REVUE N° 65
Environnement
     
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  • Sommaire
INTERVALLES Préface
RENAUD BAUMGARTNER, NICOLAS BESSIRE, FRANÇOIS GAUCHAT, GERALD MONTANDON Les ouragans - Catastrophe ou chance pour nos forêts?
INTERVALLES L'ouragan arrache le toit d'une maison du pasteur Frêne le 15 décembre 1789
ALAIN DUCOMMUN Cours d'eau: un besoin de revitalisation
ALAIN PERRENOUD Orvin ou l'entretien du paysage par les chèvres
ALAIN DUCOMMUN Régénération des eaux: la Suze donne l'exemple
PHILIPPE FALLOT La cimenterie Vigier SA et l'environnement: entre ravages et réhabilitation
ALBERT BASSIN La chouette de Tengmalm dans le Jura bernois
ALAIN DUCOMMUN Murs de vignes, murs de pâturage: quelle différence?
ALAIN DUCOMMUN Murs de vigne: un peu de nature méditerranéenne
GENEVIÈVE MÉRY Murs de pâturages, millefeuille climatique
FRANCINE BEURET L'Association pour la sauvegarde des murs de pierres sèches (ASMPS)
LOUIS FAVRE, 1822-1904 «Jean des Paniers» (extraits)
HERMANN HESSE, 1877-1962 «Le Loup» (extraits)
Biographies
©Intervalles
N° 65  Environnement
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Préface
INTERVALLES
Forêts ravagées par les tempêtes, champs et villages inondés par des cours d'eau en folie. ...Et si ces catastrophes étaient une chance pour l'environnement? Paysages agrestes transformés en carrière, prairies et coteaux exploités à des fins agricoles. ...Et si l'irruption de l'homme pouvait favoriser la biodiversité?
Ces questions provocatrices doivent être posées parce que l'Homme, les Suisses, nous enfin avons corrigé nos rapports avec la nature.
Jusque dans les années septante, la nature a été considérée comme un ensemble de ressources économiques et de richesses naturelles exploitables à merci. Les forêts étaient nos jardins, les rivières nos fontaines vives que l'on canalisait au cordeau. Quelques écologistes lançaient leur cri d'alarme. On les écoutait aimablement et l'on continuait l'exploitation et la domestication de la nature. La multiplication des catastrophes nous a rendus attentifs au fait que nous vivions non seulement de la nature, mais avec la nature.
Celle-ci nous a obligés de constater qu'une «bonne» forêt n'est pas faite que de hautes futaies facilement exploitables, mais d'un mélange d'essences aux caractéristiques «mécaniques» différentes; que les cours d'eau ne doivent pas être des autoroutes mais des endroits où l'eau peut flâner à sa guise, prendre ses aises, et que si vous ouvrez une carrière, il faut alors compenser la perte de forêts, bosquets et pâturages. Intervalles examine ces nouvelles politiques de l'environnement et leur impact dans la région.
Et enfin, sans entrer dans la polémique sur le retour du loup en Suisse, Intervalles illustre la présence de ce carnassier dans nos contrées par des extraits de l'oeuvre de deux écrivains connaissant la région et qui décrivent une chasse au loup: Louis Favre dans la région des Verrières et Hermann Hesse sur le Mont-Crosin.
Les ouragans - Catastrophe ou chance pour nos forêts?
RENAUD BAUMGARTNER, NICOLAS BESSIRE, FRANÇOIS GAUCHAT, GERALD MONTANDON
L'Ouragan du 27 novembre 1983

C'est un réveil brutal que nous eûmes ce dimanche 27 novembre 1983 à 07 h 30: une tempête d'une puissance incroyable s'abattait sur la région. Les charpentes des maisons craquaient, nous avions l'impression que tous les toits allaient s'envoler. Une promenade avec le chien dans la proche forêt de Malvaux permit rapidement de constater qu'il y avait beaucoup d'arbres de diverses essences renversés, particulièrement une douzaine de douglas majestueux, arbres pourtant réputés très résistants au vent, parce que particulièrement bien enracinés.


Une force inouïe

L'inquiétude prit l'ascenseur avec l'appel au secours du garde forestier du triage de La Baroche (bans communaux de Plagne, Romont et Vauffelin) «... il faut que tu viennes, tout l'Envers de Vauffelin est par terre!...». Il s'agissait là d'une forêt de hêtres, autre essence appréciée et justement utilisée pour sa stabilité!... d'ailleurs feu M. le Professeur H. Leibundgut ne nous répétait-il pas sans cesse, de sa chaire à l'EPFZ: «le hêtre, âme de la forêt!... quand vous avez des hêtres dans un peuplement, sa stabilité est assurée!»). Force était alors de constater que nous étions confrontés à un événement d'une extrême violence. La confirmation nous en fut d'ailleurs donnée plus tard par la vitesse du vent mesurée à Chasseral: plus de 208 km/h.
Tout le dimanche et le jour d'après, les équipes de bûcherons s'employèrent à libérer les axes de communication. Beaucoup de lignes électriques arrachées durent être remontées. La route des Pontins (St-Imier - Val-de-Ruz) resta fermée 48 heures!
Dès le lundi, l'heure était au bilan. Chaque forestier de triage fut chargé d'estimer les dégâts dans ses forêts: nombre de mètres cubes renversés, proportion de feuillus, d'arbres renversés (donc utilisables) et de cassés; dégâts de surfaces ou dégâts disséminés. Puisque tous les chemins forestiers étaient obstrués, le déplacement en voiture jusqu'aux forêts était impossible. C'est armé de jumelles que l'on cherchait à évaluer, depuis le relief d'en face, là où c'était faisable, l'étendue des surfaces renversées ou endommagées pour les reporter ensuite sur le plan forestier au 1: 5 000. Multiplié par le volume moyen sur pied (en mètres cubes/ha), cela donnait une bonne estimation du volume total renversé.
L'ouragan arrache le toit d'une maison du pasteur Frêne le 15 décembre 1789
INTERVALLES
Si, en 1999, l'ouragan Lothard a provoqué un choc émotionnel pour avoir ravagé la nature alors que les esprits étaient à la fête entre Noël et Nouvel-An, d'autres tempêtes ont sévi au mois de décembre dans le passé. Une en particulier, celle du 15 décembre 1789, a laissé des traces jusque dans la littérature régionale. En effet, elle a soufflé le toit d'une maison appartenant à Théophile Rémy Frêne (1727-1804), pasteur à Tavannes. Ce malheureux propriétaire décrit brièvement l'événement dans son journal ainsi que les travaux de réfection nécessaires. Ceux-ci se termineront à l'été 1790.
Le 15. Décembre (1789) mardi, il fit un horrible Vent. L'Ouragan decouvrit nombre de maisons à Tavannes et ailleurs et m'extermina le toit de la Charbonniere. Ce n'é/toit pas assés des incendies, des coups de tonnere ou de grele auxquels j'ai été esposé, il falloit encore cette tempête pour m'achever; ah quand j'étois jeune, je ne pensois gueres à ces coups de jarnac qui m'attendois. (...).
Dès le printemps, le pasteur Frêne entreprend la reconstruction du toit. Il donne une chronique des travaux.
Le 19. Mai (1790) Mardi, je fus avec des chars, au nombre de quatre, au bois de Monto, chercher les 4. bois sapin rouge pour faire les échandolettes à recouvrir la charbonnière. Je donnai à diner chés le Dauphin le Cabaretier à nos charetiers, qui etoient le Dauphin lui-même, son fils le Sr Justicier Tièche, David Frêne, Isaac Frêne et son fils, et le Sr Maire Riard; Mr Witz et mon Epouse, venant de Tavannes, furent avec moi du repas. Il faisoit beau temps; la pluye vint contre le soir.
Les charpentiers sont au travail. Le gros oeuvre s'achève.
Le 8. Juin (...) l'après midi fut la levée de la toiture de de la Maions de la charbonnière; je donnai après icelle un gouté souppatoire à une dixaine d'hommes qui avoient été les leveurs. Ce fut à la grange; il faisoit très beau temps. Le 16. Juin Mercredi les Couvreurs Barberat de la Joux, etc. acheverent de couvrir cette Maison. En ce temps, Mr Caselli le Pere fut ici, allant et venant de Sornetan. Les Couvreurs eurent très beau temps pour leurs ouvrage. Cette refaction à la Charbonniere m'y a occasionné/bien des Voyages ce Printemps et cet été.
A la mi-août, la couverture du toit étant achevée, des travaux de maçonnerie (intérieurs?) sont encore nécessaires.
Cours d'eau: un besoin de revitalisation
ALAIN DUCOMMUN
Régénérer, réhabiliter, revitaliser, revaloriser...: autant de verbes qui traduisent la nécessité de redonner vie à nos cours d'eau. Redonner vie? Nos ruisselets, ruisseaux et rivières seraient-ils morts ou en passe de l'être? Dressons brièvement l'état de nos eaux courantes.
Pour se limiter à quelques données chiffrées, voici ce qu'il en est, par exemple, de la structure des cours d'eau du canton de Berne: les enquêtes entreprises depuis 1997 montrent que 20% environ des cours d'eau évalués sont mis sous tuyau, plus ou moins 25% sont fortement dégradés, quelque 30% sont proches de l'état naturel, et seulement 25% peuvent être qualifiés de naturels. En outre, ces résultats indiquent que, dans 55% des cas, l'une ou l'autre rive, ou les deux à la fois, possède une végétation rivulaire dégradée voire inexistante. Et 77% des tracés des cours d'eau les plus grands, c'est-à-dire ceux dont la largeur du lit mesure 2 mètres au moins, ne répondent pas aux dispositions légales en vigueur sur le plan fédéral. Cela signifie que grosso modo 1'450 kilomètres de cours d'eau devraient posséder un espace riverain plus large, et ce afin de remplir leur fonction écologique et d'assurer une protection efficace contre les crues.
Et le manque d'eau, temporaire ou durable, impropre au maintien de la vie? Et les entraves à la libre circulation des animaux aquatiques? Et la pollution, organique, chimique et thermique? Et l'usage dommageable de nos cours d'eau pour satisfaire certains besoins économiques? Et leur utilisation, souvent problématique, en tant qu'espaces de détente et de loisir? Autant de thèmes à développer. Mais ce qui a trait à la morphologie des cours d'eau du canton de Berne est exemplaire et permet seul d'établir ce triste constat: nos cours d'eau sont bel et bien mal en point, ils n'ont presque plus rien de commun avec la nature! Mais constater est une chose. Que peut-on entreprendre pour redonner vie à nos ruisseaux et à nos rivières? Revitaliser un cours d'eau, c'est avant tout corriger les erreurs du passé et tendre à le rétablir dans son état originel. C'est agir sur le débit et sur la qualité de l'eau, c'est éliminer les obstacles qui limitent les déplacements de la faune, c'est sortir le cours d'eau de son corset de béton, lui redonner de l'espace et lui permettre de se déployer...


De l'eau s'il vous plaît!

C'est trivial. Ça tombe sous le sens. Pour qu'un écosystème d'eau courante vive, et bien il faut... de l'eau! Ce n'est malheureusement pas automatique partout: de nombreux tronçons, parfois très longs, situés en aval de barrages destinés à retenir l'eau à usage industriel (force hydraulique, eau de refroidissement) sont totalement secs - ou peu s'en faut - une bonne partie de l'année. Comment voulez-vous que la vie aquatique se développe dans un désert? Il faut pourtant peu de chose pour corriger cela: il suffit d'ouvrir un peu les vannes pour redonner de l'eau à la rivière et, en cela, respecter bien sûr les dispositions légales fédérales en la matière, mais avant tout permettre à la vie de foisonner!
Orvin ou l'entretien du paysage par les chèvres
ALAIN PERRENOUD
On parle souvent de la déprise agricole de la France, des campagnes qui se vident, des villages abandonnés, des friches qui prennent le pas sur les anciennes cultures, envahies à leur tour par des buissons, puis par la forêt. Plus près ce chez nous, de nombreuses vallées du Tessin et du Valais ont connu et connaissent encore cette déprise agricole. Dans l'arc jurassien, il est difficile d'imaginer que ce phénomène a aussi eu lieu, de manière moins spectaculaire, il est vrai. Or, la lecture d'anciennes cartes du cadastre démontre que de nombreuses surfaces jadis exploitées sont devenues des forêts. Il en est ainsi à Orvin.


Le domaine des chèvres et des moutons

La commune d'Orvin n'a effectivement pas échappé à ce recul des surfaces agricoles, notamment au lieu-dit «Les Roches», au nord du village. Tout ce secteur a longtemps été le domaine de prédilection de troupeaux de chèvres, tandis que le lieu-dit «Les Lavettes», au nord-ouest du village, alors vaste zone ouverte, dénudée, était le lieu de pâture de moutons.
Peut-on s'imaginer que ces zones à végétation rase, sur des dalles de rochers, ont vu leur surface diminuer de 77% entre les années 1936 et 1972 au profit de zones boisées?
Régénération des eaux: la Suze donne l'exemple
ALAIN DUCOMMUN
La Suze, qui prend sa source aux Convers en amont de Renan et qui rejoint le lac de Bienne 40,5 kilomètres plus en aval, illustre bien la problématique de la régénération des cours d'eau.
Voilà ce que dit de cette rivière Charles-Ferdinand Morel, pasteur à Corgémont, en 1793: «La Suze est un cours d'eau de 4 myriamètres et de 5 km de long, sa largeur est de 9 m en moyenne, sa profondeur d'un mètre et sa vitesse de 120 m' par minute; elle va se jeter dans le lac de Bienne après avoir servi à faire mouvoir un grand nombre d'usines, de moulins et de scieries et à vivifier les prés». C'est dire si elle a été sollicitée pour différents usages depuis longtemps et transformée au cours des siècles. Aujourd'hui, de la Suze sauvage d'antan, il ne reste plus grand-chose: seuls deux grands secteurs sont encore dans leur état naturel d'origine, respectivement entre Cortébert et Corgémont et entre l'aval de Sonceboz (Tournedos) et La Heutte. Il y a donc tout à faire aujourd'hui pour reconstituer un tant soit peu la fonction écologique de la rivière. Au cours des siècles, les crues de la Suze ont maintes fois causé des dommages sévères aux biens privés et publics. Les dernières inondations responsables d'énormes dégâts (début des années 1990) ont mis en évidence la nécessité de repenser l'ensemble du cours de la Suze tant sur le plan écologique que sur le plan hydraulique.
Le canton de Berne possède deux instruments performants pour mettre en oeuvre des programmes de protection contre les crues et de revitalisation, à savoir la Loi du 1er janvier 1990 sur l'aménagement des eaux (LAE) et le Fonds de régénération des eaux. La LAE encourage le canton à planifier des interventions le long des cours d'eau par l'élaboration de plans directeurs. Elle prescrit aussi leur entretien et leur aménagement régulier, les communes étant chargées d'accomplir ces tâches. Le Fonds de régénération des eaux, alimenté par un pourcentage prélevé sur les taxes hydrauliques et institué en votation populaire en 1997 suite au lancement d'un projet populaire par Pro Natura Berne et la Fédération bernoise de la pêche, offre chaque année quelque 3 millions de francs pour des projets de revitalisation.
Au vu de la situation particulière de la Suze et de son comportement dévastateur ces dernières années, les autorités cantonales ont choisi ce cours d'eau pour réaliser le premier plan directeur des eaux selon la LAE dans le canton de Berne. Précisons qu'un tel plan est un instrument législatif qui permet d'évaluer les problèmes hydrauliques et écologiques existants ou futurs de manière coordonnée, de proposer des solutions pour les résoudre, et de fixer des priorités. En d'autres termes, c'est un instrument de travail qui sert de base de planification, de coordination et de décision pour les autorités communales, les syndicats d'aménagement des eaux constitués par les communes, et les offices administratifs et techniques cantonaux.
La cimenterie Vigier SA et l'environnement: entre ravages et réhabilitation
PHILIPPE FALLOT
Quand, en 1992, l'entreprise Ciments Vigier SA, établie à Péry, a annoncé des glissements de terrain compromettant l'exploitation de sa carrière de Châtel, c'est davantage qu'un versant de montagne qui s'est ébranlé.
A la fin des années 80, la cimenterie avait cherché une nouvelle carrière pour sa production. La carrière de Charuque arrivait en fin d'exploitation, et il s'agissait de la remplacer. Ce qui pouvait paraître une formalité devint en fait un véritable parcours du combattant.
Pour qu'un site puisse être utilisé par un cimentier, il doit offrir le mélange adéquat de marne et de calcaire, les deux roches entrant dans la composition du ciment. Il doit évidemment être accessible et exploitable dans des conditions satisfaisantes. De plus, il ne saurait être trop éloigné de l'usine, sous peine de coûts de transports excessifs, sans parler des nuisances engendrées. Une carrière est en effet source de bruit, de vibrations et de poussières; elle constitue une importante atteinte au paysage et nécessite une emprise de quelques dizaines d'hectares sur des milieux naturels; elle peut encore menacer la qualité et l'alimentation de sources et de captages d'eau.
Le site de remplacement choisi, la carrière de Châtel, possédait toutes les qualités requises. Certes, au fil des années, son exploitation détruisait des boisements mûrs et bien productifs et portait une atteinte supplémentaire au remarquable paysage de la cluse de Rondchâtel. Mais ces éléments négatifs étaient amplement contrebalancés par les avantages. Le site était déjà perturbé; bruit et poussières y étaient déjà présents. Les milieux naturels touchés n'avaient pas de valeur exceptionnelle. Enfin, comme le site était proche de l'usine, un simple ruban transporteur suffisait à amener la pierraille depuis la carrière. Les villages alentours ne subissaient aucune nuisance supplémentaire et étaient même plus à l'écart de la carrière de Châtel que de celle de Charuque.
Mais la géologie est un adversaire imparable et les glissements de terrain contraignaient l'entreprise à interrompre l'exploitation de Châtel après quelques années seulement et à reprendre le processus de sélection d'un nouveau site.
Cette fois-ci, la tâche s'annonçait difficile, car il n'y avait plus de zone offrant ce bouquet de caractéristiques: soit la nouvelle carrière allait être située dans un site naturel intact et calme, soit les nuisances engendrées se reporteraient sur les populations alentours. Quant à renoncer à une nouvelle carrière, ce qui signifiait le déplacement de l'usine, cela ne pouvait être envisagé à l'échelon de l'économie régionale.
La chouette de Tengmalm dans le Jura bernois
ALBERT BASSIN
Depuis le début des années 1980, des «chouettologues», des passionnés, étudient la biologie de la chouette de Tengmalm dans tout le massif jurassien ainsi que dans les Préalpes fribourgeoises. Certains ont posé des nichoirs dans la région de la Montagne de Saules-Moron. Il n'en fallait pas plus pour motiver une étude dans le Jura bernois afin de comprendre le comportement et les moeurs de reproduction de ce petit rapace nocturne
Voilà pourquoi le baguage des chouettes de Tengmalm est entrepris depuis 1996 sur la Montagne de Romont, le Montoz, la Montagne de Saules, Béroie (Bellelay), sur le Mont Sujet ainsi que sur le massif du Chasseral.


Nettoyages d'automne

Les travaux se développent au rythme des saisons. Le cycle commence à l'automne par la pose et le nettoyage de nichoirs artificiels. Plus de cinquante ont été installés, disséminés sur les différents plis jurassiens précités. Sur le massif de Chasseral, seules les cavités naturelles sont suivies, sans pose de nichoirs.
Dès les mois de janvier-février, les mâles chanteurs sont repérés dans les zones propices, atteintes à pied, en raquettes lorsque l'enneigement est trop important.
A partir de mars-avril, toutes les cavités de pic noir favorables sont contrôlées. On gratte la base des troncs troués, ce qui fait apparaître presque immédiatement leurs locataires. Ce contrôle est souvent astreignant, car la plupart des arbres sont vides ou sont habités par d'autres animaux (pic noir, pigeon colombin, mésanges, écureuils) que la chouette recherchée... et espérée!
Vers mi- ou fin avril et parfois jusqu'en juin ou juillet, tous les nichoirs sont visités, ainsi que les cavités où l'espèce est probablement présente.
La femelle est capturée à l'aide d'une filoche spécialement conçue à cet effet, baguée et pesée. La bague porte un numéro unique permettant d'identifier l'oiseau s'il est repris ultérieurement, ainsi que la mention «Sempach HELVETIA», la Station ornithologique suisse à Sempach centralisant toutes les données de baguage. Les jeunes subissent le même traitement que leur mère, puis tout ce petit monde est réinstallé dans le nichoir duquel ils n'essaient jamais de s'enfuir. Ceci prouve le naturel confiant de cette espèce.
Si les conditions s'y prêtent, on essaie aussi de capturer des mâles à l'aide d'un piège spécial.
Murs de vignes, murs de pâturage: quelle différence?
ALAIN DUCOMMUN
Murs de pâturages sur les hauteurs, murs de vignes au bord du lac: quelles différences existent entre ces ouvrages qui marquent les paysages de la région? Au fait, sont-ils vraiment différents les uns des autres?
Saugrenue de prime abord, la question est pourtant raisonnable et fondée ainsi que le montrent les articles suivants.
En fait, c'est principalement leur fonction respective qui distinguent les deux catégories de murs. Si les premiers servent surtout de délimitation, les seconds ont essentiellement une fonction de soutènement. En effet, sur la rive nord du lac de Bienne, le raisin est cultivé sur des pentes dont les plus raides tendent vers la verticalité... Les grands murs de pierres sèches sont là pour retenir le terrain et pour soutenir les nombreuses terrasses supportant les rangs de ceps et, parfois, en position sommitale, d'anciens herbages à moutons et à chèvres. Dans les vignobles traditionnels, les murs de pierres sèches stabilisent souvent les deux côtés des chemins et autres éléments de desserte.
Tous ces murs à fonction de soutènement ne comportent qu'une seule face dégagée, au contraire des murs de délimitation, qui, à l'exemple des murs de pâturage, présentent deux faces libres.
Plutôt que de murs, il faut parler de murets pour les structures, en général de taille modeste, qui délimitent les parchets. Ainsi, tous les éléments de soutien, disposés dans la règle transversalement à la pente, additionnés aux murets de délimitation, arrangés cette fois dans le sens de la déclivité, forment un véritable réseau ou maillage, parfois très dense, qui structure et anime le paysage de manière forte. Par leur situation géographique, leur disposition dans les pentes et leur orientation face au sud, l'intérêt écologique des murs de vignes est un peu différent de celui des murs de pâturage dans le sens où ils se rapprochent beaucoup plus des habitats chauds, secs et de pleine lumière. C'est précisément ce type de biotope qui est capable de favoriser plusieurs espèces végétales et animales d'origine méditerranéenne.
Le rôle de biotope et de stimulation de la biodiversité est exposé dans les articles suivants tant pour les murs de vigne que pour ceux de pâturage.
Murs de vigne: un peu de nature méditerranéenne
ALAIN DUCOMMUN
D'un point de vue littéraire, la notion de biodiversité prend des allures de paradoxe lorsqu'on parle de la vigne tant celle-ci est une formation végétale très appauvrie. Par définition, une seule espèce végétale y est cultivée, à savoir Vitis vinifera, sous ses différentes variétés ou cépages et sa culture se pratique encore bien souvent sur un sol nu, qu'il soit terreux ou graveleux. Heureusement, depuis une quinzaine d'années, une certaine végétation, spontanée ou semée, mais toujours contrôlée, est tolérée entre les rangs de ceps. Dans un tel milieu simplifié, les murs de pierres sèches revêtent une importance singulière: ils rompent la monotonie du paysage viticole et induisent un enrichissement de la flore et de la faune indigènes. Par exemple, leurs nombreuses anfractuosités permettent l'accrochage de plantes, dont quelques-unes sont d'origine méditerranéenne, et offrent des abris temporaires ou permanents à de petits animaux. Certains végétaux sont d'ailleurs indispensables au développement de plusieurs espèces d'insectes. Ainsi diversifié, tant sur le plan paysager que biologique, un vignoble qui a conservé tout ou partie de son caractère ancestral peut être classé site d'importance nationale. C'est le cas de la rive nord du lac de Bienne1 sur lequel nous ferons plus précisément porter notre propos.


La garide, un équivalent de garrigue

Les pentes qui dominent la rive nord du lac de Bienne, juste au-dessus des vignes, entre La Neuveville et le «Pavillon» de Bienne, sont recouvertes d'une végétation herbacée, arbustive et arborescente caractéristique et d'une richesse floristique et faunistique exceptionnelle. Cette végétation est constituée d'une mosaïque de forêts de chênes pubescents rabougris, d'arbustes et de buissons, de prairies maigres très sèches et de dalles rocheuses presque nues. Cette formation végétale particulière est nommée garide. La garide est en quelque sorte l'équivalent ici de la garrigue méditerranéenne. Cet ensemble d'origine naturelle, mais façonné par l'homme en bien des endroits, est de première importance sur le plan biologique.
Trois formations botaniques principales composent la garide. De la plus fruste à la plus complexe, on distingue tout d'abord les dalles calcaires très en pente et largement affleurantes. A côté des plages nues, le sol est assez superficiel. La végétation pionnière, éparse, capable de supporter des conditions climatiques extrêmes (insolation maximale, forts écarts de température, sécheresses sévères), est constituée par quelques végétaux caractéristiques (plantes grasses tels les orpins, fumanas, petites fougères du genre asplénium, globulaires, germandrées, etc.). Là où la pente devient plus douce et où la roche est altérée, un sol plus profond et plus frais peut s'installer. Les conditions thermiques et hydriques y sont moins contraignantes que sur les dalles rocheuses. Des plantes moins spécialisées et moins résistantes peuvent coloniser le milieu pour former des prairies maigres. Le fond de leur flore herbacée est constitué de graminées dominées par le brome dressé. C'est ici que l'on rencontre, par exemple, les orchidées, diverses espèces d'ail sauvage et les muscaris. Enfin la forêt de chênes pubescents, tordus et rabougris, ou chênaie buissonnante. C'est une relique des vastes chênaies qui recouvraient notre pays il y a environ 8 000 ans, à l'époque où le climat était chaud et sec. Cette formation forestière rare (à peine 2% de la forêt suisse) est l'un des derniers refuges sylvestres d'espèces végétales et animales thermophiles d'origine méditerranéenne.
Murs de pâturages, millefeuille climatique
GENEVIÈVE MÉRY
«Tout en s'adonnant à ses réflexions, le piéton poursuit sa marche dans (...) le pâturage boisé (...) et toute l'étendue est compartimentée par les murs en pierres sèches qui ondulent harmonieusement au rythme du paysage.» (Marcel Joray, Les Franches-Montagnes, Forêts d'autrefois - Forêts d'aujourd'hui, Ed. Pro Jura, 1943)
«Dans un paysage d'une incomparable pureté de lignes (...) où l'arbre, le mur de pierres sèches, la branche nue, le pâturage, sa courbure, apparaissent fossilisés dans le magma pétrifié de la neige et du ciel.» (Catherine Paysan, Dame suisse sur un canapé de reps vert, Ed. Le Livre de Poche, 1981)

Evidemment, un paysage agricole naît de l'interaction entre l'homme et son environnement naturel. Il n'est donc pas étonnant que les murets qui bornent les parcelles créées par l'exploitant pour organiser son travail, se remarquent si fortement dans le paysage, puisqu'ils en sont l'ossature, les éléments structurants!
Bien sûr, de nombreux autres éléments viennent marquer les paysages issus du défrichement et de la pratique sylvo-pastorale, tels les fermes, les chemins, les bosquets, les plantations de bois d'oeuvres, etc. Mais nous focaliserons ici sur les murs de pierres sèches qui depuis plus de dix siècles rythment le paysage des crêtes jurassiennes. Ils ont acquis une valeur patrimoniale à la fois culturelle, historique et naturelle. Raison pour laquelle nombre d'entre eux sont classés comme objets d'importance nationale dans l'Inventaire Fédéral des Paysages (IFP, 1977-1998).


Les multiples rôles du muret de pierres sèches

S'il peut avoir pour fonction de marquer des frontières politiques ou les confins de propriétés, le muret est avant tout une clôture d'utilité agricole. En altitude, les murs (dits de pâturage) servent avant tout à protéger les finages2 et les forêts du bétail, contrairement aux coteaux du pied du Jura où ils constituent en grande partie des soutènements, améliorant la culture de la vigne (voir article d'A. Ducommun, p. 64).
A l'historien, le maillage des murs, grâce à sa pérennité, fournit des informations très précises sur la répartition géopolitique d'époques antérieures, les pratiques socio-culturelles et les droits appliqués alors. Les murs et leurs réseaux viennent ainsi palier le manque d'archives, parfois non-conservées, parfois détruites par le feu ou les pillages. Sans qu'il n'y paraisse, les murets constituent un extraordinaire résumé de la vie humaine et naturelle du lieu.
L'Association pour la sauvegarde des murs de pierres sèches (ASMPS)
FRANCINE BEURET
Nos paysages sont nos visages collectifs

Les vieux murs des crêtes jurassiennes sont fatigués par les outrages du temps. Ils sont devenus si humbles et si discrets dans notre environnement que nous ne les remarquons plus aussi bien qu'autrefois. Pourtant qu'ils furent beaux! Ils étaient la fierté de notre terroir, bichonnés, savamment entretenus et «raccommodés». De superbes pierres de garde les défendaient aux ouvertures que clôturaient des «dolaises» faites de perches de jeunes sapins, ajustées et scellées avec art par des chevilles. Des plans de géomètres-arpenteurs du XVIIIe siècle en font état par des dessins précis. Des photographies de la 1re moitié du XXe siècle attestent de l'étendue de leur présence et de leur parfait état.


Pourquoi se focaliser sur la sauvegarde des murs de pierres sèches exclusivement?

Cette première question, les fondateurs de l'ASMPS en ont débattu à plusieurs séances. Ils ont constaté qu'à part une publication dans les cahiers de Folklore Suisse par Gilbert Lovis, responsable de la culture du jeune canton du Jura, aucune association ou groupement ne s'était préoccupée de cet élément architectural spontané ou vernaculaire appartenant aux propriétaires fonciers, aux communautés bourgeoises (sections) ou municipales.
Mis à part quelques rares exceptions, nos murs séculaires ont bien triste mine. Si l'on veut assurer leur pérennité, il y a urgence à s'en préoccuper. Si les réseaux qu'ils constituent encore semblent importants, plus de la moitié a déjà disparu. En plus de leur vieillissement naturel qui n'est plus compensé par un entretien régulier, ils sont victimes des remaniements parcellaires qui les éliminent inexorablement depuis 50 ans et de la puissante mécanisation des paysans qui détruit en quelques heures plusieurs centaines de mètres de ces précieux ouvrages.
Ils sont les monuments d'un artisanat et d'un savoir-faire pratiquement disparu aujourd'hui et, n'ayant pas les fastes de notables demeures, ils sont les grands oubliés pour ne pas dire méprisés de certains propriétaires et décideurs.
Les plus vieux documents mentionnant les murets de pierres dans les archives de l'ancien évêché de Bâle à Porrentruy, remontent aux années 1570. Les murs sont avant tout des clôtures et des frontières et sont issus de l'organisation pastorale du Moyen Age. La société d'alors étant essentiellement basée sur une économie de cultivateurs et d'éleveurs.
«Jean des Paniers» (extraits)
LOUIS FAVRE, 1822-1904
Les textes reproduits ci-après sont extraits de la nouvelle Jean des Paniers. Les deux vignettes sont de Ed. Jeanmaire et figurent dans l'édition de Croquis jurassiens; publiée en 1889 par F. Payot, libraire-éditeur, Lausanne.

Jean des Paniers, vannier mais aussi grand joueur de clarinette, vient d'animer une soirée aux Verrières. Dans la nuit d'hiver glaciale, il regagne sa ferme isolée...

Les Verrières, sans avoir les dimensions de la Sagne, ont encore une étendue fort respectable; il suivait cette file interminable de maisons rustiques, plongées dans le silence et dans la paix du sommeil, lorsque, passant devant une tannerie voisine de l'hôtel de la Balance, il vit sur le fumier un gros animal qui fit un mouvement brusque en le voyant approcher. L'optimisme était encore la note dominante de son imagination, il prit cette bête pour un gros chien qui vaquait à ses affaires et passa outre. Mais quelque temps après, comme il arrivait dans une région déserte, il entendit un bruit de pas qui lui parut suspect. En se retournant, il aperçut, à vingt pieds de distance, le même animal dont la taille était agrandie d'une façon formidable par l'ombre portée sur la neige. Lorsque Jean des paniers s'arrêta, l'autre en fit de même. Les deux voyageurs nocturnes s'examinaient avec une égale attention, mais probablement avec des impressions différentes.
Les naturalistes nous disent que le chien domestique, par la faculté de rouler sa queue en trompette, diffère essentiellement du loup et du renard, qui ne jouissent pas de ce privilège. J'ignore si le vannier avait lu Buffon, Cuvier ou Geoffroy Saint-Hilaire, et s'il avait étudié d'une manière spéciale les courbures que peut prendre la queue d'un chien. Ce qui est certain, c'est qu'au premier regard il reconnut dans son compagnon de voyage un loup de taille colossale. Ce loup avait bien la tête carrée, le museau pointu, les oreilles droites, le poitrail large, les jambes nerveuses, la queue en panache qui caractérisent l'espèce; deux jets de vapeurs s'échappaient par saccades de ses narines, et dans les intervalles on voyait étinceler son oeil sournois et l'ivoire luisant de ses crocs. Pour affirmer ses intentions hostiles, il s'assit tranquillement dans la neige, comme si au lieu de 20° au-dessous de zéro, on eût joui de la tiède température des nuits d'été.
Jean des paniers était brave, et dans sa jeunesse il avait été un des premiers lutteurs du Hasli; mais à la vue de ce grand carnassier décidé à lui chercher noise, il sentit des frissons parcourir son dos et son cuir chevelu. Sa demeure était encore éloignée d'une demi-lieue, et dans le voisinage il n'avait aucun secours à attendre. Il songeait avec regret à son vieux fusil à silex qui reposait sur deux chevilles près de son poêle; un seul coup bien ajusté l'eût débarrassé de cet importun. Si même au lieu de son inoffensive clarinette il eût senti dans ses mains son merlin à fendre les troncs, la possibilité de se défendre lui eût rendu le courage, et avec sa vigueur peu commune, la victoire aurait été pour lui. Mais, désarmé comme il l'était, il devait s'en remettre entièrement à la Providence. «A la garde de Dieu,» dit-il, et il se remit en route.
«Le Loup» (extraits)
HERMANN HESSE, 1877-1962
Hermann Hesse, dont la grand-mère paternelle était Neuchâteloise, connaissait manifestement bien les contrées jurassiennes, et singulièrement la région de Saint-Imier, lorsqu'il a écrit la nouvelle intitulée «Der Wolf» (le loup). Il évoque tour à tour les nombreux villages et bourgs, les montagnes couvertes de forêts, les métairies et les pâturages avec leurs sapins isolés. La description des lieux où agonise le loup pris en chasse par les habitants de Saint-Imier est sobre, brève, mais dramatiquement évocatrice.

Un froid terrible s'est abattu sur la campagne française, prise dans les neiges et la glace. Une meute de loups va mourir de faim. Pour échapper à ce triste sort, une partie de celle-ci décide de quitter le terrain de chasse...

(...) Vers midi, les émigrants se séparèrent. Trois d'entre eux partirent en direction de l'est et du Jura suisse, les autres poursuivirent leur route vers le sud. (...) Les trois loups pénétrèrent profondément dans le Jura, dévorèrent le second jour un mouton, le troisième un chien et un poulain et se virent furieusement traqués de tout côté par la gent paysanne. Dans la contrée, qui est riche en bourgs et en villages, se répandirent l'effroi et la crainte devant ces inhabituels intrus. Les traîneaux de la poste furent équipés d'armes à feu et personne n'allait plus d'un village à l'autre sans se munir d'un fusil. Après un aussi fructueux butin, les trois bêtes, dans cette région inconnue, se sentirent à la fois craintives et pleines d'entrain: elles devinrent plus follement hardies qu'elles ne l'avaient jamais été chez elles et pénétrèrent en plein jour dans l'étable d'une métairie. Il y eut des beuglements de vaches, des craquements de boiseries volant en éclat, des piétinements de sabots, des souffles ardents altérés de sang qui remplirent l'étroite et chaude étable. Mais cette fois-ci, des hommes survinrent; les loups avaient été mis à prix, ce qui redoubla le courage des paysans. Ils en tuèrent deux, l'un reçut une balle dans le cou, l'autre fut abattu d'un coup de hache. Le troisième s'enfuit et courut jusqu'à ce qu'il tombât, à moitié mort, dans la neige. C'était le plus jeune et le plus beau des trois, un fier animal, puissamment musclé et aux membres agiles. Longtemps il resta couché, respirant avec peine. Des cercles rouge sang tournoyaient devant ses yeux et, de temps à autre, il poussait un gémissement sifflant et douloureux; un coup de hache l'avait atteint au dos. Pourtant, il reprit des forces et parvint à se relever. C'est alors seulement qu'il mesura la distance qu'il avait parcourue. On ne voyait nulle part trace d'hommes ou de maisons. A une courte distance devant lui se dressait une puissante montagne, couverte de neige: c'était le Chasseral. Le loup décida de le contourner. (...)
Biographies
Albert Bassin

Albert Bassin est étudiant en gestion de la Nature à l'Ecole d'Ingénieurs de Lullier, près de Genève. Les ingénieurs sortant de cette école sont formés à réaliser divers aménagements d'étangs, de rivières... et à mener à bien diverses stratégies de gestion du territoire dans une optique de développement durable. Sa passion pour l'ornithologie l'a amené à étudier la chouette de Tengmalm dans les forêts du Jura bernois ainsi que l'Hirondelle rustique dans son village natal de Plagne.


Renaud Baumgartner

Né à Bâle en 1953 de parents biennois romands. Écoles à Bâle, études à Lausanne et Zürich, diplôme d'ingénieur forestier EPFZ en 1978.
Actif comme ingénieur forestier indépendant à Bienne, dans le Seeland et le Jura bernois en 1979. Dès 1980 ingénieur forestier adjoint à la Conservation des forêts du Jura bernois, chargé de l'aménagement et de la formation.
Inspecteur forestier de 1982 à 1984 à la Neuveville, puis de 1988 à 1997 à Courtelary. Depuis 1998 chef de la Division forestière 8 «Jura bernois», à Tavannes, qui regroupe les 4 anciens arrondissements forestiers du Jura bernois.
Responsable des ressources humaines et financières, et à ce titre de toutes les mesures et projets subventionnés, donc aussi des mesures liées à la protection de la forêt et des soins aux jeunes peuplements.


Nicolas Bessire

Né en 1946 au pied du Jura à Soleure, il a terminé ses études d'ingénieur forestier à l'Ecole polytechnique de Zürich en 1971. Des stages professionnels l'ont amené au Valais, en Ajoie, en Angleterre et au Pérou. Après quelques années dans deux projets forestiers pour le compte de la Coopération technique Suisse en Afrique il travaille au sein du Service forestier cantonal comme ingénieur forestier dans le Jura bernois, dans l'arrondissement de La Neuveville entre 1979 et 1997 et à la Division forestière 8 à Tavannes depuis 1998. Il y est responsable du domaine de la conservation de la forêt et de la protection de la nature en forêt.

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