REVUE N° 78
Musées et Collectionneurs

Le Suisse aime les musées. Il aime particulièrement les musées locaux et régionaux. C’est ce que révèle une étude de l’Université de Lausanne réalisée entre 2001 et 2003 : une excellente raison pour présenter ici des musées et des collectionneurs de la région Jura bernois – Bienne : musées publics, musées privées, musées d’entreprise et visite à des collectionneurs patentés. C’est l’Histoirede la région et son patrimoine qui se présentent à nos yeux.

 

Ce cahier d’Intervalles contient en plus un catalogue de tous les musées du Jura bernois, de Bienne et du Canton du Jura. S’il pouvait ainsi suggérer une excursion, une visite, alors il aurait pleinement atteint son but.

     
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  • Sommaire
  • Impressum
JEAN-CHRISTOPHE MEROZ Préface
ARLETTE MOTTAZ BARAN Publics des musées suisses
PHILIPPE LÜSCHER Musée Neuhaus, nouvelle exposition permanente «Biel/Bienne. Ville horlogère et industrielle»
STEPHANIE MARTHE, AVEC FRANCIS BEGUELIN, NICOLAS BOURQUIN, CAROLE PAROZ Le Musée de Saint-Imier ou les humanistes du 19e siècle
PIERRE LACHAT Le Musée de La Neuveville, un musée vivant
JEAN-CHRISTOPHE MEROZ Le Musée des minéraux de Saint-Imier, ou la passion d’un couple
RELATIONS PUBLIQUES LONGINES Le Musée Longines à Saint-Imier: 175 ans d’histoire industrielle
CELINE LATSCHA Musée du Tour automatique et d’Histoire de Moutier: une industrie marquée du sceau de la poésie
JEAN-CHRISTOPHE MEROZ Le Musée de l’optique, de Bienne: entre tradition et vision
CELINE LATSCHA Charles Ballif, esthète, décorateur, et peut-être même prophète ?
KATHIA SAVOLDELLI La Bourse Multicollection de Tavannes
ANNE SCHILD Groupement interjurassien des musées
Liste des musées du Jura bernois, du canton du Jura et de Bienne
Biographies
   
   
©Intervalles
N° 78  Musées et Collectionneurs
Titre
Auteur
texte
Préface
JEAN-CHRISTOPHE MEROZ
Le Suisse aime les musées. Il aime particulièrement les musées locaux et régionaux. C’est ce que révèle une étude de l’Université de Lausanne réalisée entre 2001 et 2003 auprès de 96 musées de types divers, répartis à travers toute la Suisse. Par ailleurs, la passion pour un artiste, pour l’histoire d’un métier, pour un aspect de la nature comme les minéraux, pousse des personnes à consacrer une partie essentielle de leur revenu à réunir une collection et, parfois, à ouvrir un musée privé qu’elles exploitent alors sans le moindre soutien des pouvoirs publics. Et en plus, il y a aussi des entreprises qui exposent leur production séculaire pour souligner leur personnalité et la classe de leurs produits afin de séduire une clientèle exigeante.

Voilà autant d’excellentes raisons pour présenter des musées et collectionneurs de la région Jura bernois – Bienne. Dans un premier temps, ce numéro revient sur certains aspects de l’étude lausannoise présentés ici par l’auteur même de cette recherche. Ensuite, trois musées institutionnels, le musée Neuhaus, de Bienne, les musées de La Neuveville et de Saint-Imier sont passés en revue. Une place importante est aussi faite à ces passionnés qui ouvrent leurs collections au public: les créateurs du Musée des minéraux, de Saint-Imier, du Musée de l’optique, à Bienne, ou du Musée du tour automatique, à Moutier. Deux portraits de collectionneurs complètent ce tableau.

Publics des musées suisses
ARLETTE MOTTAZ BARAN
Le présent article se base sur les résultats de la première étude réalisée en Suisse auprès des visiteurs de 96 musées – sur les 863 que comptait la Suisse au moment de l’enquête. Cet échantillon est représentatif de l’ensemble des musées en ce qui concerne le type de musées (nature des collections), ainsi que leur localisation géographique (région linguistique et canton). 2045 visiteurs se sont exprimés par l’intermédiaire d’un questionnaire distribué, lors de leur visite, durant les mois d’août et septembre 2001.

Musées suisses
Près d’un musée sur deux (49,6%) est un musée d’Histoire, un peu plus d’un sur dix (12,9%) un musée d’Art ou à Thème. Les musées d’Histoire sont les plus nombreux dans les trois régions linguistiques, voire majoritaires en Suisse allemande (51,4%, 45% en Suisse romande et 46,2% en Suisse italienne).

Musées visités
On retrouve le poids de ces musées au travers des répondants, puisque ce sont avant tout des visiteurs de musées d’Histoire (45,4%) – sauf en Suisse italienne où ce sont ceux de musées d’Art (43,5%) – qui ont répondu.
On observe également quelques différences en Suisse allemande. C’est le cas dans le canton de Berne, où les plus nombreux à avoir répondu ont été des Suisses ayant visité un musée des Techniques consacré à la communication (40,9%), puis un musée d‘Histoire (40,1%) – musée d’Histoire que visitent en priorité les étrangers.


Musée Neuhaus, nouvelle exposition permanente «Biel/Bienne. Ville horlogère et industrielle»
PHILIPPE LÜSCHER
Après plusieurs mois de travaux, le Musée Neuhaus, de Bienne, a ouvert le 12 novembre 2006 une toute nouvelle exposition intitulée «Biel/Bienne. Ville horlogère et industrielle». Ces nouvelles salles consacrées à l’histoire de l’industrie à Bienne et dans la région constituent un nouveau point fort pour le musée: trois étages au cœur du bâtiment présentent les principaux chapitres de cette histoire captivante. Au fil d’un parcours qui le mène du 18e siècle jusqu’à nos jours, le visiteur découvre une multitude de fleurons de l’industrie régionale parmi lesquels les montres tiennent bien évidemment une grande place. Mais derrière ces objets plus ou moins prestigieux, l’exposition entend également rappeler la part humaine: ainsi, documents iconographiques, installations audiovisuelles, brefs textes éclairent le contexte dans lequel sont nés ces objets et montrent les changements structurels fondamentaux que connut l’industrie durant cette période, les crises terribles qui freinèrent le développement de la région et les réponses que celle-ci mit en œuvre pour y remédier. La brève contribution qui suit entend présenter au lecteur quelques-uns des points forts de cette nouvelle exposition.
Mais avant de pénétrer dans les salles, quelques mots sur la structure de l’exposition. Le premier étage montre le développement de la ville de Bienne et met en évidence le lien entre la croissance fulgurante de la ville et le développement des différentes industries de la région. Le second étage est consacré spécialement à l’industrie horlogère. Plusieurs stations montrent les changements importants dans les méthodes de production d’une montre, du travail à domicile au 19e siècle jusqu’aux usines automatisées d’aujourd’hui; les conditions de vie des ouvriers, tout comme le chapitre de l’immigration dans la deuxième moitié du 20e siècle, sont également abordés. Le visiteur peut ensuite découvrir un très vaste assortiment de montres biennoises, s’étendant des montres de poche anciennes aux modèles les plus récents. Un espace particulier est dévolu à la présentation d’une collection privée de montres Rolex, qui appartient à M. Harry Borer, ancien directeur de Rolex Bienne: cette collection très complète recense les principales innovations techniques de Rolex, effigie fondamentale de Bienne.

Le Musée de Saint-Imier ou les humanistes du 19e siècle
STEPHANIE MARTHE, AVEC FRANCIS BEGUELIN, NICOLAS BOURQUIN, CAROLE PAROZ
Tout édifice débute par une pierre unique sur laquelle peuvent s’appuyer celles qui suivent. La première pierre du Musée de Saint-Imier fut posée en 1861, lorsque Georges Agassiz, fondateur du musée et neveu du célèbre géologue naturaliste Louis Agassiz, rassembla une collection d’objets et d’animaux naturalisés destinée à l’enseignement. Au fil du temps, divers dons privés ainsi que des rachats vinrent enrichir cette collection. Il faudra cependant attendre vingt-cinq ans pour voir naître à Saint-Imier un véritable musée ouvert à tous.
Louis Rollier fut maître d’école à Saint-Imier de 1880 à 1890. Plus tard, il sera nommé professeur de géologie à l’école polytechnique fédérale de Zurich. Au cours de son séjour en Erguël, il constitua une collection considérable de fossiles, minéraux et autres cristaux. Louis Rollier était également le conservateur du musée en 1886 lorsque plusieurs jeunes érudits passionnés firent don d’une partie de leurs collections privées. La donation Challandes, pour ne citer qu’un exemple parmi d’autres, ajouta un apport considérable au futur Musée de Saint-Imier. Louis Rollier lui-même apporta une importante contribution en offrant plusieurs objets de l’Egypte ancienne et en vendant sa magnifique collection de pièces géologiques au Musée. C’est aussi lui qui, la même année, soutenu par le Dr Schwab, obtint de pouvoir disposer d’un local afin de présenter ces collections au public. C’est donc en 1886 que naquît officiellement le Musée de Saint-Imier.
Ce musée s’enrichit ensuite au cours des années par de nombreux legs de familles du Vallon et de citoyens émigrés sur d’autres continents.
L’entomologiste Jules Guédat de Tramelan fit don d’une grande collection de papillons.
Le pasteur L. Morel, de Berne, légua une centaine de papillons exotiques.
M. Châtelain, de Sonceboz, offrit une part importante de la collection d’oiseaux du Musée.

Le Musée de La Neuveville, un musée vivant
PIERRE LACHAT
Comment présenter en quelques pages le Musée de La Neuveville – son site, son histoire, ses richesses… ses difficultés – sans lui faire violence, ni paraphraser le numéro spécial que la revue Intervalles lui a consacré jadis? Ce bouquet d’articles judicieusement illustrés, dus à d’éminents Neuvevillois, continue de faire référence sur le sujet. Aujourd’hui encore, sa lecture s’impose: c’est une invite à se laisser surprendre par un ensemble d’objets de qualité, mis en valeur dans un lieu hors du commun. Toutefois par souci de clarté, avant d’esquisser le chemin parcouru depuis 1988 et d’envisager l’avenir, nous évoquerons les origines de cette institution, à travers ses Annales, sous une plume anonyme, non dépourvue de charme. Elles débutent ainsi: «La Commune bourgeoise de La Neuveville conservait, en sa maison de ville, ses trois vénérables bannières, celle octroyée le 19 juin 1368 par le prince-évêque de Bâle Jean de Vienne, celle du traité de combourgeoisie avec Bienne, du 14 septembre 1395, et celle octroyée le 2 mai 1497 par l’empereur Maximilien 1er; le vieux coffre du trésor datant du début du 14e siècle, ainsi que les sept canons, les trois bombardes et les boulets de la bataille de Morat; ses cinq couleuvrines, le canon de la duchesse de Nemours, avec bien d’autres objets précieux.
Dans son assemblée générale du 26 mars 1874 elle nomma un comité d’initiative, composé de Cyprien Revel, ancien membre du directoire fédéral, Jean-Frédéric Landolt, Georges-Frédéric Gueisbühler, Louis-Sigismond Imer et Frédéric Schem-Karlen. Elle le chargea d’élaborer un projet de société d’actionnaires pour la construction d’un musée historique neuvevillois.
L’appel lancé à la population pour la souscription d’actions le 17 novembre 1874 eut plein succès. Les souscripteurs se réunirent le 1er novembre 1875 en assemblée générale, ils adoptèrent les statuts et nommèrent Frédéric Schem-Karlen président, Louis-Sigismond Imer secrétaire-caissier et comme membres du comité Emile Wyss, Charles Schnider, Jean-Frédéric Landolt, Victor Gibollet et Florian Imer.
En juin 1877, le bâtiment construit sur la place de la gare est achevé et le 21, les vieux canons du duc de Bourgogne y sont installés.

Le Musée des minéraux de Saint-Imier, ou la passion d’un couple
JEAN-CHRISTOPHE MEROZ
A Saint-Imier, en retrait de l’une des places, vous trouverez le Musée des minéraux créé et exploité par Willy et Kriemhilde Freitag. Un couple de passionnés. En fait, c’est lui qui est à la source de cette passion. Il dit avoir passé sa vie à chercher des minéraux. Il y a dans sa collection 50 ans de travail et c’est devenu plus qu’un métier.
Kriemhilde: Lorsque mon mari m’a montré pour la première fois les minéraux que l’on trouve dans la nature, je suis devenue toute folle. Il est né et a vécu dans la vallée de Binn, en Haut-Valais. Il m’a emmenée là-haut. Au soir de la première journée passée à la recherche de minéraux, je me suis exclamé: «Ce ne sera pas seulement quelque chose pour aujourd’hui!». Certains étés, nous sommes montés presque toutes les semaines là-haut! La recherche de minéraux est vraiment une activité que nous avons partagée dans notre vie.
Willy: A l’origine de ma passion, il y a le fait que je suis né à Binn, dans la région la plus riche en minéraux de Suisse. Mon père y était garde-frontière. Il avait une magnifique collection. Je suis donc tombé dans la marmite quand j’étais tout petit.
Il y a une cinquantaine d’années, j’ai exposé quelques pièces et je me suis alors rendu compte que plus vous avez de minéraux, plus vous voulez en avoir. Vous en avez d’Europe, puis d’Outre-Mer, d’un peu partout. Puis ça vous submerge, vous en avez tellement que vous devez trouver un local. Un jour, j’ai envoyé ma femme au village et je lui dis «Va me chercher un local à Saint-Imier»… elle s’est ramenée avec une maison. C’était une maison inoccupée, qui ne coûtait presque rien. J’ai commencé par louer un appartement, puis j’ai acheté la maison parce que c’était plus ou moins nécessaire.
La collection, c’est comme ça: cela vous prend un, puis deux doigts, la main, le bras et ensuite tout le corps. Cela devient un peu envahissant.
Et c’est vrai que j’ai passé le virus à ma femme quand je l’ai rencontrée. Je faisais partie d’une société de minéralogie que nous avions pompeusement appelée Société neuchâteloise et jurassienne de minéralogie, dont j’ai été président durant 10 ans. Ma femme nous accompagnait dans les excursions et à la fin de la journée, je devais lui arracher les burins et les marteaux des mains!

Le Musée Longines à Saint-Imier: 175 ans d’histoire industrielle
RELATIONS PUBLIQUES LONGINES
La fabrication horlogère engage d’autres domaines que le strict cadre de la production. Si l’histoire événementielle Longines permet de mettre en perspective l’aventure industrielle de la marque au sablier ailé, elle ne peut se comprendre sans se référer aux diverses époques qui ont assisté à sa fondation, sa croissance et à sa confirmation dans le cénacle des horlogers de prestige. Les essais d’organisation du travail, la construction de technologies spécifiques pour l’élaboration du garde-temps, la sensibilité esthétique sous-tendant les diverses créations, la nécessité de développer des réseaux commerciaux sont autant d’aspects intimement liés à la confection de montres. Parallèlement, l’importance rapidement prise par Longines à Saint-Imier conduit la fabrique à jouer un rôle central au village et dans la vallée. De nombreux aspects de la vie sociale et culturelle régionale sont liés à l’émergence de la maison horlogère.
Le musée Longines cherche à transcrire la richesse de cette histoire en présentant différents thèmes éclairant les tenants et aboutissants de la fabrication de montres. Un espace consacré aux «livres d’établissage» présente les documents répertoriant tous les garde-temps produits par Longines avant la révolution informatique; une salle est dédiée à la montre-bracelet en exposant le fruit des cinquante dernières années de production; une aile du musée dévoile les outils publicitaires utilisés depuis le début du 20e siècle par la marque; un espace est consacré aux dispositifs de chronométrage que Longines a développé pour capter le temps des exploits; une salle célèbre les 34 millions de montres fabriquées depuis 1867; une dernière salle relate l’histoire des hommes et des événements qui ont marqué la destinée de la fabrique.
Le musée Longines propose donc différents éclairages sur la vocation d’horloger que la maison assume depuis 175 ans dans sa région d’origine.

Musée du Tour automatique et d’Histoire de Moutier: une industrie marquée du sceau de la poésie
CELINE LATSCHA
Il en est des musées comme des hommes: ils racontent à leur mesure, parfois à pas mesurés, l’histoire et surtout… leurs histoires. Celui du Tour automatique de Moutier a la particularité de tracer à même l’acier plusieurs pages importantes, notamment d’un point de vue industriel. Visite d’un lieu unique en son genre, où la machine se joue si bien de sa mécanique qu’elle en devient poétique, quasiment lyrique.
Berceau du tour automatique, et par là même du décolletage et, de façon dérivée, de l’horlogerie, Moutier est aujourd’hui encore un fleuron de l’industrie, notamment grâce à Tornos. Si la cité prévôtoise ne joue plus le rôle de plaque tournante qu’elle avait à l’aube du 20e siècle, elle porte cependant trace de ce qu’elle fut: une ville résolument tournée vers l’avenir, où esprit d’invention rime avec innovation. Innovateur, Roger Hayoz, fondateur du Musée du Tour automatique et d’Histoire de Moutier, l’a été lorsqu’il décide en 1992 de créer de toutes pièces un lieu dédié non seulement à l’industrie, mais également à l’histoire de la ville où il s’est installé voici plus de 50 ans et qu’il a aimée comme on aime une patrie d’adoption, une terre d’origine. C’est ainsi qu’il a cherché longtemps un endroit où poser et surtout «exposer» les objets collectés au fil des années et c’est ainsi qu’il s’est finalement retrouvé au cœur du parc à voitures d’employés de l’entreprise Tornos, dans une bâtisse cossue, une maison d’autrefois, une villa de la fin du 19e siècle… qui s’est muée grâce à ses soins depuis près de 15 ans en un véritable temple du tour automatique, faisant également la part belle à l’histoire de Moutier, à sa verrerie, à ses anciennes manufactures d’horlogerie, mais également à sa tuilerie, que l’on connaît moins, car aujourd’hui disparue, mais qui n’en était pas moins charmante…
L’aventure commence au moment où l’on pénètre dans l’ancienne demeure de Nicolas Junker, l’un des pères du tour automatique, qui a construit cette maison en 1895, juste à côté de son atelier… D’entrée de jeu, on est saisi par l’ambiance de ce lieu à nul autre pareil: certes, on se l’imagine en tout cas, le tour automatique est peut-être révolutionnaire, mais il a un petit côté rébarbatif pour les profanes, surtout lorsqu’il est objet d’exposition et non outil de travail. Pourtant, dès le vestibule, on est saisi par la magie qui se dégage de cet «engin», de son fonctionnement, le génie mis au service de l’humain pour lui faciliter la tâche, le décharger… On ne peut être qu’ébloui devant le mouvement continuel de la poupée mobile des cames de l’arbre du même nom, une machine inventée par le Biennois Jacob Schweizer, une invention qui révolutionnera la fabrication de la montre. Si l’approche technique du fonctionnement de l’appareil en lui-même peut laisser quelque peu perplexe, on ne peut néanmoins manquer de manifester un vif intérêt pour l’invention en tant que telle, pour l’ingéniosité déployée, béat d’admiration devant cette précision toute helvétique.

Le Musée de l’optique, de Bienne: entre tradition et vision
JEAN-CHRISTOPHE MEROZ
Affable. C’est le mot qui vient à l’esprit au premier contact avec M. Yves Perret dans son magasin d’opticien à la Rue du Collège 21, à Bienne. Il apparaît en effet comme un homme dévoué au service de sa clientèle, à l’écoute des besoins de la personne entrant dans son échoppe. Cet homme, héritier d’une tradition professionnelle peut-être imposée, s’est épanoui dans la création sur mesure de lunettes et dans le développement d’un musée.

La tradition familiale
Le grand-père d’Yves Perret était horloger-opticien à Château d’Œx dans les années trente. Il avait étudié le métier par correspondance et était «monté» à Paris pour passer son diplôme. Il n’y avait pas d’école d’optique en Suisse à cette époque et il a donc dû apprendre la pratique «sur le tas».
Le père de M. Perret s’est installé à Genève où il a d’abord travaillé pour la Croix-Rouge. Par la suite, il y a ouvert un magasin d’optique. De ses cinq fils, il a «fortement souhaité, si pas exigé», comme le dit dans un souffle Yves Perret, qu’ils se lancent dans le métier. Voilà pourquoi, aujourd’hui, M. Perret a quatre frères qui travaillent dans l’optique à Genève.
Si lui est installé à Bienne, c’est parce que, au hasard d’un voyage, il a remarqué un magasin à vendre et qu’il a pu le reprendre. Par la suite, il a eu l’opportunité de racheter la maison historique de la Rue du Collège, où il tient aujourd’hui boutique, et a décidé de la faire revivre en créant le musée.
M. Perret a commencé de collectionner à l’âge de 14 ans, accumulant ainsi bon nombre de pièces. L’installation dans la nouvelle maison était l’occasion de les sortir des cartons et d’en faire bénéficier le public.
Cette marotte de la collection lui est venue très tôt parce que son grand-père maternel était antiquaire. Il a vécu dans les meubles anciens. Si quelqu’un de la famille avait besoin d’une table de cuisine, il allait se servir dans le «stock» du grand-père. Ainsi, de fil en aiguille, lui est venu le goût de maintenir la tradition.

Charles Ballif, esthète, décorateur, et peut-être même prophète ?
CELINE LATSCHA
On le croise ici, l’aperçoit là, toujours actif, toujours sélectif, et pourtant ouvert, sincère. Charles Ballif fait partie des incontournables de La Neuveville. Son histoire, c’est également celle de sa cité…
Secret, discret, Charles Ballif fait partie de ces personnalités qui savent mettre en valeur l’autre, les autres. Habile metteur en scène de diverses expositions au Musée de La Neuveville, il a tout de l’amateur d’art averti, sans pourtant en revendiquer le titre. Un être à part, qui se garde toujours de prendre le devant de la scène.
Au moment de se livrer, de se délivrer pour enfin parler de lui, c’est encore sa passion qui prend le dessus. Dans son salon de la rue de l’Hôpital, dans cette grande bâtisse séculaire qui a accueilli avec lui sa troisième génération de Ballif, il est certes en terrain conquis, mais ne se laisse pas pour autant cerner, ni décerner de titre ou de médailles.
D’ailleurs, d’entrée de jeu, il se lance sur la piste de Raymond Moretti, cet artiste de génie qu’il a exposé jusqu’au mois d’octobre 2006 dans son antre, le Musée d’histoire de La Neuveville. Découvert au hasard d’une lecture du magazine Géo, Moretti est devenu peu à peu une passion pour Charles Ballif. C’est au cours de ses nombreux voyages à Paris en compagnie de son épouse, Marie-Paule, elle aussi Française, qu’il a ainsi découvert petit à petit cet artiste encore trop méconnu à son goût, ce Niçois né en juillet 1931, qui se fit tour à tour illustrateur, graphiste, lithographe et surtout peintre. Celui qui «ne revendiquait pas le brevet de peintre» devient une véritable énigme pour le Neuvevillois Charles Ballif, qui n’a de cesse d’en savoir toujours davantage sur ce personnage qui le fascine et l’intrigue. «J’ai découvert ce que j’appellerais l’énigme Moretti, et je m’y suis intéressé de près. Pourtant, même si au fil du temps je me suis rendu un peu partout pour voir ses œuvres, entre la place du Capitole de Toulouse et la Défense, je ne me déclare pas «Morettiste» exclusif pour autant. J’ai d’autres intérêts, d’autres collections. Je pourrais vivre sans Moretti», se plaît à confier Charles Ballif.
Pourtant, comme toujours, cela semble être une double nature chez ce décorateur de métier, Charles Ballif ne peut pas faire les choses à moitié. Au cours de ces différents séjours à Paris, il rencontre à plusieurs reprises l’éditeur Georges Israël, qui lui propose d’acquérir des œuvres de Moretti tout en lui promettant de le lui faire rencontrer, à son prochain passage à Paris…

La Bourse Multicollection de Tavannes
KATHIA SAVOLDELLI
«Les passions sont les vents qui enflent les voiles du navire; elles le submergent quelquefois, mais sans elles, il ne pourrait voguer». VOLTAIRE

Selon une définition sèche, la Bourse Multicollection est une manifestation à but non lucratif qui, chaque 2e week-end du mois d’avril, tente de montrer au public tout ce qui est collectionnable.
Vu avec plus de sentiment, c’est le rendez-vous annuel de passionnés qui vont à la rencontre du public. Durant deux jours, les visiteurs peuvent parcourir les stands qui sont répartis en deux groupes: le premier présente les collections les plus diverses avec un invité d’honneur différent chaque année, qui tient une place de choix et privilégiée: en 2006, l’invité était M. Philippe Marmy, de Châtillon, microphiliste et mécalkyphyle, termes barbares qui signifient collectionneur d’ordinateurs et de machines à calculer. En 2007 l’invitée d’honneur était Madame Céline Sierra, de Villeret, avec une collection sur le thème «Coca-Cola».
Dans le second groupe de stands, les visiteurs peuvent céder à leur coup de cœur puisqu’il réunit une vaste palette de marchands vendant timbres, jouets vieux et neufs, pin’s, bouteilles de parfum, etc.

Le pionnier
A la source de telles manifestations, il y a toujours un pionnier. Dans le cas présent, ce fut M. Jean-Pierre Zampieron, de Reconvilier, alors président du club philatélique de Tavannes et environs. En 1992, M. Zampieron monta la première exposition tout seul. Mais vu le succès rencontré, il proposa de l’intégrer aux activités du club philatélique de Tavannes et elle remplaça de ce fait la bourse «timbro-cartes» qui se tenait en automne.
Dès lors, à partie de la seconde édition, M. Zampieron fut aidé par les membres du club. Mais la Bourse prit toujours plus d’ampleur au point qu’il fut décidé de faire appel à d’autres personnes n’ayant aucun lien avec le club philatélique. C’est ainsi que l’auteur de ces lignes et M. Pierre-Yves Emery sont entrés dans l’équipe des organisateurs.

Groupement interjurassien des musées
ANNE SCHILD
Le Groupement Interjurassien des Musées (GIM) regroupe depuis juin 2000 les musées du Jura bernois et du Canton du Jura. C’est à l’incitation de la Commission «Culture» de l’Assemblée interjurassienne (AIJ) que les musées régionaux ont constitué ce groupement destiné à favoriser les contacts et les échanges entre les responsables des musées, développer la collaboration, représenter leurs intérêts auprès des autorités, coopérer et conduire des campagnes communes. Tous les acteurs de la scène muséale interjurassienne ont adhéré à l’association, du plus petit au plus grand.

Promotion et formation
Entre autres réalisations, le GIM a ouvert un portail Internet, vitrine de tous les musées membres, sous le nom de domaine http://www.museesbeju.ch.
La visibilité de nos musées constitue un intérêt majeur pour le GIM. Une brochure bilingue (français et allemand) vient d’être éditée, qui fait mention de TOUS les musées du Jura bernois et du Canton du Jura, quelle que soit leur importance. Cet opuscule propose un instrument de promotion attractif et complet, puisque chaque musée se présente sur une page richement illustrée.
Enfin, des séminaires susceptibles d’intéresser tous les musées sont au programme, sur des thèmes tels que la muséographie, la conservation, l’archivage, la pédagogie, les droits d’auteurs, etc.

Liste des musées du Jura bernois, du canton du Jura et de Bienne
Cette liste a été constituée à partir de sites internet associatifs, officiels et privés. Intervalles n’est pas en mesure d’en garantir l’exhaustivité et l’exactitude.

Jura Bernois

Martinet de Corcelles
Le Martinet - 2747 Corcelles
Tél.: 079 456 88 12
Courriel: martinet.corcelles@bluewin.ch
En 2007, l’atelier de forge du 18e siècle est ouvert et un forgeron travaille le fer les samedis de 9h. - 12h. / 13h30 - 16h45:
mai 5, 19; juin 3; juillet 7; août 4: Septembre 1; octobre 6; novembre 3.
Il est possible de visiter la forge en dehors des dates ci-dessus sur demande. Contactez Sylvio Casagrande au 032 944 10 85

Musée jurassien des Arts, Moutier
4, rue Centrale - 2740 Moutier
Tél.: 032 493 36 77 - Fax: 032 493 36 65
Courriel: info@musee-moutier.ch
www.musee-moutier.ch
Horaire: mercredi de 16h. à 20h. et de jeudi à dimanche de 14h. à 18h.
Collection d’œuvres modernes et contemporaines, essentiellement d’artistes jurassiens. Expositions temporaires.

Musée du Tour automatique et d’Histoire, Moutier
Rue industrielle 121 - 2740 Moutier
Tél.: 032 493 68 47 - Fax: 032 493 68 47
Courriel: museedutour@bluewin.ch
www.moutier.ch/new/navig/general/culture/museedutour/indexf.htm
Horaire: ouverture sur rendez-vous.
Exposition permanente. 50 tours automatiques à poupée mobile. Collection historique.

Biographies
Francis Béguelin
Né en 1937 à Saint-Imier, diplômé de banque, Francis Béguelin effectua de nombreux stages à l’étranger. Passionné d’art, actuellement consultant, il postule en 1990 pour le poste de conservateur du Musée de Saint-Imier dans le but de procéder à sa réouverture, ce qu’il obtient en 2002.

Nicolas Bourquin
Né en 1980 à Saint-Imier, biologiste, Nicolas Bourquin a travaillé au sein de différents services et sous plusieurs mandats, notamment pour le Musée d’Histoire Naturelle de Neuchâtel. Il travaille au Musée de Saint-Imier comme collaborateur scientifique depuis 2002.

Pierre Lachat
Originaire de Saint-Ursanne, ce fils, frère et beau-frère de pasteurs est né en 1940 à Neuchâtel, qui sera la ville de ses études classiques et universitaires (théologie), comme de son activité professionnelle alimentaire. Dans sa jeunesse, il habite avec ses parents le Vallon de l’Ermitage, dont le charme est encore intact: rencontre déterminante de Friedrich Dürrenmatt et de sa famille, qu’il fréquente dès lors jour après jour, pendant plus de dix ans, assurant l’appui parascolaire des enfants, en parallèle à la poursuite de ses propres études. Après une suffragance à l’Église suisse de Londres, il change d’orientation, exerce divers petits métiers, puis devient peintre et libraire, double occupation qu’il continue à mener de front, même au-delà de l’âge de la retraite.

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