REVUE N° 88
Fer, fours, forges et ferronnerie

La présence de minerais de fer dans les sols et de forêts abondantes sur le flanc des montagnes a très tôt amené le développement d'un artisanat, puis d'une industrie métallurgique dans le Jura bernois et à Bienne. Les princes-évêques de Bâle se sont réservés les droits régaliens sur ces activités, sources de profits. Le lecteur trouvera ici un rapide survol du développement de cette économie entre le XVe siècle et le début du XXe, illustré par des fac-similés de gravures ou de documents émanant de la Cour.

La ferronnerie d'art est aussi bien présente par un catalogue de photos de belles enseignes, signalant restaurants et commerces dans les rues et ruelles de la région.

     
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  • Sommaire
  • Impressum
Francis Steulet Préface
Théodore de Banville Le fer
Rapport d’Auguste Quiquerez, ingénieur des mines,1864. Extraits des fouilles pour la recherche de mines de fer dans le Jura de 1853 à 1863
L'exploitation des mines et du fer: ressources importantes pour le Prince-Evêque de Bâle
Francis Steulet L’industrie du fer au fil de l’eau
Elsy Schneider-Nobs Entouré de falaises : Choindez
François Kohler et Charles Torriani Du haut fourneau au village-usine
Charles- François Landry Chez les fondeurs
Christophe Gerber Une exploitation de fer mise en valeur à Roches
Louis Flury La forge du Pâquier
Enseignes d’auberges et autres...
Gustave Amweg La grille monumentale de l'église de l'abbaye de Bellelay
Format 170 x 250 mm
Nombre de pages 96
Illustrations Nombreuses illustrations N/B inédites
Conception graphique Hot’s Design Communication SA, Bienne
Impression Ediprim SA, Bienne
©Intervalles
N° 88  Fer, fours, forges et ferronnerie
Titre
Auteur
texte
Préface
Francis Steulet
Il n’est pas dans notre intention et de notre ressort de nous livrer dans ce numéro à l’analyse des données historiques recueillies lors de recherches approfondies, effectuées au cours des siècles derniers. Une étude sur les sites archéologiques, les mines de fer et les débuts de la sidérurgie jurassienne ont été la source de travaux approfondis lors de mémoires de licence.
Le rapport présentant en 1864 les fouilles pour la recherche de mines de fer dans le Jura de 1853 à 1863, d’Auguste Quiquerez, ingénieur des mines, fourmille de renseignements très intéressants. Au fil des décennies, il a été complété par des études effectuées par différents historiens et archéologues, qui se sont révélées aussi variées que captivantes. Nous nous bornons à en publier que quelques extraits. Plusieurs chercheurs ont relevé la présence sur de nombreux sites de mines, hauts-fourneaux, bas fourneaux, forges et fonderies dans l’ensemble de nos contrées jurassiennes. Des extraits de documents conservés aux Archives de l’Etat de Berne et aux Archives de l’Ancien Evêché de Bâle à Porrentruy en sont une preuve évidente.
Mais il nous paraît important de signaler que des sites de production de minerai de fer ont été découverts lors des travaux de réalisation de la Transjurane A16. Ce thème est présenté par Christophe Gerber, archéologue.
Le numéro est complété par la présentation d’une ancienne forge demeurée en activité, grâce à l’initiative d’une poignée d’idéalistes. D’autre part, en abordant brièvement la ferronnerie d’art, Intervalles présente quelques remarquables enseignes d’auberges et d’autres établissements, qui deviennent de plus en plus rares au fil des ans.
Détachant leur silhouette élégante dans le ciel azur, elles démontrent l’habileté des ferronniers d’art en attirant le regard des passants.
Différentes gravures anciennes de lieux de production du fer, datant des 18e et 19e siècles, complètent le numéro.
Le fer
Théodore de Banville
Fer grossier que la cheminée
Couvre ici de son noir manteau
Jusqu’à la fin de la journée
Tremble et gémis sous le marteau

Pour subir ta métamorphose,
Tu vas sortir, obscur encor,
De la fournaise ardente et rose,
Au milieu d’une gerbe d’or
Extraits des fouilles pour la recherche de mines de fer dans le Jura de 1853 à 1863
Rapport d’Auguste Quiquerez, ingénieur des mines,1864.
Des mines de fer
Parmi les plus anciennes minières dont nous avons connaissance, on peut nommer celles de Chaumont, au nord de Vicques, où les Romains puisèrent quelques mines dans des cavernes et fissures de rocher, où l’on peut encore pénétrer.

Le village de Crémines, dans la vallée de Moutier, a dû prendre son nom des Creux de mine, des minières ouvertes en ce lieu à une époque fort ancienne, soit pour l’usage des forges situées près de la route de Saint-Joseph, soit pour celles qui étaient situées plus près du village de Corcelles. En ce dernier lieu, l’amas de scories de fer est assez considérable pour faire penser qu’on y a construit successivement des forges, à mesure que la croissance des forêts fournissait de nouveaux combustibles.
L'exploitation des mines et du fer: ressources importantes pour le Prince-Evêque de Bâle
L'exploitation des mines et des forges découle des droits régaliens dévolus au Prince-Evêque comme prince de l'Empire. A la fin du 16e siècle, le Prince-Evêque Jacques-Christophe Blarer de Wartensee intensifie l'exploitation minière dans son état. Il crée les complexes sidérurgiques de Courrendlin et d'Undervelier, combinant forges et hauts fourneaux, les forges de La Reuchenette ainsi que la tirerie de fer de Boujean.


L’industrie du fer au fil de l’eau
Francis Steulet
Un aspect pittoresque de l’industrie du fer jurassienne peut être évoqué par les martinets, créés au bord de la Birse, de la Sorne ou de la Suze. Ils ont attiré l’attention des voyageurs de l’époque, qui parcouraient nos contrées en diligence ou à cheval, et dont ils ont fait des descriptions qu’il vaut la peine de citer.


Entouré de falaises : Choindez
Elsy Schneider-Nobs

Le lieu-dit Choindez est acheté par la commune de Courrendlin en 1843. La société von Roll installe un haut fourneau à Choindez, qui est allumé en 1846.
« Ce sont les gisements de fer qui se trouvaient dans la vallée de Delémont, les essences feuillues des forêts d'alentour qui donneront le charbon de bois utilisé en métallurgie, et la Birse domestiquée qui fournira la force hydraulique nécessaire au bon fonctionnement de l'entreprise ».


Du haut fourneau au village-usine
François Kohler et Charles Torriani
Implantation et essor de la fonderie de Choindez Le 1er  mai 1843, la Société des Usines Louis de Roll achetait à la commune de Courrendlin un terrain dans les gorges de Moutier, à deux kilomètres au sud du village, pour y installer un nouveau haut fourneau. Ayant épuisé les mines avoisinant la fonderie de Gänsbrunnen, les maîtres de forges soleurois avaient choisi cet emplacement parce qu’il était proche des gisements de fer de la vallée de Delémont ; la Birse pouvait fournir la force hydraulique nécessaire et les forêts avoisinantes la matière première pour le charbon de bois. Le 7 septembre 1846, le haut fourneau était allumé.


Chez les fondeurs
Charles- François Landry
Ah ! Le beau métier ! Un métier d’homme. Pas une activité de foutriquet. Un métier où, j’en conviens, on se salit, un métier où l’on ne respire pas un air des cimes, un métier qui fait penser aux halles de triages dans une mine de houille…


Une exploitation de fer mise en valeur à Roches
Christophe Gerber
En automne 1995, alors que la fouille de fours à chaux des Temps modernes s’achevait dans le bas de la combe Chopin, à Roches, des scories ferreuses et quelques tessons de céramique grise médiévale, étaient apparus dans le talus amont de la piste de chantier du futur tunnel autoroutier de Raimeux. Les fouilles furent programmées l’année suivante (fig. 1) et s’étendirent de mars à novembre sur près de 3000 m2. Un bas fourneau, un foyer ouvert et un amas de scories bien défini furent dégagés au cours des recherches et publiés sous forme de monographie en 2002. Dès 2006, des travaux de conservation et de mise en valeur, rendus possibles grâce à la bienveillance de la commune de Roches et au soutien de l’Office des ponts et chaussées du canton de Berne, section route nationale N16, ont permis de sauvegarder le site.


La forge du Pâquier
Louis Flury
Situé à quelques encablures de la frontière entre le canton de Berne et du canton de Neuchâtel, à l’extrémité nord du Val-de-Ruz, le village pittoresque du Pâquier, au pied de la combe Biosse menant au Chasseral, a eu le mérite de sauver et de restaurer une ancienne forge, vestige et témoin de la ferronnerie d’autrefois.
Autrefois indispensable à l’activité agricole, le métier de forgeron disparaît, comme s’éteignent les uns après les autres, les foyers des forges villageoises.


Enseignes d’auberges et autres...
Elles se font toujours plus rares, malheureusement, remplacées par des panneaux métalliques multicolores arborant des marques de boissons. Mais ces enseignes en fer forgé, se balançant devant la façade de restaurants, auberges, hôtels ou autres établissements, sont le témoignage de l’habileté des ferronniers d’art. Leur but essentiel est d’attirer l’œil du passant, en l’engageant à entrer.


La grille monumentale de l'église de l'abbaye de Bellelay
Gustave Amweg
Cette grille très riche séparait la nef du premier chœur. Lors de la sécularisation du couvent, en 1797, à la suite de l’invasion des troupes françaises, elle fut vendue à un commerçant de Bienne. Elle y demeura inutilisée. Le directeur de la maison de santé de Bellelay parvint plus tard à la récupérer et à faire réintégrer cette splendide grille dans l’église.


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