REVUE N° 60
Histoire de la « Revue transjurane »

1938-1950

suivie d’une Petite anthologie des poètes de la Revue transjurane.

Auteur: Roland Stähli.  Avant-propos de Roger-Louis Junod.  Poème d’Albert Samain mis en musique par Albert Béguelin.

Illustrations de Laurent Boillat, Henri Bischoff, Marius Carion, Ugo Cleis, Coghuf, Georges Dessouslavy, Robert Hainard, Aldo Patocchi, Albert Schnyder, Hans Tomamichel.

 

Une revue qui vous rend fier d’être Français par l’hommage qu’elle accorde, en son allure magnifique, à notre langue.   André Guibert-Lassalle, Nuances, Paris, 1939.

     
ACHETER CHF 24.00 (version numérique incluse) ACHETER CHF 14.00(format pdf)
 
     
  • Sommaire
  • Impressum
INTERVALLES Préambule
INTERVALLES Préface
ROGER-LOUIS JUNOD Ce que fut pour moi la «Revue transjurane»
ROLAND STÄHLI Naissance d'une passion
La fondation de la «Revue transjurane»
La «Revue transjurane» de 1938 à 1940
La mobilisation de 1939 à 1945
La relance de la «Revue transjurane»
L'impact de la Question jurassienne
Après la dissolution du comité transjuran
Ils ont collaboré à la «Revue transjurane»
Notice biographique
 128 pages.  Format :170 x 250 mm.
 Impression noir/blanc. Couverture rouge/noir.  
©Intervalles
N° 60  Histoire de la « Revue transjurane »
Titre
Auteur
texte
Préambule
INTERVALLES
Jacques Prévert, Paul Eluard, Tristan Tzara, Paul Claudel, Robert Desnos... des grands noms de la littérature française qui ont fait rêver et méditer plusieurs générations de passionnés de l'écriture. Comment imaginer que des textes inédits de tels auteurs aient été publiés dans une revue du Jura bernois? Ce seul fait méritait déjà qu'Intervalles rende hommage à la «Revue transjurane», qui publia quatre séries de plusieurs cahiers illustrés avec poèmes et textes en prose entre 1938 et 1950. Mais cette revue ne fut pas seulement le lieu de publication de quelques grandes plumes. Elle fut aussi le moyen d'expression d'auteurs régionaux, dont le talent y fut découvert ou confirmé. De plus, sa vie courte, mouvementée et complexe, faite de tensions et de moments fastes, tellement influencée par les événements politiques internationaux et régionaux, nous rappelle que la culture et l'écriture ne vivent pas dans un monde clos. Elles sont soumises à des contingences, et la réalité triste et dérisoire des querelles et des guerres est parfois assez forte pour faire taire les meilleures plumes et imposer le silence.
Que les choses soient claires: ce numéro n'est pas une étude de la «Revue transjurane». Aucun historien n'est intervenu pour la relier à un contexte littéraire et historique plus large, ou pour porter un regard critique sur les faits énoncés. Nous avons voulu donner la parole au dernier fondateur encore en vie de cette belle aventure. Comme dans tout témoignage, les faits cités et la manière dont ils sont exposés sont le reflet d'une sensibilité. L'homme engagé dans une situation ne peut que présenter une version subjective de son déroulement. Mais le témoignage, contrairement à l'approche historique, peut parfois permettre au lecteur de mieux saisir l'aspect humain de toute cette entreprise, la complexité des relations et leur influence sur toute aventure littéraire.
Relater cette expérience littéraire, c'est aussi aborder le problème de la question jurassienne, qui a eu un grand impact sur la revue, qui en a influencé la vie et la mort. Le sujet est bien sûr encore sensible dans nos régions, et il ne faudrait voir aucune intention polémique dans la décision d'Intervalles de publier un numéro sur la «Revue transjurane». Notre but n'est pas de raviver de vieilles querelles, mais d'essayer de comprendre les hauts et les bas d'une revue, ce que furent ses succès et ses limites. Les querelles de notre histoire régionale comme les retombées inévitables de la deuxième guerre mondiale ne peuvent pas être ignorées, puisqu'elles ont fortement marqué les entreprises culturelles de notre région.
Si Intervalles publie aujourd'hui ce numéro, c'est donc pour préserver les traces de cette grande aventure littéraire, humaine et régionale que fut la «Revue transjurane», afin que le rêve courageux de ces hommes de lettres ne tombe pas
dans l'oubli.
Préface
INTERVALLES
S'intéresser aux péripéties entourant la parution d'une revue littéraire lancée il y a plus de soixante ans peut paraître singulier.
Rares sont ceux de nos lecteurs qui ont entendu parler de la «Revue jurassienne», parue de 1903 à 1905 ou de la publication «Reflets», lancée en 1929, qui ne vécut qu'une année. En revanche, due à l'initiative de Roland Stähli, à l'enthousiasme et aux efforts de trois idéalistes de Tramelan, la «Revue transjurane», qui apporta un souffle nouveau dans le Jura, est encore présente dans bien des mémoires! Et elle futlancée sans le soutien d'un comité de patronage, il faut le signaler. La foi transporte les montagnes, cela se vérifiait une fois de plus!
Cet engagement sans limite méritait d'être relevé et salué. Le rappel historique qui suit, limité par nos possibilités, apporte un éclairage particulier sur cette époque du milieu du xxe siècle, ainsi que quelques précisions insolites sur la vie de cette revue littéraire, saluée à l'époque comme étant d'un haut niveau par les connaisseurs.
Nous ne voulons pas figer dans des hommages le dynamisme et l'engouement des créateurs, mais, d'une part, rappeler par cette rétrospective une image emblématique de la vie culturelle dans nos régions, durant la période troublée de la fin des années trente et de l'immédiat après-guerre. Ce coup d'oeil rétrospectif laisse entrevoir d'autre part une courte fresque historique de la vie intellectuelle de la cité de Tramelan, à l'époque.
L'auteur aborde dans ses propos les incidences de la Seconde Guerre mondiale et de la Question jurassienne sur l'existence de la «Revue transjurane», dont la parution et la durée furent fortement influencées par ces conflits. Mais ces réalités historiques font partie de la vie de nos régions.
Indéniablement, la «Revue transjurane» a su apporter alors une vivacité culturelle, un besoin d'évasion auquel «Intervalles» se devait une fois de rendre hommage. Nul autre que le dernier survivant des trois fondateurs, à la fois idéalistes et téméraires, n'était à mieux de rappeler l'ardeur du début et les difficultés rencontrées pour assurer la parution des différents numéros.
Ce que fut pour moi la «Revue transjurane»
ROGER-LOUIS JUNOD
Quand je suis entré à l'Ecole normale de Porrentruy en avril 1939, les prestigieux élèves Roland Stähli et Robert Simon l'avaient déjà quittée et allaient devenir écrivains; Jean-Paul Pellaton et Francis Bourquin, mes aînés, y préparaient encore leurs examens tout en s'exerçant à la poésie.
Normalien, j'ai passé mon temps à lire. Depuis l'enfance, j'ai davantage vécu par les livres qu'autrement. Je ne savais pas aimer la vie, ce «cours ordinaire des choses» que Littré oppose au «merveilleux». Aussi me suis-je réfugié très jeune dans le monde des livres. A la prolifération désordonnée du quotidien, la lecture substituait une réalité où tout procédait de lois nécessaires et me donnait accès à la liberté par le truchement de l'imaginaire. Quel bonheur que la présence à l'Ecole normale d'une bibliothèque extrêmement riche où voisinaient les anciens et les modernes, y compris des contemporains tels que Gide, Giraudoux ou même le Genevois de charme Pierre Girard. J'ai appris plus tard que cette bibliothèque exemplaire avait été cataloguée par les soins de Roland Stähli à l'instigation de Virgile Moine.
En 1940, l'exode conduisait à Porrentruy d'innombrables familles de réfugiés que les normaliens réquisitionnés accueillaient sans toujours comprendre ce qui les avait fait fuir.
Plus tard, pendant l'Occupation, la France existait pour moi sous les espèces d'une somme d'images cueillies dans les livres que j'aimais. Si souvent, quand la nuit montait s'appuyer aux fenêtres de la bibliothèque, j'ai cheminé à la rencontre de toutes ces existences qui devenaient à leur tour ma propre vie, celle de Lucien de Rubempré, celle de Gérard poursuivant l'ombre d'Adrienne ou d'Augustin Meaulnes et de son créateur retrouvé dans ses lettres à Jacques Rivière. Nous ne connaissions du monde, mes camarades et moi, que ce que les livres nous en avaient appris. Pendant ce temps, partout en Europe, on faisait l'expérience de la cruauté, de la faim, de la terreur. Je me souviens de l'hiver 1940. A travers les vitres, je regardais la nuit envahir les jardins de l'Ecole ensevelis sous la neige. Non loin, la France assassinée se perpétuait dans les pages des livres par des mots bouleversants d'intelligence, d'amour et de tendresse. Dans la nuit, des chemins couraient sous la neige vers un paradis peut-être à jamais perdu, l'Anjou de Du Bellay, la Normandie d'Alissa, Paris. Une phrase m'obsédait alors, que je n'ai pas oubliée, trouvée dans Claudel: «Ah! pour savoir toute la tristesse qu'il y a en France, il faut avoir été un enfant en novembre qui ronge une pomme à côté d'un vieux lavoir près d'une femme qui charge du linge».
Naissance d'une passion
ROLAND STÄHLI
Mon intérêt pour le monde des lettres, qui date de mon enfance, est dû à plusieurs influences. La plus importante est certainement celle de mon grand-père maternel J.-Abel Béguelin. Cet horloger, cet autodidacte de Tramelan qui aimait la poésie, les contes, le théâtre et l'histoire, sut en effet me communiquer ses goûts et son enthousiasme. Il avait une riche bibliothèque, dont il prenait les livres avec respect, et où je découvris avec lui, lorsque j'étais écolier, l'«Iliade» et l'«Odyssée» d'Homère, les «Vies parallèles» de Plutarque et «Les Natchez» de Chateaubriand, puis des oeuvres de Lamartine, Hugo, Verlaine et Jehan Rictus dont j'apprenais les plus beaux poèmes, des comédies de Molière et de Courteline qui me faisaient rire aux éclats, ainsi que les ouvrages de son concitoyen qu'il connaissait bien: Virgile Rossel.
Cet aïeul, qui était abonné à des revues et des journaux français, me confiait souvent les «Nouvelles littéraires» et la «Petite Illustration théâtrale», me faisait lire le Prix Goncourt de l'année comme «Un homme se penche sur son passé» de Maurice Constantin-Weyer en 1928, ou un Prix Fémina comme «Vol de nuit» de Saint-Exupéry en 1931. Je n'oublie pas l'émotion de ce vieillard attachant lorsqu'il me prêta «Les Croix de bois» de Dorgelès et «Le Feu» de Barbusse, émotion compréhensible car son fils aîné, un oncle que j'aimais et admirais beaucoup, avait fait toute la Première Guerre mondiale dans les rangs de la Légion étrangère et de la Division marocaine qui dépendait du général Gouraud. Pour moi, les livres étaient tout à la fois les témoignages des plus remarquables des hommes, les passeports pour connaître le monde ainsi que la clef des rêves.
A l'école secondaire de Tramelan, Léopold Vuilleumier, puis Emile Boillat qui enseignaient l'histoire et savaient évoquer avec talent la vie et les exploits des Grecs, des Romains et des Helvètes, nous communiquaient l'envie d'ouvrir les ouvrages consacrés à ces peuples et aux héros du temps passé. Quant à Aaron Châtelain, le professeur de français qui lisait de façon expressive les contes et les nouvelles de Maupassant et d'Alphonse Daudet, il contribua aussi à me donner le goût et le besoin de la lecture.
Lorsque j'étais étudiant à l'Ecole normale de Porrentruy, le directeur Virgile Moine me confia la charge de bibliothécaire avec la mission, qui dura plus de deux ans, de classer les ouvrages, de les recouvrir et d'établir un fichier. Mais je passais davantage de temps à lire qu'à travailler, négligeant les problèmes d'algèbre et de géométrie que proposait un professeur au déplorable niveau tant pédagogique que politique (il était un chef du front fasciste d'Ajoie), ne travaillant ni les thèmes ni les versions d'allemand, malgré la sympathie que j'avais pour le professeur, le peintre Willy Nicolet. Quel enchantement cependant de découvrir dans cette bibliothèque les oeuvres de Balzac, Flaubert et Zola, de Francis Jammes, Verhaeren et Apollinaire, de Giono et Ramuz, d'Henry Spiess et Werner Renfer, des romanciers russes. Et quelle passion je mettais à vivre avec Augustin Meaulnes d'Alain Fournier ou Jacques Thibault de Roger Martin du Gard!
La fondation de la «Revue transjurane»
Après l'Ecole normale, je restai une année sans travail, en raison de la pléthore dans le corps enseignant, certains de mes aînés attendant depuis trois, quatre et même cinq ans une place d'instituteur. Cependant, malgré d'assez lourdes dettes contractées pour payer mes études, malgré mon manque de moyens financiers, j'envisageais de réaliser mon rêve en fondant une revue dans laquelle seraient publiées les oeuvres d'auteurs de tout l'Arc jurassien, poètes, conteurs, essayistes romands et français, en particulier les jeunes écrivains du Jura bernois d'alors.
C'est à mon ami Laurent Boillat, en été 1937, que je parlai en premier du projet de publier une revue: il fut d'emblée enthousiasmé et me promit sa collaboration active. Je cherchai ensuite à rencontrer l'écrivain Lucien Marsaux dont j'avais apprécié le roman «L'Enfance perdue et retrouvée», les contes du «Renouveau», des poèmes et quelques chroniques. Grâce à Jules-Jérémie Rochat, du «Journal du Jura», dont j'avais fait la connaissance, je pus rapidement entrer en contact avec le romancier jurassien. Une première entrevue eut lieu à l'Hôtel de l'Etoile, à Corgémont, où Marsaux avait sa chambre. J'étais très ému de passer quelques heures avec un auteur qui décrivait si bien le pays que j'aimais et les lieux de son enfance. Il me lut bientôt, de sa voix chaude et un peu voilée, quelques passages des épreuves de son Laurent Boillat dernier roman «Un Homme à travers le monde» qui allait sortir de presse quelques semaines plus tard. Il me semble l'entendre encore: «Quelle chose était la vie! On aurait pu chanter du soir au matin, on ne finirait jamais. Et il chantait à lui-même des chansons dans son lit avant de s'endormir. Il chantait la belle vallée avec les halliers et les ombellifères dans les prés, les génisses au pâturage et les chatons dans les noisetiers, et les nuages dans le ciel...»
A mon tour, je lus deux de mes poèmes. Lucien Marsaux m'encouragea à les publier et à écrire encore, «chaque jour». Je lui fis alors part de mon projet d'éditer une revue littéraire et artistique: il ne me cacha pas les difficultés que j'allais rencontrer, me décrivit le destin éphémère de plusieurs revues, mais me promit sa collaboration si je réussissais dans mon entreprise.
La «Revue transjurane» de 1938 à 1940
Le premier numéro de la «Revue transjurane», illustré par Laurent Boillat, parut le 15 janvier 1938. Imprimé au «Progrès», à Tramelan, il fut tiré, si j'ai bonne mémoire à 500 exemplaires en deux fois, dont 150 environ furent vendus en quelques jours, d'autres envoyés à des écrivains, des artistes, des enseignants, des industriels, de même qu'aux animateurs des trois grandes associations jurassiennes, tous pouvant devenir des abonnés.
Pour présenter notre revue aux lecteurs, en première page du premier numéro, j'avais préparé un texte où j'évoquais mon rêve estudiantin devenant réalité: la publication de cahiers littéraires et artistiques réunissant des écrivains des régions voisines de Suisse et de France, en particulier les jeunes auteurs du Jura, une place importante étant réservée aux poètes. Je voulais surtout, par les oeuvres publiées, dire notre attachement à notre terre, affirmer notre appartenance à la culture française, une culture ouverte à l'humanisme, sensible au pacifisme, mais faite aussi d'opposition résolue aux desseins racistes et dominateurs des régimes totalitaires.
Mais ce texte ne trouva pas grâce devant le comité «parce qu'il touchait à la politique», en contradiction avec le règlement que nous venions d'adopter. J'écrivis alors la «Présentation» suivante:
«Nous vous présentons La Revue transjurane». Nous sommes des jeunes, des enthousiastes. Ce que nous voulons, vous le trouverez dans nos textes. Nous sommes là, poètes, romanciers, essayistes, artistes, chacun sur son chemin et à l'endroit où il est arrivé, et nous vous disons ce que nous pensons, ce que nous voyons, ce que nous aimons...»
La mobilisation de 1939 à 1945
Pendant les premières semaines de la Seconde Guerre mondiale, j'étais en service actif à la frontière, sur le Doubs. En octobre et jusqu'au printemps suivant, je participai à la rédaction d'une revue pour soldats, le «Sac à pain», dont j'avais proposé la création et qu'illustrèrent deux artistes de la «Revue transjurane», mes camarades Laurent Boillat et Ernest Stocker dit Coghuf. A la même époque, j'eus l'autorisation de fonder une troupe théâtrale et musicale formée d'acteurs et de musiciens mobilisés, connue sous le nom de «Compagnons de la Gamelle», qui donna plus de septante spectacles dans la région et les villes voisines, et dont la tournée se termina au début de mars 1940.
C'est alors que j'eus le privilège d'obtenir, à la suite d'une audition-concours où furent entendus huit ou neuf acteurs, amateurs et professionnels, le rôle principal de la «Gloire qui chante», de Gonzague de Reynold, «que se préparait à donner la brigade frontière 3 sous le haut patronage du général Guisan». J'étais d'autant plus heureux de participer, comme coryphée, aux représentations de ce poème dramatique que je connaissais son auteur, l'influent écrivain fribourgeois qui avait confié au comité de la «Revue transjurane» le soin de publier, dans son dernier numéro qui venait de paraître, des fragments importants de son adaptation en français du «Grand Théâtre du Monde» de Calderon.
La première de «La Gloire qui chante» eut lieu à Berne, le 4 avril 1940, devant le Président de la Confédération Pilet-Golaz et des conseillers fédéraux, le général Guisan et plusieurs officiers supérieurs, de nom breux membres des Chambres fédérales et du corps diplomatique, ainsi qu'en présence de l'auteur et des compositeurs Lauber et Volkmar Andreae qui furent acclamés. Des représentations avaient été organisées dans les principales villes du pays et avaient déjà attiré des milliers de spectateurs lorsque la tournée se termina brusquement à Neuchâtel, en raison de la deuxième mobilisation générale du 11 mai 1940, ordonnée à la suite de l'invasion de la Hollande, de la Belgique et du Luxembourg par les armées allemandes. L'ultime spectacle, le soir du 12 mai, se déroula dans une émotion générale, chacun pensant aux villes en flammes dans les pays envahis et n'ignorant pas que la Confédération courait de grands dangers...
Au début de l'année suivante, je fus appelé par Gonzague de Reynold qui me demanda de reprendre le rôle du coryphée dans une nouvelle pièce: «La Cité sur la Montagne» qu'interprétaient les hommes du Régiment de montagne 6 de Fribourg et la troupe théâtrale des «Compagnons de Romandie», de Genève. Il y eut de nouveau une série de représentations dans les principales cités du pays, toutes données au profit du Don national suisse.
Pendant le temps où je participai à cette activité théâtrale, j'eus souvent le plaisir de côtoyer des hommes de talent, de partager leur table, de les entendre parler, non seulement de littérature, de théâtre, de musique et de peinture, mais aussi de notre démocratie pluraliste, de la défense nationale, des menaces totalitaires contre nos libertés et nos droits. C'est ainsi que j'eus, simple et jeune soldat, la chance inoubliable de passer de nombreuses heures avec des personnalités telles que Gonzague de Reynold avec qui il était captivant de parler de ses ouvrages «Cités et Pays suisses» et «Conscience de la Suisse», Claude Du Pasquier, recteur de l'Université de Neuchâtel et commandant de la Brigade frontière 3, Alexandre Cingria qui créa de somptueux décors pour les deux poèmes dramatiques de l'écrivain fribourgeois, Albert Schnyder, le peintre jurassien qui seconda Cingria, Jacques Béranger, directeur du Théâtre municipal de Lausanne, Joe Baeriswil, metteur en scène, Joseph Lauber et Volkmar Andreae, compositeurs, Paul de Vallière, historien, Virgile Moine, Albert Schluep, Albert Rumley, de Ribeaupierre, Frank Guibat, Paul-Henri Wild, Guillaume Nusslé, Roger Nordmann, le pasteur Pierre Krieg, d'autres encore...
La relance de la «Revue transjurane»
Dans l'«Anthologie jurassienne» de P.-O. Walzer, il est écrit, à la page 192: «la «Revue transjurane», dont les deux séries, d'avant et d'après guerre, parurent à Tramelan, animées par deux jeunes gens pleins d'ardeur et de goût, Roland Stähli et Roland Béguelin, reste la plus importante de nos revues littéraires. Tournée vers le Jura, elle a su donner la parole à tous ceux qui allaient bientôt compter, Jean Cuttat, Robert Simon, Jean-Pierre Monnier..., tandis que ses ouvertures au-delà des montagnes lui permettaient de nous offrir, en primeur, des pages de grands Français de l'après-guerre, Paul Eluard, Jacques Prévert. Pierre Seghers, Claude Roy, sans compter des inédits de Hugo et de Claudel.» Et dans le deuxième volume de l'«Histoire de la littérature en Suisse romande», publiée aux Editions Payot sous la direction de Roger Francillon, on peut lire à la page 248: «C'est aussi une revue de jeunes qui voit le jour à Tramelan, animée par Roland Stähli et Roland Béguelin en 1938: la «Revue transjurane», qui vivra de 1938 à 1950 avec une interruption entre 1940 et 1947, et qui fera entendre des voix nouvelles: Jean Cuttat, Jean-Pierre Monnier et plus tard les auteurs français de l'après-guerre.»
Certaines affirmations de ces deux citations, dues aux renseignements donnés par Béguelin à P.-O. Walzer, ne correspondent pas à la réalité. En effet, au temps de la parution de la revue, Jean-Pierre Monnier, qui avait passé son enfance à Tramelan, terminait ses études, commençait d'enseigner, et découvrait sa vocation d'écrivain. Son nom ne figure donc pas aux sommaires de nos cahiers, mais sa collaboration était prévue pour la cinquième série qui, malheureusement, ne fut pas réalisée. En outre, comme on a pu le constater, Roland Béguelin n'avait participé en rien à la vie de la «Revue transjurane» avant et pendant la Seconde Guerre mondiale, n'avait jamais manifesté, durant ces années-là, le moindre intérêt pour nos cahiers. Après son admission comme nouveau membre du comité transjuran, en été 1946, Béguelin, tout en remplissant avec ponctualité ses tâches d'administrateur, sema en peu de temps la zizanie autour de lui, d'autant plus que les dissensions créées par l'affaire des écoles de langue allemande et de la germanisation dans la région, par le problème de la fusion des communes de la paroisse de Tramelan et surtout par la Question jurassienne, empoisonnèrent les relations entre les membres du comité transjuran. Pourtant, tout avait bien commencé... Dès la fin de la guerre, Laurent Boillat, Roger Châtelain et moi espérions toujours reprendre la publication de notre revue. Plusieurs jeunes écrivains nous le demandaient et Lucien Marsaux déclarait dans une lettre: «La pensée que la revue pourrait renaître me réconforte au milieu des mes ennuis»...
L'impact de la Question jurassienne
Nul doute que la «Revue transjurane» a été la première victime du séparatisme et que le Salon jurassien des Beaux-Arts qu'organisaient à Tramelan les animateurs de la revue en fut une autre.
Au cours de la première période d'activité au comité transjuran, de 1938 à 1940, l'amitié avait régné entre les trois membres fondateurs, malgré les humeurs changeantes et la susceptibilité de Roger Châtelain, malgré «mes retards, ma bohême et mes dispersions», comme me le reprochait cet administrateur-archiviste: «A-t-on idée de perdre un après-midi à observer des nids de bouvreuils ou de rouges-gorges dans la montagne?» demandait-il en me désignant à Laurent Boillat qui riait... En vérité, il y avait beaucoup de désintéressement, d'enthousiasme, souvent de bonne humeur dans notre trio, et j'ai surtout d'heureux souvenirs de ce passé lointain... Mais il ne fallut que peu de temps, après l'admission de Roland Béguelin au sein du comité, pour constater que le climat changeait et qu'avec lui le temps des soupers amicaux qui réunissaient les Transjurans et le compositeur Albert Béguelin, des «quatre heures» qui permettaient de savourer les spécialités du pays dans une auberge de montagne en lisant des poèmes, des sérénades à la nouvelle dulcinée pour qui brûlait Roger Châtelain, était révolu.
Si j'avais approuvé les protestations de Roland Béguelin concernant la façon de correspondre en allemand du secrétaire communal de Mont-Tramelan et celle de Roger Châtelain à propos de la germa nisation de lieux-dits dans la région, je réprouvais la dramatisation du problème. Je n'admettais surtout pas les procédés de Roland Béguelin qui se permettait de traiter de «buffles importés», de «têtes carrées» et de «Teutons» les Alémaniques habitant les communes tramelotes et jurassiennes, dont beaucoup avaient accompli des centaines de jours de service actif avec moi, pendant la Mob.
Si j'étais d'accord avec la suppression à moyen terme des huit dernières écoles de langue allemande dans le Jura bernois francophone, en les faisant passer progressivement d'une langue à l'autre, je ne pouvais admettre sérieusement que ces quelques classes «mettaient la culture française en danger» et que leur maintien étaient pour les Jurassiens «un véritable suicide culturel». («Comment on germanise le Jura», p. 39). Ces affirmations me semblaient d'autant plus stupides qu'en face des huit écoles de langue allemande comprenant une dizaine de classes primaires et quelque
220 élèves, il y avait dans le Jura bernois Albert B?guelin et Roland St?hli sur les Bises,plus de 550 classes primaires et 130 classes au temps de la «Revue transjurane».secondaires de langue française avec plus de 13'000 élèves au total.
Je ne pouvais admettre que, s'il restait ces huit écoles publiques et privées alémaniques sur nosmontagnes, on ne veuille pas reconnaître, dans la brochure à paraître, la fermeture de plus de soixante autres écoles delangue allemande dans le Jura bernois, la plupart dans les districts de Courtelary et de Moutier, cela depuis la fin du XIXe siècle. Je ne pouvais admettre non plus que ne soit pas mentionnée l'ouverture dans le district alémanique de Bienne, depuis le milieu du XIXe siècle, d'environ 160 classes enfantines, primaires, secondaires, professionnelles, commerciales où quelque 3'000 enfants, jeunes gens et jeunes filles, recevaient un enseignement en français. Cela, je l'avais relevé dans l'un des deux articles que j'avais été d'accord d'écrire pour la brochure que Béguelin préparait, mais il ne voulait pas que les faits et constats cités plus haut soient mentionnés, trouvant qu'ils porteraient préjudice à sa campagne contre ce qu'il appelait la «germanisation du Jura».
Après la dissolution du comité transjuran
En 1952, Roland Béguelin quitta Tramelan pour Delémont où il fit la carrière que l'on connaît, et nos relations prirent définitivement fin. Quant aux attaques que je subis de la part de cet ancien collaborateur et de ses acolytes au cours des affrontements qui caractérisèrent, pendant quelque trente ans, les luttes politiques dans le Jura et le Jura bernois, elles furent loin d'être toujours d'un niveau acceptable, mais cela est une autre histoire...
Quelques années plus tard, Laurent Boillat, nommé professeur de dessin au progymnase de Delémont, vendit la belle maison qu'il avait fait construire à Tramelan et quitta à son tour son village natal. Puis ce fut Roger Châtelain qui, après sa retraite professionnelle, s'en alla vivre sous d'autres cieux, à Bienne, puis à Delémont. Malheureusement, je ne retrouvai jamais un contact amical et franc avec Roger Châtelain, isolé, toujours plus distant, blessé par les épreuves de la vie et trop souvent extrêmement blessant. Mais j'avais toujours de l'admiration pour son travail d'inlassable chercheur dans le domaine de l'histoire régionale, pour ses efforts en faveur de la sauvegarde des plus belles fermes jurassiennes et de leurs sceaux de pierre. Pourtant, malgré nos anciennes relations, il refusa tout net sa collaboration lorsque, chargé d'écrire l'«Histoire de Tramelan», à l'occasion du 800e anniversaire du village, je lui proposai de travailler ensemble à cet ouvrage. Il refusa même de me communiquer un seul des documents, photos et cartes postales qu'il détenait...
Si l'amitié entre Laurent Boillat et moi subit une éclipse de quelques années et si, à la suite des péripéties de la Question jurassienne, une gêne subsista un certain temps entre nous, une soirée mémorable, toute de franchise, nous permit de convenir qu'il était temps de travailler de nouveau ensemble. Nous réalisâmes aussi que cette amitié était plus forte que tout ce qui avait pu et pouvait encore nous séparer. J'appris plus tard qu'il avait démissionné du Rassemblement et qu'il désaprouvait publiquement - et courageusement - le comportement et les procédés de Roland Béguelin, de même que les attentats perpétrés par de jeunes fanatiques, tout ce qui avait rendu inévitable la partition de l'ancien Jura bernois des sept districts.
En 1978, quand Tramelan célébra son 800e anniversaire, je demandai à Laurent Boillat d'illustrer le premier tome de l'ouvrage d'histoire que je préparais. Ayant une attitude fort différente de celle de Roger Châtelain, il accepta d'emblée ma proposition. Nous eûmes alors le plaisir de nous rencontrer à plusieurs reprises, parfois avec nos épouses, de partager des repas comme naguère, d'évoquer des souvenirs de jeunesse et de rire de bon coeur en nous remémorant certaines joyeusetés, de parler du temps de guerre, des mobilisations et du «Sac à pain», de rappeler les séances de la Société littéraire avec ses conférences, ses récitals et ses spectacles, de constater que nous avions souvent les mêmes réactions lorsque nous faisions renaître le passé, les mêmes préférences lorsque nous parlions art et littérature, et les mêmes vues quand nous envisagions l'avenir. Mais c'est la «Revue transjurane», bien sûr, qui était souvent le sujet de nos conversations, avec les satisfactions et les joies qu'elle nous avait procurées, mais aussi avec les conséquences néfastes de l'admission, lors de la deuxième période, du quatrième membre de notre comité...
Ils ont collaboré à la «Revue transjurane»
Les 98 écrivaines et écrivains:
Pierre Alin, Gustave Alloo, Daniel Anselme, Gaston-Henry Aufrère, Yves Battistini, Paul Bazan, Roland Béguelin, Charles Beuchat, Pierre Boujut, Fred Bourguignon, Francis Bourquin, André Brincourt, Emmanuel Buenzod, Roger Châtelain, Vincenzo Cavalleris, Rose Celli, Maxime Chastaing, André Chédel, Georges-Emmanuel Clancier, Paul Claudel, Simone Coste, Gaston Criel, Edmond-Henri Crisinel, Jean Cuttat, Max-Philippe Delatte, Robert Desnos, Henri Devain, Luc Dona, Henri-Jacques Dupuy, Ilya Ehrenbourg, Paul Eluard, Jacques-René Fiechter, Claude Fluc, Christian Gali, Joël Galtier, Albert Garreau, André Gascht, Bernard Gatheron, Jean Gitane, Benjamin Goriély, Camille Gorgé, René Grégory, Jean Groffier, Alain Guérin, Henri Guillemin, Charly Guyot, Marcel Hennart, Paula Hilber, Pierre Hofer, Victor Hugo, Jean Huguenin, Louis Huguenin, Vicente Huidobro, Jacqueline Hubert, Guy Janin, Edouard Jaguer, Roger-Louis Junod, Ruth Keller, Evelyne Laurence, Henri de Lescoët, Pierre de Lescure, Georges Letourneur, Georges Linze, Vladimir Maïakovsky, Lucien Marsaux, Vio Martin, Alphonse Métérié, Jeannette de Meyenbourg, Willy Monnier, Enrico Morovich, Hélène Neveur, Arthur Nicolet, Pierre Pazza, Jean-Paul Pellaton, Jacques Prévert, Gérard Prévôt, Jean Prévôté, Raymond Quinot, Stéphane Reitmann, Werner Renfer, Gonzague de Reynold, Georges Ribemont-Dessaignes, Claude Roy, Robert de Saint-Guidon, Pierre Seghers, Robert Simon, Roland Stähli, Jean-François Thomas, Frédéric de Towarnicki, Gilbert Trolliet, Jean Turty, Tristan Tzara, André Verdet, Claire Vervin, Emile Villard, Henri Voëlin, Suzanne Wallis.

Un compositeur:
Albert Béguelin

18 illustrateurs:
Edmond Bille, Hans Bischoff, Laurent Boillat, Marius Carion, Hugo Cleis, Goghuf, Georges Dessouslavy, Hélène Galopin, Robert Hainard, Karin Lieven, Albert Loca, Milo Martin, Hans von Matt, Willy Nicolet, Aldo Patocchi, Albert Schnyder, Willy Thaler, Hans Tomamichel.
Laurent Boillat, La rue Haute sous la neige, bois grav?.Vernissage du IVe Salon jurassien des Beaux-Arts. 1er octobre 1938
Notice biographique
Roland Stähli est né à Moutier en 1917 où son père, professeur, est décédé en 1920. Ecoles primaire et secondaire à Tramelan. Ecole normale à Porrentruy. Enseignant à Tramelan de 1938 à 1981. Auteur et coauteur d'ouvrages didactiques de lecture, de grammaire et de géographie, dont «Messages» (1943, 1960) et «Rayons de Soleil» (1946, 1957), Librairie de l'Etat, Berne; «Mon beau Jura» (1946), Editions du Griffon, Neuchâtel. Animateur de troupes théâtrales de 1937 à 1948. Président et rédacteur de la «Revue transjurane». Collaboration à plusieurs journaux et revues. Textes mis en musique par Albert Béguelin, Frank Martin, Walter Aeschbacher, Pierre Kaelin, Paul Miche. A écrit, à l'occasion du 800e anniversaire de Tramelan et de la région, une histoire en deux volumes: «Le village qu'ils aimaient» (1978), illustré par Laurent Boillat, et «Tramelan, village de l'Erguel» (1984), Editions du 800e, Tramelan.
Membre fondateur et ancien vice-président central de l'UPJ, puis de Force démocratique. Conseiller général de 1968 à 1980. Député au Grand Conseil bernois de 1970 à 1976. Conseiller national de 1975 à 1979. Président de la commission de l'ARP et de la commission de la Députation du Jura bernois et de Bienne romande chargées de l'étude d'un Centre interrégional de perfectionnement, puis président de la Commission cantonale pour le concours d'architecture et la réalisation de ce centre (CIP) à Tramelan. Parmi les études et publications d'ordre politique: «Le livre des Promotions civiques» (1950, 1981), Editions Commune de Tramelan; «De l'Acte de réunion aux plébiscites jurassiens», dans «Jura bernois, 1975-1985» (1985); «Moutier et le Jura bernois fidèles à leur passé», dans le «Livret de fête du Jura bernois» (1992); «Des souvenirs, des doutes, un espoir», à propos de l'Accord interjurassien (1994), avant-propos de Marc-André Houmard et Roger Droz, aux Editions de Force démocratique, Malleray et Moutier.
Roland Stähli est membre de l'Association des Ecrivains neuchâtelois et jurassiens et de la Société suisse des écrivaines et écrivains.


Aujourd'hui

Dans sa maison, à l'orée de la forêt du Coin-barré, à Tramelan, Roland Stähli a installé une bibliothèque comptant plus de 7'000 volumes qui illustrent le parcours intellectuel du principal animateur de la «Revue transjurane». Sur le rayon où sont disposés les derniers ouvrages achetés ou reçus, il y a celui du professeur Henri Rieben, président de la Fondation Jean Monnet pour l'Europe, avec ces lignes manuscrites qui témoignent de l'intérêt accordé aux diverses activités de celui qui fut aussi un parlementaire écouté: «A Monsieur Roland Stähli, patriote suisse épris de culture française, hommage reconnaissant de ce cahier consacré à la naissance de l'Europe communautaire, en souvenir de l'interview qu'il a bien voulu nous confier pour développer la mémoire des relations entre la Suisse et l'Europe».
Cette dédicace, faite à Dorigny le 6 octobre 2000, après une interview de quelques trois heures destinées à la vidéothèque du Fonds Jean Monnet, au cours de laquelle le rôle de la «Revue transjurane» fut mis en relief, atteste que la publication de son histoire était nécessaire pour comprendre tous les aspects d'une époque troublée en pays jurassien, mais très animée sur le plan culturel.

INTERVALLES

Revue culturelle du Jura bernois et de Bienne - No 61 - Automne 2001

«Espaces d'art»



Préface Intervalles


Un lieu rythmé par les saisons Ursule Lehmann
«Au début, on ne me donnait pas beaucoup de chances» Françoise Tschanz
En mémoire d'un ange Françoise Tschanz
«Le plus beau métier du monde» Françoise Tschanz
«Les galeristes doivent être des pros» Françoise Tschanz
«Etre sur les planches» Caline Fauve
Renouvellement sur la scène artistique du Jura bernois Jean-Pierre Girod


Visarte


Mission culturelle René Blanchet-Genet
Murs publics
Françoise Tschanz

Un espace chargé d'histoire Jean-René Carnal
Défense de la diversité Valentine Reymond
«La pointe de l'iceberg» Françoise Tschanz
Un musée à l'écoute des artistes Hélène Cagnard
La capitale de l'univers Paul Klee Francis Steulet
Un bâtiment en forme d'étoile Claude Merazzi
Une identité culturelle et un espace de création Michel Jeanneret
Liste des galeries
Formats numériques disponibles pour cette revue:

 

 
     
     
EPUB (acronyme de « electronic publication » ou « publication électronique »)
est un format ouvert standardisé pour les livres numériques. EPUB est conçu pour faciliter la mise en page du contenu, le texte affiché étant ajusté pour le type d'appareil de lecture.