenclavement et l’ouverture au monde.

La station lacustre de Chavannes
Denis Ramseyer

La première mention du site néolithique de Chavannes apparaît dans une lettre du notaire E. Müller adressée à Ferdinand Keller le 11 août 1854. Ce n’est donc que quel-ques mois seulement après l’annonce de la découverte de la première station lacustre à Obermeilen dans le canton de Zurich, par l’instituteur Johannes Aeppli, qu’intervient le nom de Schafis (nom alémanique) sur la liste des villages lacustres préhistoriques qui va être publiée par l’antiquaire zurichois Ferdinand Keller. En 1858, F. Keller attribuera par erreur ( p. 114) la découverte de La Neuveville à la commune de Ligerz ».

Les bannières de La Neuveville
Frédy Dubois

Le plus ancien document muni du premier sceau de La Neuveville date de 1338. Les armoiries de la ville (une clef se dressant sur une montagne de six coupeaux, flanquée à droite et à gauche d’une crosse épiscopale, sont entourés de la légende Sigillum Burgensium Noveville De Suster Slosberc. ( Florian Imer, Histoire de ma cité, p. 23)

La sorcellerie à La Neuveville au XVIIe siècle

Il faut en rechercher les raisons profondes dans l’insécurité née, au début du XIV e  siècle, d’une profonde crise économique, sociale, politique et religieuse, car des problèmes ou des catastrophes devant lesquels on était impuissant suscitaient une hostilité croissante envers les groupes marginaux et la recherche d’un bouc émissaire. Du XIV e  siècle à la fin du XVII e on constate, dans les innombrables histoires de sorcellerie, une constante : chaque fois que, dans un pays donné, surviennent des malheurs économiques ou sociaux, naissent des épidémies de sorcellerie. Il y a donc un lien direct entre les événements politiques (guerres, guerres civiles) ou économiques (pestes, épizooties, famines) et les procès de sorcellerie. Comme l’écrivait Michelet au XIXe siècle : « D’où date la sorcière ? Je dis sans hésiter : des temps du désespoir ».

Poème laissé par Rousseau à ses hôtes, à son départ de l’île de Saint-Pierre

La chose est bien connue, Jean-Jacques Rousseau ne passa que six semaines à l’île de Saint-Pierre en 1765. Persécuté par ses ennemis, il dut quitter ce séjour qu’il évoque dans la Cinquième Promenade des Rêveries du Promeneur solitaire. A son départ, il laissa ce poème entre les mains de la sœur de receveur  :

Chers amis, le sort m’entraîne  ;
Demain, mon cœur déchiré,
De regrets amers navré,
Va rompre sa douce chaîne,
Et se livrer, sans appui,
Aux traits que dardent sur lui
La calomnie et la haine.

Les orgues du Temple
Pierre Lachat

A chaque époque ses barbares, plus soucieux d’imposer à court terme leur griffe personnelle, que de préserver l’héritage du passé. En 1972 – pas si vieux ! – on a tout bonnement démonté et… troqué l’orgue baroque du Temple de La Neuveville (bien avant l’implantation de l’actuel Café-Concert de la Tour de Rive) contre une « bonne occasion » et, « pour gagner de la place ». Paré de son superbe buffet du milieu du XVIIIe siècle, rajeuni, il résonne aujourd’hui dans l’église de Saanen, pour le bonheur des mélomanes de l’Oberland   !

Anciens dictons neuvevillois
Anonyme

1672
Copié dans le registre d’un notaire
Payez vos censes tous les ans
Si vous voulez avoir bon temps
Car si vous les laissez accumuler
Serez en danger de vous ruiner.

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