REVUE N° 86
Victor Gross et la découverte des Lacustres

Il y a 130 ans que la pirogue de l'âge du Bronze exposée au musée de La Neuveville a été découverte. Une nouvelle présentation scénographique de l'espace réservé aux collections préhistoriques a été inaugurée en 2009 sous le nom de "salle Victor Gross". Il y a quelques mois seulement, un dossier a été déposé au siège de l'UNESCO à Paris par six pays de l'Arc alpin pour obtenir le classement des sites lacustres au Patrimoine mondial. Ce sont autant d'occasions de présenter Victor Gross, une figure de l'histoire neuvevilloise qui fut aussi l'un des pionniers de l'archéologie lacustre suisse du XIXe siècle. Sa collection a contribué à la constitution du Musée national suisse. A travers lui, les auteurs se penchent sur la façon dont nos prédécesseurs percevaient les populations préhistoriques qui s'étaient établies sur les rives des lacs au pied du Jura et sur la manière dont les collections de l'époque se constituaient, se vendaient et s'échangeaient

     
ACHETER CHF 20.00 (version numérique incluse) ACHETER CHF 14.00(format pdf)
 
     
  • Sommaire
  • Impressum
Denis Ramseyer Avant-propos
Repères chronologiques
Camille Fallet L’archéologie de Victor Gross éclairée par l’étude de sa correspondance
Denis Ramseyer Les Lacustres vus par Victor Gross
Gianna Reginelli Servais La Tène vue par Victor Gross
Philippe Marti Les collectionneurs et leurs pratiques d’échanges à l’époque de Victor Gross
Marc-Antoine Kaeser Le Musée national suisse, l’État fédéral et l’usage politique des antiquités lacustres de Victor Gross
Denis Ramseyer Victor Gross, médecin et artiste
Denis Ramseyer La salle Victor Gross et les collections du Musée d'histoire La Neuveville
Jean-Christophe Méroz Le Musée Schwab, fruit de la passion
Format 170 x 250 mm
Nombre de pages 128
Illustrations Nombreuses illustrations N/B inédites
Conception graphique Hot’s Design Communication SA, Bienne
Impression Ediprim SA, Bienne
©Intervalles
N° 86  Victor Gross et la découverte des Lacustres
Titre
Auteur
texte
Avant-propos
Denis Ramseyer


On connaît plusieurs aspects des nombreuses activités du Dr Victor Gross par de rares publications : quelques lignes rédigées à l'occasion de son décès en 1920, parues dans les quotidiens locaux, et par le biais d'un article publié en 1959 dans les actes de la Société jurassienne d'émulation, signé de Julien Bourquin. Il aura fallu attendre que Camille Fallet, étudiante à l'Université de Neuchâtel, choisisse de s'intéresser de plus près à cette personnalité peu ordinaire, dans le cadre d'un travail présenté en 2008 à l'Institut d'Histoire, pour qu'une nouvelle « enquête » soit relancée.



Repères chronologiques


Le Néolithique se développe en Suisse à partir de 5500, mais les premiers habitats au bord des lacs apparaissent progressivement vers 4300. Différentes cultures (dites de Cortaillod, Horgen, Lüscherz, Auvernier cordé) vont se succéder jusque vers 2400. Après une phase transitoire marquée par la civilisation Campaniforme (âge du Cuivre), dont la population vit éloignée des rives, les établissements lacustres reprennent vers 2000 avec le début de l'âge du Bronze. Les derniers villages construits au bord de lacs disparaissent à la fin du IXe siècle avant notre ère, date qui marque le début de l'âge du Fer. L'occupation des rives des lacs aura duré 3500 ans.


L’archéologie de Victor Gross éclairée par l’étude de sa correspondance
Camille Fallet









1854, les premiers villages lacustres sont mis au
jour à Obermeilen, sur le lac de Zurich. L’hiver a été si sec que le niveau des
lacs suisses a largement diminué, s’abaissant de quelque trente centimètres en
dessous du niveau historique le plus bas, mesuré en 1674. À Obermeilen, on
tente alors de gagner du terrain sur le lac. Les ouvriers chargés de la
construction d’une digue découvrent des pieux, ainsi qu’une importante quantité
d’objets, tessons de céramique, silex, os ou bois de cerf, conservés dans le
lac. Les enfants du village jouant sur les rives en rapportent alors à leur
instituteur, Johannes Aeppli. Celui-ci avertit Ferdinand Keller (1800-1881),
fondateur et président de la Société des antiquaires de Zurich, qui les étudie
et leur reconnaît une très grande ancienneté
: ils datent d’avant l’Histoire.
Un peu partout en Suisse sont signalées des découvertes analogues. Elles
incitent Keller à se rendre sur place pour étudier directement le site
d’Obermeilen. À l’automne, il propose son interprétation
: ce sont
les vestiges de villages construits sur une plate-forme au-dessus de l’eau. La
«
civilisation lacustre» est née.



Les Lacustres vus par Victor Gross
Denis Ramseyer







En 1883, le Dr Victor
Gross publie Les Protohelvètes ou les premiers colons sur les bords des lacs de
Bienne et Neuchâtel, ouvrage qui va rester une référence dans le domaine des
origines de l’Histoire suisse jusque dans les années 1950. Une relecture
critique de ce livre, en 2010, est intéressante à plus d’un titre, car elle
permet non seulement d’évaluer le chemin parcouru par les scientifiques en plus
d’un siècle de recherches, mais aussi de mieux cerner l’esprit qui animait les
savants de l’époque et leur vision du passé.

La Tène vue par Victor Gross
Gianna Reginelli Servais









Le site de La Tène reste, 150 ans
après sa découverte, l’une des références majeures pour l’archéologie celtique
en Europe. On y a vu d’abord, dans l’engouement général pour les stations
lacustres, un habitat palafittique de l’âge du Fer. On sait aujourd’hui qu’il
n’en est rien
: les pieux correspondent à deux ponts et plusieurs bâtiments implantés sur
les berges de l’ancienne Thielle. De plus, des découvertes similaires ayant eu
lieu dans le courant du XXe siècle, on attribue aujourd’hui les objets
retrouvés au fond de la rivière - plus de 4
000 – à des pratiques cultuelles
comme des offrandes, des dépôts ou encore des trophées.



Les collectionneurs et leurs pratiques d’échanges à l’époque de Victor Gross
Philippe Marti







L’engouement de
Victor Gross pour les recherches archéologiques n’est pas unique. En effet,
dans la seconde moitié du XIXe
siècle se développe un intérêt
croissant pour les civilisations du passé et leurs vestiges. Les découvertes de
l’homme «
antédiluvien» et de la civilisation lacustre suscitent de
nombreuses vocations, notamment au sein des sociétés savantes locales et
régionales, qui connaissent un essor sans précédent. Chacun se doit de posséder
une petite collection préhistorique, en récoltant des vestiges sur le terrain
ou en troquant des pièces avec d’autres amateurs. Lors des diverses réunions de
ces sociétés, on organise même des journées de «
cueillette», où les participants sont
invités à prospecter un site reconnu. Ces collections sont, en vertu de la loi,
une propriété privée. Chaque collectionneur est donc libre de vendre ou de
donner ses possessions comme il l’entend. Alimentés par une demande croissante,
des réseaux d’échange vont se créer progressivement, d’abord à un niveau
national, puis également au-delà des frontières suisses.

Le Musée national suisse, l’État fédéral et l’usage politique des antiquités lacustres de Victor Gross
Marc-Antoine Kaeser







Le 25juin 1898, le Musée national suisse est inauguré
en grande pompe à Zurich. Cent douze ans plus tard, alors que le musée vient de
remodeler entièrement, depuis le 1er
août 2009, son exposition permanente d’histoire suisse, on ignore largement
le rôle crucial qu’a joué la préhistoire dans la fondation de cette
institution. Et même au pied du Jura, à La Neuveville ou à Neuchâtel, on
méconnaît encore la part importante qu’a jouée, dans ce processus, la
collection d’antiquités «
lacustres» du Dr Victor Gross.

Victor Gross, médecin et artiste
Denis Ramseyer







Né le 1er juin
1845, Victor a suivi sa scolarité à La Neuveville, puis a été élève aux
Gymnases de Neuchâtel et de Porrentruy. Il s’est ensuite orienté vers la
médecine à l’Université de Berne. À vingt-trois ans, ses études achevées, il se
rend à Paris pour y faire des stages en clinique. De retour à La Neuveville en
1869, il y pratiquera la médecine jusqu’à la fin de sa vie. Il élit domicile à
l’avenue des Collonges dans une belle demeure qu’il avait baptisé «
La Traviata».

La salle Victor Gross et les collections du Musée d'histoire La Neuveville
Denis Ramseyer







Le premier musée de
la cité a été érigé entre
1875 et1876 à côté de la gare. Les canons bourguignons,
fleurons de la collection, y ont été placés dès l’inauguration en 1877. Trois
ans plus tard, Victor Gross y déposait la pirogue qu’on venait de découvrir à
Vingras, à 10
km de là. Le musée fut fermé en
1947 et les collections furent acheminées à l’Hôtel de Ville en 1950. Comme
d’importants travaux de rénovation étaient nécessaires pour aménager ce
bâtiment historique en salles d’expositions, l’ouverture du nouveau musée n’eut
lieu que le 26
septembre 1959.

Le Musée Schwab, fruit de la passion
Jean-Christophe Méroz









Le Musée Schwab de Bienne est une
des étapes incontournables de la découverte archéologique de la région. Il se
targue d’ailleurs d’être le seul musée du canton de Berne dédié exclusivement à
l’archéologie, sous-entendu le seul à documenter la présence de l’homme dans la
région depuis plus de 10
000 av. J.-C.jusqu’à la période romaine, une
présence qui se lit uniquement dans les fouilles du sous-sol et du fond du lac.



Formats numériques disponibles pour cette revue:

 

 
     
     
EPUB (acronyme de « electronic publication » ou « publication électronique »)
est un format ouvert standardisé pour les livres numériques. EPUB est conçu pour faciliter la mise en page du contenu, le texte affiché étant ajusté pour le type d'appareil de lecture.