REVUE N° 61
«Espaces d’art»

Quelle curieuse alliance ! D’un côté, l’art. De l’autre, l’espace. L’art, expression d’un élan créateur, d’une émotion plus ou moins maîtrisée. Et l’espace, symbole d’ouverture, de tridimensionnalité. Art et espace, aussi avides d’indépendance l’un que l’autre, peuvent-ils ainsi être unis, ne serait-ce le temps d’un titre ? Tel est en tout cas l’audacieux rapprochement qu’Intervalles s’est autorisé à commettre.

     
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  • Sommaire
  • Impressum
INTERVALLES Préface
URSULE LEHMANN Un lieu rythmé par les saisons
FRANÇOISE TSCHANZ En mémoire d'un ange
FRANÇOISE TSCHANZ «Au début, on ne me donnait pas beaucoup de chances»
FRANÇOISE TSCHANZ «Le plus beau métier du monde»
FRANÇOISE TSCHANZ «Les galeristes doivent être des pros»
CALINE FAUVE «Etre sur les planches»
JEAN-PIERRE GIROD Renouvellement sur la scène artistique du Jura bernois
RENÉ BLANCHET-GENET, DIRECTEUR DU CENTRE Mission culturelle
FRANÇOISE TSCHANZ Murs publics
JEAN-RENÉ CARNAL Un espace chargé d'histoire
VALENTINE REYMOND, CONSERVATRICE Défense de la diversité
FRANÇOISE TSCHANZ «La pointe de l'iceberg»
HÉLÈNE CAGNARD, HISTORIENNE DE L\'ART ET COLLABORATRICE SCIENTIFIQUE AU CENTRE PASQUART Un musée à l'écoute des artistes
BÉNÉDICTE LODERER, REVUE HOCHPARTERRE, CENTRE PAUL KLEE La capitale de l'univers Paul Klee
CLAUDE MERAZZI Un bâtiment en forme d'étoile
MICHEL JEANNERET, COMITÉ DU CENTRE DE CULTUREET LOISIRS DE ST-IMIER Une identité culturelle et un espace de création
Liste des galeries
 96 pages  Format 170 x 250 mm
 Impression en couleurs  
©Intervalles
N° 61  «Espaces d’art»
Titre
Auteur
texte
Préface
INTERVALLES
Quelle curieuse alliance! D'un côté, l'art. De l'autre, l'espace. L'art, expression d'un élan créateur, d'une émotion plus ou moins maîtrisée. Et l'espace, symbole d'ouverture, de tridimensionnalité. Art et espace, aussi avides d'indépendance l'un que l'autre, peuvent-ils ainsi être unis, ne serait-ce le temps d'un titre? Tel est en tout cas l'audacieux rapprochement qu'Intervalles s'est autorisé à commettre.
L'art, en effet, peut-il être mis en cage? Supporte-t-il d'être limité, réduit à un cadre défini? La question paraîtra peut-être superflue, voire même dépassée, tant l'habitude de ces lieux dédiés à l'art est désormais acquise, tant l'approche d'une oeuvre dans un décor plus ou moins institutionnel est habituelle. Pourtant la rencontre, puis la relation entre ces deux éléments empreints de liberté que sont l'art et l'espace n'est pas évidente.
Artistes et galeristes le savent. Et tentent de communiquer. Mûs par le désir d'accorder une chance et une place à la créativité, ils se battent pour que s'assouplissent les contingences s'opposant à leur entente. Ainsi naissent les expositions. Au milieu d'éléments aussi concrets qu'accrochages, parois mobiles, prix de locations et de ventes.
Une telle aventure est-elle possible en des terres périphériques comme le Jura bernois, en une ville comme Bienne? Oui. Et même de manière fort heureuse. Des hommes et des femmes s'y emploient avec passion. Avec, parfois, de bien petits moyens financiers. Mais toujours avec l'espoir que, à travers monts et vallées, l'art fasse son chemin. Intervalles les a rencontrés.
Intervalles a donné la parole à ces personnes qui, de Moutier à Tramelan, ménagent un espace à l'art. Autodidactes ou professionnels reconnus, ils évoquent leurs parcours, leurs regrets et leurs espoirs. Acteurs ou organisateurs, ils se souviennent de leurs débuts ou annoncent un événement. A l'instar de l'exposition SUD 2001 de «visarte-jura», qui se déroulera cet automne en trois lieux différents - le Centre de Culture et de Loisirs de St-Imier, le Centre Interrégional de Perfectionnement de Tramelan et le Centre culturel Le Royal de Tavannes.
Un lieu rythmé par les saisons
URSULE LEHMANN
Voici, narrée par la maîtresse des lieux, l'histoire d'une galerie devenue atelier.

L'«Atelier du Cornet» n'a pas de but lucratif, et est d'utilité publique. Il tend à sauvegarder les activités traditionnelles dans le domaine du papier. C'est un lieu d'échange et de formation rythmé par les saisons (printemps: impression à l'ancienne; été: fabrication du papier, pur chiffon, à la cuve; automne: teinture de papier par la marbrure); (hiver: transformation du tout, avec respect, pour une utilité créative).
A l'origine, en 1994, cet espace s'appelait «La Galerie du Cornet». Le but était d'en faire un atelier artistique, ouvert à tous. Il s'agissait d'offrir un lieu de rencontre, d'échanges, d'apprentissage, de création et d'exposition. J'étais passionnée par le papier, les formes et les couleurs. Aujourd'hui, les buts sont les mêmes, à l'exception du fait qu'il n'y a plus d'expositions.
Je ne me suis jamais considérée comme galeriste, mais plutôt artiste pluridisciplinaire et je vais continuer de suivre ce chemin. J'expose mes travaux pour exprimer mes émotions et dialoguer partout où le lieu me semble satisfaisant. Parallèlement, j'organise des activités et expositions liées à l'Atelier ou à une Ursule Lehmann cause qui me paraît valable (par exemple le «banneret Wisard» à Grandval) ou un échange à l'étranger.
Il me semble que la place accordée à l'art dans le Jura bernois et en Suisse en général est suffisante, mais mal utilisée et mal gérée. L'art y est snob, enfermé dans les clichés du standing et du business. Il y a bien sûr des exceptions. Je considère cependant que la mode et les prix prennent une trop grande place et que la vraie créativité se perd, est déformée. Il me semble que l'artiste «doit» se trouver un style qui plaît et rapporte de l'argent. C'est la raison pour laquelle je rêve à des lieux plus ouverts. J'aimerais tout mettre en oeuvre pour que l'esprit artistique demeure créatif et non économique.
En mémoire d'un ange
FRANÇOISE TSCHANZ
Le couple était un des thèmes favoris du peintre Georges Item. Depuis plus de dix ans, Françoise Item transmet son oeuvre. Au coeur d'une galerie.


En 1992, à l'occasion d'une exposition et d'un ouvrage à la mémoire de Georges Item, intitulés «Anges-Engel», son épouse Françoise Item écrivait:
«Sous formes liquide ou compacte, sans forme encore, il les sentait partout voler. Ce transparent papier japonais agité par le vent, ces longs rouleaux dressés dans un coin de l'atelier, et la nuit surtout, cette force douce et prenante qui le soulevait sur sa couche...»
Etonnant Georges Item. Né en 1927 à Bienne, originaire des Grisons, il a passé une grande partie de sa vie près de St. Rémy-de-Provence, dans le Mas de Cinq Sous. Ses oeuvres ont cependant régulièrement été exposées à Bienne. A la Galerie 57, notamment.
En fait, les anges ne sont apparus que tard dans la vie de l'artiste. Paysages provençaux, personnages et silhouettes, couples et formes colorées sont des éléments récurrents dans l'oeuvre de celui que ses proches surnommaient Chéco.
Chéco... A la mort de son mari, survenue en 1990 à Avignon, Françoise Item rejoint Bienne. Elle y acquiert une maison au coin des Tilleuls, et décide d'y installer une galerie. La Maison Item. Avec pour intention de réunir toute l'oeuvre peinte de celui avec lequel elle a partagé tant d'années là-bas, avec pour seuls témoins les Alpilles.
Une galerie de peinture contemporaine. Un lieu de rencontre. Un lieu où Françoise Item expose ce qui lui plaît. Ce domicile où elle évoque l'homme de sa vie. Avec émotion. En présentant une photo du temps passé, à l'époque où tous deux vivaient la peinture au quotidien.
Une maison dédiée à l'art. Où, aujourd'hui, Françoise Item estime que «l'art, c'est l'esprit, une façon de traduire son émotion, d'appréhender le monde». Désireuse de faire découvrir «des artistes sincères», elle s'érige contre cet art «qui détruit les sentiments à force de délivrer trop d'informations». Contre cet art «devenu valeur refuge ou valeur poubelle».
Fascinant Georges Item dont le nom, d'abord inscrit sur l'enseigne du Lindenegg 8a, résonne avec tant de force sur les murs soutenant ses toiles. Une après l'autre, elles révèlent parfois un secret. S'ouvrent au-delà du temps. Un peu comme des anges.
«Au début, on ne me donnait pas beaucoup de chances»
FRANÇOISE TSCHANZ
Une galerie comme un espace privé. Une maman devenue galeriste. Voici l'univers de Silvia Steiner.


Mon premier contact avec Silvia Steiner, il y a quelques années, a été révélateur: «Si vous voulez rencontrer l'artiste avant le vernissage, venez demain à 15 heures».
Rendez-vous était pris. A l'heure dite, je me présentai au 57, Faubourg du lac. Une dame fort aimable et enjouée m'y accueillit avant de me présenter l'artiste prêt à parler de son oeuvre aux médias.
Ce petit rituel s'est répété à plusieurs reprises. Avant chaque nouvelle exposition, Silvia Steiner téléphonait pour inviter la presse à une nouvelle rencontre. Une fois pour Flavio Paolucci, une autre fois pour Marc-Antoine Fehr, par exemple.
Appelée à rencontrer Silvia Steiner pour la préparation de cette revue, j'apprends à la connaître mieux. J'avais remarqué son professionnalisme, son engagement pour sa galerie. Mais je ne savais pas que ces qualités avaient déjà bénéficié de plus de trente ans d'expérience. C'est en effet en 1967 que tout a commencé.
Silvia Steiner se souvient: «A l'époque, on ne me donnait pas beaucoup de chances». Alors maman de deux petites filles, elle s'était, de tout temps, intéressée à l'art. Mais «ne pouvait pas être simultanément artiste et mère». Alors, comme après la disparition de l'ancienne Galerie municipale, il n'y avait pas vraiment de place pour l'art contemporain et que, surtout, le rez-de-chaussée de la maison où habitait déjà la future galeriste s'était libéré...
Le décor était planté. Et le contenu aussi: «J'ai décidé de présenter des artistes suisses contemporains. Il est ainsi possible d'avoir un contact direct avec eux. Et puis, j'avais envie de donner aux jeunes une chance pour démarrer.» Et ça continue. Pourtant, la Biennoise tient à préciser: «Lorsque quelqu'un a la possibilité d'exposer dans mes locaux, il faut que ses oeuvres me plaisent. Qu'à leur vue ça m'ait fait «click». Ainsi, au fil des ans, fidèle à son principe de ne pas montrer quelque chose à quoi elle ne pourrait pas s'identifier, Silvia Steiner s'est fait des amis. Elle a ses artistes fétiches, vivants ou disparus. Ainsi les Claude Sandoz, Rolf Iseli, Gian Pedretti, Martin Disler, Serge Brignoni, Roland Flück, Otto Tschumi, Meret Oppenheim...
«Le plus beau métier du monde»
FRANÇOISE TSCHANZ
De petits villages se transforment parfois en écrins inspirateurs. Portrait de Pierre-Alain Beuchat.

Depuis 1987 il est, au numéro 1 de la rue centrale à Court, une galerie nommée l'Empreinte. Né de la réorientation professionnelle d'un employé de banque, cet espace de 80 mètres carrés permet d'accrocher une petite quarantaine de tableaux. Une galerie, à Court? L'avis du maître des lieux, Pierre-Alain Beuchat: «Je ne crois pas que le lieu ait tellement d'importance. Il n'y a pas «un» endroit pour vendre de l'art. Ici, la situation ne se prête pas plus mal qu'en ville à des expositions. Les amateurs se déplacent facilement et, ici, il n'y a au moins pas de problèmes de stationnement.»
Pourtant, comme le confie celui qui, selon lui, est le «seul galeriste professionnel entre Bienne et Bâle», une telle entreprise n'est vivable (et viable) qu'à condition de ne pas être trop exigeant. Seulement un peu idéaliste... «Le commerce et le grand art ne sont pas toujours compatibles».
Mais par quoi donc ce Prévôtois est-il motivé? «Je fais le plus beau métier du monde». Ce qui signifie qu'il cherche à être un intermédiaire entre les artistes et le public et à faire découvrir de belles choses. Tout en fuyant la médiocrité.
C'est que cet ancien chef de caisse est un passionné. Collectionneur de longue date, il a par la suite, au fil des ans, noué de nombreux contacts avec des artistes. Avec, preuves en sont les expositions qu'il propose, une prédilection pour les Catalans.
On l'aura compris, Pierre-Alain Beuchat a préféré la liberté aux séances de comptes. Pourtant, tout n'est pas toujours évident: «Il peut être un peu frustrant de faire tant d'efforts pour ne recueillir, parfois, que peu d'échos.» Il est en effet arrivé que l'envoi de quelque 500 invitations pour un vernissage n'attire qu'une cinquantaine de personnes...
Alors? «J'aimerais que les gens s'intéressent un peu plus à l'art. La place que l'on y accorde dans la presse locale n'est d'ailleurs pas non plus suffisante.» Du côté des artistes pourtant, la relève est assurée au moins jusqu'en 2050...
«Les galeristes doivent être des pros»
FRANÇOISE TSCHANZ
Roger Tissot a plus d'une expo dans ses souvenirs. Après avoir parcouru la Suisse et plus encore, il a, en matière de galeries, quelques préférences. Témoignage.


«Je me souviens de ma première exposition, à l'école secondaire de Bévilard. Elle avait si bien marché que, à la place du cabanon que je convoitais dans les gorges de Court, j'ai pu installer un atelier chez moi». Des dizaines d'expositions ont, depuis, marqué la carrière de Roger Tissot. Peintre professionnel depuis plus de trente ans il a développé, au fil des expériences, un certain nombre d'exigences.
Un exemple: «Les visiteurs ne doivent pas se sentir obligés, tant le galeriste les presse, d'acheter une oeuvre.» Ou encore: «J'attends d'une galerie qu'elle travaille de manière professionnelle.» Ainsi, au rang des mauvaises expériences, le peintre prévôtois relève le cas d'une galerie bâloise ne respectant pas les heures d'ouverture prévues, ou omettant d'allumer la lumière.
En revanche: «Cet été, j'ai exposé à la galerie de l'Empreinte, à Court. J'en suis très content.» Vu à plusieurs reprises en ces lieux, Roger Tissot n'en est pas moins un habitué d'une autre galerie, celle du Fornet. C'est là que, chaque année à l'automne, ses fidèles le retrouvent. Pourquoi? «Cette aventure date de vingt-huit ans. Ce sont désormais les enfants des visiteurs d'alors qui viennent avec leurs enfants. C'est un rendez-vous très sympa, où chacun est accueilli avec un verre.»
Les expériences régionales ne sont cependant pas les seules à avoir su toucher Roger Tissot. Il évoque notamment un passage monégasque mémorable, en compagnie du Prince Rainier, de Grâce de Monaco et du capitaine Cousteau...
«Etre sur les planches»
CALINE FAUVE
L'artiste biennoise a exposé ses oeuvres à la Fondation de La Golatte. Récit d'une expérience réussie.


Les contacts préliminaires ont été pris par M. Roger Voirol, responsable de la Fondation. Je ne connaissais pas ce Centre; il m'a demandé si je serais disposé à exposer mes oeuvres et m'a envoyé une documentation pour information. J'ai pu constater que la restauration de cet endroit chaleureux a été une réussite, avec cheminées et poutres apparentes, ayant eu pour effet de lui donner une ambiance particulière. L'endroit est perché sur la montagne, mais reste accessible.
Au mois d'août, les choses se sont concrétisées. J'ai fourni à M. Voirol mes références et de la documentation sur mes expositions réalisées en Suisse et à l'étranger, sur le Salon de l'automne de Paris, où j'ai été sélectionnée à huit reprises par le jury. Je signale en passant que ma carrière personnelle a pris de l'ampleur depuis Paris, où j'avais été remarquée par des critiques et des historiens d'art.
La manière de travailler de M. Voirol est très performante. Il a préparé des dossiers d'information et a organisé une conférence de presse où étaient présents journalistes et gens de la radio. Tout s'est bien passé, avec un petit apéritif devant un feu de cheminée, ambiance qui a mis tout le monde à l'aise. La présentation de l'exposition et de l'artiste, lors du vernissage, a été l'oeuvre de M. Jean-René Carnal, de Reconvilier. Ma présence à La Golatte a été pour moi une expérience qui reste dans mes bons souvenirs; l'exposition a été très fréquentée et s'est bien déroulée. Le chiffre des ventes a été appréciable.
A mon point de vue, le public attend que la présence de l'artiste se manifeste par une exposition. Pour cette raison, un artiste-peintre doit toujours «être sur les planches». Il ne doit pas se laisser oublier, c'est important, car le fait d'exposer est toujours porteur d'espoir. C'est à l'artiste de combiner la conception de son exposition, de façon à ce que le public ne s'ennuie pas. J'estime que l'ensemble doit être varié dans les couleurs, les sujets, la technique. Il peut arriver parfois que le style uniforme de l'artiste soit le critère de sélection du galeriste. Mais en général, si le style est admis, on me donne carte blanche. J'apporte mes tableaux et je les accroche. J'effectue le choix afin que l'ensemble soit harmonieux.
Renouvellement sur la scène artistique du Jura bernois
JEAN-PIERRE GIROD
Trois jeunes artistes se sont récemment profilés sur la scène artistique du Jura bernois par de premières expositions. Aucun lien entre eux, si ce n'est que Steve Léchot, Débora Beuret et Yves Juillerat, dans l'ordre de leur apparition, vivent ou sont nés à Moutier.


Steve Léchot

Steve Léchot a vu le jour en 1968 à Orvin. A la suite de ses études à l'Ecole d'art de Lausanne, de 1989 à 1994, il crée sur concours sa première oeuvre publique, ensemble monumental de têtes en bronze pour l'Ecole polytechnique fédérale.On verra de lui une première exposition personnelle à Lausanne, puis à la galerie du Passage qu'anime le Centre culturel de Moutier, où réside l'artiste. Ses oeuvres ont aussi fait partie de plusieurs expositions collectives.En mars et avril 2001, il a présenté une seconde exposition particulière à Saint-Imier, sous l'égide du Centre culturel.
«Je conjugue le long avec le trop long, le sens avec le non-sens, l'inutile avec l'agréable, le trop avec le moins, la naïveté avec l'ironie, le rêve avec l'absurde»: c'est ainsi que Steve Léchot qualifie un travail qui n'est pas seulement fondé sur les oppositions, parfois les gags visuels, mais recourt aux détournements de sens, aux ponts jetés entre des objets usuels, des éléments du quotidien aux antipodes les uns des autres. Un bataillon d'escargots soutient une luge; assis sur le bord de sa brouette, un ouvrier lilliputien scrute l'horizon; en rangs serrés, des spaghettis poussent sur un plateau de table ou sur le corps d'un homme couché, un gisant; des ballons d'enfant flottent au-dessus d'un parterre de ronces: partout l'idée d'une attente, d'une imminence. Le temps s'est ralenti ou figé. Images naïves, burlesques, provocantes, attendrissantes, mais l'important ici, c'est la dimension poétique, ce voyage dans l'attente que propose Léchot avec les moyens les plus simples, qui concourent à surprendre et invitent au voyage.


Débora Beuret

C'est par une exposition personnelle au Buffet de la gare des Hauts-Geneveys que Débora Beuret a attiré pour la première fois l'attention. Dans ce lieu étrange, elle présentait une vingtaine de toiles consacrées au train, aux ambiances de gare qui la fascinent. C'était en hiver 1997-1998, elle avait 19 ans, étonnait par la sûreté de son métier, et déjà, par un regard personnel.En mars 2000, nouvelle exposition à Court, galerie de l'Empreinte. Cette fois, le thème est plus intimiste: la mémoire. Débora Beuret révèle son aptitude à transmettre ses émotions, à parler d'une expérience de vie avec retenue, mais force, souvent de manière plus symbolique que narrative.
Elle naît à Moutier, elle y fait ses classes et suit rapidement les cours de l'Académie de Meuron à Neuchâtel, puis ceux de l'Ecole d'art de Sierre. Elle poursuit aujourd'hui sa formation à l'Ecole des arts visuels de Bienne. Insensible à la tendance actuelle qui voit de nombreux étudiants et jeunes artistes s'exprimer par les médias modernes que sont l'ordinateur, la photo travaillée numériquement, les installations recourant aux matériaux les plus divers, elle reste fidèle à une expression techniquement traditionnelle, l'huile ou l'encre sur papier, dont elle tire des effets sourds qui accentuent le côté mystérieux, trouble de son art au style brut, proche sans en être de l'expressionnisme. L'introspection est au centre d'une oeuvre existentielle qui s'affirme comme une nécessite d'exprimer de fortes émotions, des déchirements, des révoltes sans doute, tout un vécu enfoui dans la mémoire: la vie exprimée dans son épaisseur et ses ambiguïtés, sans étalage, car cette peinture troublante, émotionnelle, reste très pudique, c'est là sa force. Les déchirements qu'elle exprime ne sont pas des cris mais des plaintes insistantes qui s'effacent parfois devant la quiétude, une touche de tendresse.
Peignant à l'huile ou à l'encre sur papier, Débora Beuret crée des effets sourds, son art prenant s'enrobe de silence, un cri étouffé. Dans ses dernières oeuvres au brou de noix, en un style emporté, haché, elle peint des portraits sombres, presque tragiques, murés dans le silence et d'une saisissante présence.


Yves Juillerat

Alors qu'il peint depuis de nombreuses années, Yves Juillerat a attendu la trentaine pour présenter ses oeuvres au public. Après avoir participé à la Triennale de la SPSAS à Porrentruy en 1999, il a été sélectionné pour accrocher trois oeuvres à l'exposition de Noël 2000 du Musée jurassien des arts, à Moutier, et la galerie du Passage, toujours en Prévôté, l'a invité pour une première exposition personnelle en février 2001.
Né en 1968, le peintre a passé sa jeunesse à Moutier, où il a accompli sa scolarité primaire et secondaire avant de suivre le cours préparatoire de l'Ecole d'arts visuels de Bienne. Par la suite, il a étudié durant quatre ans à l'Ecole d'art appliqué de Zurich pour obtenir en 1994 son diplôme de dessinateur scientifique. Il travaille comme illustrateur à l'Office du patrimoine historique du canton du Jura, section archéologique, et consacre une importante partie de son temps à la peinture, dans son atelier prévôtois. Ici, ce n'est plus le regard aigu du dessinateur scientifique qui prime, mais une sensualité presque inquiète.
A la fois claire et mystérieuse, la peinture d'Yves Juillerat cache autant qu'elle montre, elle suggère, elle est secrète et fantasmatique, traversée par l'obsession d'aller au-delà de l'apparence. L'artiste peint des personnages posant en pied, des autoportraits où il apparaît en femme, des scènes de plage vibrantes d'une lumière qui ronge corps et objets, rendant leurs contours imprécis sans affaiblir leur présence, au contraire. Une présence à vrai dire particulière, moins physique que psychique, moins pesante qu'évanescente, mêlant tout quand même, aussi familière qu'étrangère au regard. C'est là, dans une solitude et un silence obsédants, dans un décor réduit à l'essentiel, ciel d'azur, intérieur serré, sombre et banal, que Juillerat imagine des scénographies simples et sophistiquées qui reflètent et suspendent un instant précis de pur bonheur ou de doute. Inquiètes jubilations, le peintre donne l'impression de n'être jamais en paix. Ses oeuvres, les huiles en particulier, plus ramassées que les techniques mixtes sur papier, sont moins les représentations de scènes, de personnages, que l'ébauche de l'histoire imaginaire, des goûts, des plaisirs et désirs des modèles. Histoires où un érotisme omniprésent mais sourd, larvé, sert de fil conducteur à un art guidé par la sensualité et la solitude.
Mission culturelle
RENÉ BLANCHET-GENET, DIRECTEUR DU CENTRE
Sornetan offre un lieu de réflexion et d'échanges. Un véritable centre émotionnel. Visite en compagnie de son directeur.


Le cadre: situé à quelques kilomètres de Bellelay, le Centre de Sornetan s'est donné voici trente ans une mission culturelle s'ajoutant à celles de formation théologique et spirituelle, ainsi qu'à ses activités de développement personnel et de réflexion sur des problèmes sociaux.
Il compte depuis le rehaussement de 1992 trois niveaux de chambres et locaux. De quarante à soixante oeuvres peuvent être accrochées dans la salle à manger, les halls ainsi que parfois dans la bibliothèque et la «salle de la cheminée». Les alentours du Centre accueillent de temps en temps des sculptures de grande dimension résistant aux intempéries.
Les motivations: les expositions ne débouchent sur aucun bénéfice financier. Les buts du Centre sont: refléter la vie artistique de la région, donner une couleur ou une ambiance particulière et changeante à la maison; faire naître dans l'esprit des hôtes et des visiteurs des questions sur le sens de l'existence; provoquer une réflexion sur soi et sa relation avec les autres; instituer un carrefour permettant aux personnes de s'exprimer - souvent de manière indirecte - sur des questions profondes et d'échanger des sentiments, des émotions; créer ainsi une ouverture du Centre vers l'extérieur, vers la région, donc une réciprocité.
Sornetan essaie de donner des chances à de jeunes artistes pas encore connus. Il ne s'agit pas d'être à la pointe de la recherche picturale. Nombre d'artistes sont donc concernés. Il existe d'ailleurs un réel intérêt des gens pour cette forme d'art. Le taux de fréquentation du Centre est étonnamment élevé.
Murs publics
FRANÇOISE TSCHANZ
Quand un bâtiment administratif prend de la couleur...


A Courtelary, la préfecture offre de temps en temps les murs de ses corridors aux artistes qui le souhaitent. Les oeuvres exposées y tiennent davantage un rôle d'embellissement que de pourvoyeurs de fonds. Et cela depuis 1982.
Un espace chargé d'histoire
JEAN-RENÉ CARNAL
S'il est un lieu qui a connu avatars, avanies ou avaries, c'est bien l'abbatiale de Bellelay.


Sur le plan de l'édifice, d'abord, puisque, à la chapelle du début dédiée au XIIe siècle à saint Augustin, ont succédé, au même emplacement, une église romane (vers 1190, dédiée à la Vierge; incendiée lors de la guerre de Souabe, en 1499), une église gothique pour remplacer la précédente (dédiée à saint Pierre en 1513), puis le bâtiment baroque actuel, édifié de 1709 à 1714, après qu'on eut «démoli jusqu'à la terre la vieille église» selon le «marché» passé en mars 1709 avec l'architecte Franz Beer. Au stade actuel de ses avatars, l'église de l'ancienne abbaye de Bellelay conserve de son usage antérieur le nom d'abbatiale, mais n'est plus vouée au service divin, depuis plus de deux siècles, à l'exception de la célébration d'une messe, par des prémontrés, le dimanche 30 mai 1999, pour marquer la fin des festivités officielles du centenaire de la clinique psychiatrique de Bellelay.
Avanies il y eut aussi puisque, après le départ des chanoines, chassés par les troupes de la Révolution française qui avaient investi l'abbaye de Bellelay le 15 décembre 1797, l'église subit l'outrage de devenir brasserie, verrerie, écurie, entrepôt, grange, dépôt de tourbe ou de charbon. L'auteur de cet article a rencontré deux témoins de l'usage profane de l'abbatiale de Bellelay. L'un, fils du directeur de la clinique psychiatrique de 1926 à 1942, se souvient d'avoir joué, enfant, dans la paille et le foin entreposés dans l'abbatiale. L'autre, officier du train, a logé avec hommes, chevaux et charrettes dans l'ancienne église, pendant la Deuxième Guerre mondiale.
Avaries en outre, puisque l'usage peu respectueux des lieux et le manque d'entretien avaient provoqué bien des dégâts. Les voûtes, les plafonds, les stucs avaient subi l'attaque d'infiltrations d'eau et des parties importantes s'en étaient détachées et étaient tombées. Une voûte s'était écroulée dans le choeur. Le crépissage des murs avait été complètement enlevé par places. Et nous ne parlerons pas du mobilier, des objets d'arts, des statues et tableaux, de tous les ornements de l'ancienne église, saccagés, pillés ou vendus à la chute du couvent.
Défense de la diversité
VALENTINE REYMOND, CONSERVATRICE
Soixante ans d'histoire marquent le Musée jurassien des Arts de Moutier. Né de l'initiative d'un homme, Max Robert, il a aujourd'hui acquis un renom dépassant largement les frontières régionales.


Le Musée jurassien des Arts de Moutier est soutenu financièrement par les cantons de Berne et du Jura ainsi que par la ville de Moutier. Ces instances politiques participent au conseil de fondation, qui gère le Musée depuis douze ans. Les autres membres de la fondation appartiennent à l'association qui est à l'origine du Musée, le Club jurassien des Arts.
La collection du Musée compte quelque 3000 oeuvres, essentiellement des tableaux et des estampes d'artistes de la région. Cette collection s'est formée grâce au dynamisme du Club jurassien des Arts, association créée en 1953 sous l'égide de Max Robert, éditeur et imprimeur prévôtois.
L'activité de ce cercle d'amateurs d'art, qui commence à organiser des expositions à Moutier dès 1955, est extraordinaire par son ouverture stylistique. A une époque où l'art non figuratif était encore peu présenté en Suisse, le Club jurassien des Arts propose des oeuvres abstraites qui éveillent souvent de violentes réactions de la part du public et des autorités politiques. Cela sans mettre de côté la figuration, comme celle de Charles Robert, frère de Max Robert, mort prématurément en 1948. C'est d'ailleurs pour honorer sa mémoire que Max Robert a créé le Club jurassien des Arts.


Géographie artistique

Le Club jurassien des Arts n'a pas seulement défendu la diversité des styles, mais aussi la pluralité géographique. Il exposait alternativement des artistes de la région et des créateurs venant d'autres parties de la Suisse, ou de l'étranger. D'ailleurs, l'association était à son origine une branche jurassienne d'un Club des Arts genevois, disparu en 1957. Ce n'est pourtant pas Genève qui a constitué le principal pôle d'échanges artistiques de 1955 à la fin des années 1970, mais Bâle.
Cet esprit d'ouverture géographique et stylistique, qui reste aujourd'hui le fondement de la programmation du Musée, traduit la réalité des arts plastiques. Le paysage artistique a sa propre topographie, qui ne suit pas forcément les frontières politiques ou linguistiques. Ce paysage se dessine à partir de divers paramètres: l'emplacement des écoles d'art et/ou d'art appliqué; celui des lieux d'exposition engagés dans une politique de la diversité et du dialogue; la présence d'artistes-phares qui font école; ou encore le rôle joué par les associations d'artistes du type de la Société des peintres, sculpteurs et architectes suisses (SPSAS) dans une ville ou un canton.
«La pointe de l'iceberg»
FRANÇOISE TSCHANZ
Qui se cache derrière une exposition? Les artistes, bien sûr. Mais aussi de véritables metteurs en scènes nommés conservateurs. Petit portrait de Valentine Reymond.

Naît-on conservatrice? Non, à entendre Valentine Reymond, conservatrice au Musée jurassien des Arts de Moutier. Son intérêt pour ce domaine a germé plus tard... Quoique, avec un grand-père peintre et une grand-mère écrivain, il y avait de l'art dans l'air. Quoi qu'il en soit, la jeune Vaudoise décida, après une licence en lettres à Genève, de se lancer dans le domaine des arts.
Les arts oui, tant qu'il s'agit de les voir ou de les écouter. Non de les pratiquer. «J'aime découvrir, discuter de ce qui se passe lorsqu'on se trouve devant une oeuvre», explique Valentine Reymond. L'art, pour elle, c'est «un espace d'expression que l'on ne trouve pas ailleurs». Cet intérêt pour «l'expression du moi» trouve son apogée dans le partage.
En effet, définissant son rôle comme celui d'une «regardeuse», Valentine Reymond évoque le moment où, sous le regard du public, l'oeuvre change de dimension. Selon elle plus on voit, plus on élargit sa vision. Car les sens s'exercent. Elle avoue d'ailleurs dans cette perspective ne plus avoir les mêmes goûts qu'il y a dix ans.
Etre conservatrice signifie-t-il donc se faire plaisir en permanence? Pas forcément, car un musée se doit de présenter différentes formes d'art. «C'est à nous de montrer les choses qui existent», remarque la spécialiste en organisation d'expositions. Et puis, «il y a toujours une part d'imprévu, le public n'est pas forcément celui que l'on attend».
Mettre une exposition en scène, un rêve? Peut-être, en partie. Mais il ne faut pas oublier que, comme l'explique la conservatrice de Moutier, «ce que l'on voit d'un musée, c'est la pointe de l'iceberg.» Eh oui, après une présentation, on repeint les murs, et on recommence tout!
Un musée à l'écoute des artistes
HÉLÈNE CAGNARD, HISTORIENNE DE L'ART ET COLLABORATRICE SCIENTIFIQUE AU CENTRE PASQUART
Fin 1999, Andreas Meier, directeur du Centre PasquArt, souhaitait que «la maison de l'art, mais aussi la manière d'exposer, encourage le visiteur à l'indépendance et à la prise de conscience»...
C'est certainement chose faite. Revenons sur l'histoire de cette rénovation. La naissance du Centre PasquArt a eu lieu en 1990, alors qu'il s'installait de façon provisoire sur deux étages de l'ancien hôpital de la ville situé au Faubourg du lac. L'exposition d'ouverture montrait 21 artistes régionaux. En même temps était créée la Fondation de la Collection du Centre PasquArt. Le Photoforum s'installait lui au rez-de-chaussée. En 1993 la Société des beaux-arts et le Filmpodium rejoignaient le Centre PasquArt. Et puis, cette année-là, l'industriel Paul Ariste Poma faisait un legs important qui permettrait plus tard, en 1998-99, de faire réaliser un nouveau bâtiment par les architectes Diener & Diener.
En 1994 le Photoforum, le Filmpodium, la Société des beaux-arts et la SPSAS s'associaient pour former la Fondation Centre PasquArt. Le concours d'architecture pour la rénovation et l'agrandissement du Centre PasquArt était remporté par le bureau d'architecture bâlois Diener & Diener. En octobre 1995 les citoyens biennois acceptaient à 72 % le projet d'agrandissement et d'assainissement. Suite à un nouveau vote rendu nécessaire en 1997 à cause d'un changement de plan de quartier, les travaux commençaient en mai 1998.
Finalement, le Centre PasquArt put rouvrir ses portes le 1er janvier 2000, avec une exposition sur le thème de l'autoportrait intitulée «Au centre, l'artiste». Cette construction très visitée a déjà été récompensée d'un prix et permet à la Fondation de réaliser un programme au rayonnement supra-régional. Ainsi la rétrospective des expositions suisses de sculpture (1954-1991) et les troisièmes journées photographiques sur le thème «objectif-subjectif» ont déjà été d'une importance nationale.


Qualités...

Les trois musées de Bienne ont la chance de se trouver dans le même périmètre. Le Centre Pasquart possède 1400 m2 de surface d'exposition.
La capitale de l'univers Paul Klee
BÉNÉDICTE LODERER, REVUE HOCHPARTERRE, CENTRE PAUL KLEE
Un musée grandiose, un «lieu de silence et de recueillement», est en train de naître. Sur les traces d'un grand artiste.


Paul Klee fut à la fois peintre, graphiste, professeur, musicien et poète. Il est né en 1879 à Münchenbuchsee, suivit sa scolarité à Berne, étudia chez Franz von Stuck à Münich où il s'établit dès 1906, après un séjour en Italie et à Berne. Il sympathisa avec le cénacle d'artistes du Blaue Reiter. Ses premiers travaux sont influencés par le Jugendstil. En 1912, le Douanier Rousseau et les Cubistes l'inspirent. En 1914, il part avec Auguste Mack pour la Tunisie, où il est profondément impressionné par la ville de Kairouan. Paul Klee fait partie des premiers artistes du Bauhaus, dès 1919 à Weimar, et plus tard à Dessau. Il a consigné son enseignement dans son «Recueil d'esquisses pédagogiques» (1925). Dès 930, il est professeur d'académie à Düsseldorf puis revient à Berne en 1933. Il meurt à Muralto, près de Locarno, en 1940. Il repose au cimetière de Schosshalden à Berne, tout près du futur Centre qui lui sera dédié.


Historique

La Fondation Paul Klee, fondée en 1952, abritée jusqu'à présent au Musée des Beaux-Arts de Berne, dispose actuellement d'environ 2'500 oeuvres de l'artiste. Durant l'été 1997, Livia Klee a fait don au Canton et à la Ville de Berne de sa part de succession de Felix Klee, fils de l'artiste, et le fonds du futur Centre Paul Klee s'est ainsi accru de 600 toiles. Le petit-fils de l'artiste, Alexandre Klee, s'est également déclaré prêt à mettre à disposition du futur Centre la majeure partie de son héritage sous la forme d'un prêt à long terme. Quarante pour cent environ des 9'000 oeuvres de Paul Klee sont ainsi réunies à Berne et constituent le noyau du futur Centre culturel Paul Klee. Livia Klee a soumis son legs à diverses conditions. Il s'agissait de créer un Centre culturel Paul Klee sous la forme d'un musée monographique. Pour ce faire, il fallait: jusqu'à fin 2001, s'acquitter des formalités juridiques et disposer des crédits de construction et de fonctionnement; jusqu'à fin 2003, donner le premier coup de pioche; jusqu'à fin 2006, inaugurer le Centre Paul Klee.
Un bâtiment en forme d'étoile
CLAUDE MERAZZI
Le Centre interrégional de perfectionnement de Tramelan place la formation continue au centre de ses préoccupations. La culture y tient une grande place.

Le Centre interrégional de perfectionnement (CIP) de Tramelan est une institution publique de l'Etat de Berne relevant de la Direction de l'instruction publique. L'ensemble de ses activités est dédié à la formation continue des adultes.L'architecture du bâtiment, en forme d'étoile, reflète par sa structure triangulaire les relations entre formation, recherche et documentation, trois domaines fortement interdépendants.
La philosophie fondamentale du CIP, en matière de formation continue des adultes, place la personne au centre des préoccupations et des activités de l'institution dans la double perspective complémentaire et parfois conflictuelle du développement personnel et de l'insertion professionnelle, sociale et citoyenne. L'approche du CIP est globale et ne trace pas de frontière entre formation continue générale et formation continue professionnelle, entre acquisition de compétences cognitives sous forme de savoir-faire et développement socio-affectif de la personne dans ses dimensions du savoir-être et du savoir-devenir.


La place de la culture au CIP

Une démarche similaire conduit à intégrer dans la vie du Centre un grand nombre d'activités culturelles sous leurs manifestations les plus diverses et sans hiérarchisation sélective: la Médiathèque du CIP offre une riche approche multimédia de toutes les facettes de la culture (45'451 documents en prêt), l'Atelier audiovisuel et multimédia (CIP Productions) réalise des documents divers (cassettes vidéo, CD-ROM, diaporama, etc.) pour l'industrie, l'éducation, la formation, la promotion touristique et économique ou le suivi historique de grands travaux (A16 dans le Jura bernois); CIP Editions publie des documents didactiques; l'auditorium du CIP accueille des conférences et des spectacles de nature diverse (théâtre, musique, danse, mime, récitals, projection de films, etc.); l'ensemble du bâtiment sert d'espace d'exposition et de lieu d'expression culturelle.
Une identité culturelle et un espace de création
MICHEL JEANNERET, COMITÉ DU CENTRE DE CULTUREET LOISIRS DE ST-IMIER
Institution culturelle subventionnée par les pouvoirs publics, le Centre culture et de loisirs de Saint-Imier a pour mission d'animer la vie de la cité.


Il offre à la population des spectacles, des animations, des expositions, à un rythme soutenu et en recherche constante de cohérence culturelle. Il est le résultat d'un long processus historique. Il a survécu à bien des vicissitudes, il est aujourd'hui vivant, actif, offrant une culture d'espoir, de rassemblement, de découvertes.
Un centre de culture est en effet un objet vivant, qui a une histoire, un présent et un futur. Le Centre de culture et de loisirs de Saint-Imier
(CCL) est d'abord l'oeuvre d'un homme, Bernard Born, comédien, créateur, animateur, personnage truculent mais à l'énergie redoutable. Il en fallait en 1970, pour concrétiser son rêve: créer une Maison de la Culture pour le Vallon de St-Imier. Mais nous ne sommes pas en France, Malraux était loin, et lointains aussi les fonds publics qui permettaient à l'époque et dans tout l'Hexagone l'émergence des Maisons de la Culture qu'il venait d'inventer. Donc, ici, laborieuse récolte de fonds, avec Michel Bühler notamment et l'appui inconditionnel des Compagnons de la Tour, la troupe de théâtre amateur créée par Bernard dans le but de monter des pièces mais aussi d'animer la région en y organisant des spectacles, des concerts; et budget fort maigre, mais suffisant pour assurer, disait Bernard, «une action d'animation culturelle permanente». Ainsi nous eûmes Barbara, Juliette Gréco, Léo Ferré, et tous les autres.
Quand soudain la politique se mêla de culture. Et Bernard partit. Mais le Centre, son Centre, resta debout, vivant, avec des animateurs et des bénévoles, et l'appui des municipalités d'Erguël et de beaucoup d'autres. Mais vivant mal, sans salle, sans véritable outil culturel; quand enfin, il y a 9 ans, le projet d'un Relais Culturel d'Erguël prenait corps et le CCL se voyait ainsi doté des locaux et de l'infrastructure culturelle dont il rêvait depuis 20 ans. Dont un espace d'exposition divisé en quatre salles réparties sur trois étages: un espace d'accueil, lieu de vie, de rassemblement, lieu aussi de longs vernissages, et «carte de visite» de l'expo en cours; notre espace principal d'exposition, aux dimensions généreuses permettant l'accrochage de grands formats, et équipée de cimaises amovibles; et dans les étages de ce bâtiment vénérable et restauré dans les règles de l'art, deux salles au cachet particulier, permettant d'exposer de plus petits formats. Aujourd'hui, d'après ses statuts, le Centre de culture et de loisirs est une association qui a pour but de «promouvoir la culture en Erguël, soit de gérer un centre de culture, d'organiser et de coordonner des cours, spectacles, conférences, expositions et toute autre manifestation d'ordre culturel». Voilà qui paraît clair, et pourtant: ces finalités ont été interprétées différemment dans sa déjà longue histoire; en fonction des comités, des personnalités les dirigeant, en fonction aussi des différents animateurs qui s'y sont succédé, l'offre culturelle a donc évolué. Mais les ressources financières, même si elles ont été réajustées par les partenaires institutionnels, sont restées incomparables avec celles des Maisons de la Culture françaises ou des centres culturels des grandes villes suisses. Et petit à petit, les possibilités d'engagement de grands noms de la chanson, de troupes théâtrales cotées ou d'orchestres renommés se sont restreintes.
Liste des galeries
Fondation Bellelay
Roger Voirol, 2713 Bellelay, 032 484 71 71


Centre PasquArt
Faubourg du Lac 71-75, 2500 Bienne, 032 322 55 86


Galerie 57
Faubourg du Lac 57, 2500 Bienne, 032 323 46 56


Galerie Michel
Pianostrasse 51, 2500 Bienne, 032 365 05 93


L'Atelier de la Vieille Ville
rue des Tanneurs 35/rue Basse 54, 2500 Bienne, 032 323 66 12


Maison Item
Lindenegg 8a, 2500 Bienne, 032 322 50 63


Musée Neuhaus
Schüsspromenade 26, 2500 Bienne, 032 328 70 30


Galerie de l'Empreinte
Rue Centrale 1, 2738 Court, 032 497 94 97


Galerie de la préfecture
Rue de la Préfecture 2, 2608 Courtelary, 032 945 11 11


Sylvère Rebetez
2718 Fornet-Dessus, atelier 032 484 95 18, appart. 032 484 93 16


Musée jurassien des Arts
Rue Centrale 4, 2740 Moutier, 032 493 36 77
Fondation «La Golatte»
Sur Montoz, CP 160, 2732 Reconvilier, Roger Voirol, 079 434 11 16


Fondation de l'abbatiale de Bellelay
Jean-René Carnal, oeuchettes 8, 2732 Reconvilier, 032 481 34 50
Centre de Culture et de Loisirs
Rue du Marché 6, 2610 Saint-Imier, 032 941 44 30


Espace Noir
Rue Francillon 29, 2610 Saint-Imier, 032 941 35 35
Bijouterie Orêve Mario Theurillat Rue Baptiste-Savoye 65, 2610 Saint-Imier, 032 941 52 75 ou 941 52 76


Centre de Sornetan
2716 Sornetan, 032 484 95 35


Le Royal
Grand-Rue 28, 2710 Tavannes, 032 481 43 29


CIP, Centre interrégional de perfectionnement
Les Lovières 13, 2720 Tramelan, 032 486 06 06

Revue culturelle du Jura bernois et de Bienne - No 62 - Printemps 2002



Protection du patrimoine




Préambule Intervalles

Les sites dans le paysage culturel suisse Hannes Scheidegger

Journées européennes du patrimoine Francis Steulet

Nouvelle loi sur la protection du patrimoine pour le canton de Berne Jürg Schweizer

Exemples de monuments et bâtiments classés dans le Jura bernois: Jean-Pierre Fuhrer
District de Courtelary
District de Moutier
District de La Neuveville

Rénovation de la maison du banneret Wisard à Grandval Jean-René Carnal

Bienne: Rénovation du Centre Pasquart Stéphane de Montmollin

Restauration de l'immeuble, rue de l'Union 2 Benoît de Montmollin

Salle de fêtes baroque, rue Haute 12 Alfred Wyss

Mise sous protection Office cantonal d'information

Ligue bernoise du patrimoine, groupe Jura bernois Chantal Bornoz-Flück

Biographie des collaborateurs
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EPUB (acronyme de « electronic publication » ou « publication électronique »)
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