REVUE N° 58
Quelques exemples d’art sacré
     
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  • Sommaire
INTERVALLES Préface
ANNE SCHILD Eglise Saint-Léonard de Chaindon
ANNE SCHILD Le Chemin de Croix de Théophile Robert dans l'église catholique du Christ-Roi de Tavannes (1929-1930)
JEAN-PIERRE GIROD Quatre vitraux d'Yves Voirol pour la collégiale Saint-Germain de Moutier
JEAN-FRANÇOIS PERRENOUD Restauration des vitraux de l'église de Tramelan
FRANCIS STEULET En bref
L'art sacré dans nos régions
CÉCILE DUPEUX, PETER JEZLER, JEAN WIRTH «Vie et mort de l'image médiévale»
JEAN-PIERRE Girod Notices biographiques
Commission francophone chargée des affaires culturelles générales (Canton de Berne)
©Intervalles
N° 58  Quelques exemples d’art sacré
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Préface
INTERVALLES
C'est au XVe siècle qu'apparaît en Suisse la coutume des donations de vitraux armoriés qui ornent principalement les hôtels de ville et les maisons corporatives.
Puis, au fil des siècles, l'art décoratif religieux met en valeur la tradition chrétienne, source d'innovations remarquables et créatrice de beauté. Avant et après la Réforme, l'imagerie traditionnelle profane ou religieuse est essentiellement illustrative et narratrice. L'art du vitrail, en perdition au XVIIe et au XVIIIe siècles, retrouva toutefois ses lettres de noblesse au cours du XIXe siècle.
Dans le domaine de l'art sacré, le patrimoine culturel de nos régions présente de très nombreux témoins remarquables. Au cours des ans, les formes d'architecture et de décoration des lieux de culte sont sources d'inspiration et de réalisations variées.
Intervalles aborde et présente quelques exemples de réalisations de vitraux et de fresques d'édifices religieux. La liste n'est bien évidemment pas exhaustive.
Les artistes jurassiens Angi, Bréchet, Coghuf, Comment, Giauque, Lapaire, Voirol, et des peintres français renommés, ont réalisé une des plus importantes collections de vitraux modernes dans une région qui recouvre l'ancien Evêché de Bâle.
Les quelques aperçus que nous présentons ne manqueront pas d'engager nos lecteurs à partir à la découverte de sites dont la densité et la beauté sont tout à fait exceptionnelles. Car observer en toute liberté, c'est admirer des témoins de notre héritage culturel qui méritent largement d'être connus.
Eglise Saint-Léonard de Chaindon
ANNE SCHILD
Programme décoratif par Philippe Robert (1924)

«Quand on peint, il faut la foi, une foi ardente, et sa folie et ses jubilations.» Philippe Robert


L'art religieux protestant

Si l'art religieux catholique a connu une vie très riche à travers les âges, la religion réformée est liée dans le domaine artistique à une idée d'austérité, voire de destruction ou même d'iconoclasme. En effet, la Réforme, qui fut l'acte fondateur de cette nouvelle religion au XVIe siècle, apparaît en Occident comme le pendant retardé de la crise iconoclaste de Byzance.
Au temps de la Réforme, un vandalisme protestant se déchaîna dans toute l'Europe du nord. Pour les adeptes de la nouvelle religion de Luther ou de Calvin, seul le Verbe, la parole de Dieu, doit être adoré. Ils condamnèrent le culte catholique des images associé dans leur esprit à une forme d'idolâtrie. C'est ainsi qu'ils chassèrent de leurs lieux de culte toute image peinte ou sculptée. En particulier, les Calvinistes s'avérèrent beaucoup plus intransigeants et sectaires que les Luthériens. Les peintres Mathias Grünewald, Albert Dürer ou encore, dans une certaine mesure, Hans Holbein se rallièrent à la nouvelle foi professée par Luther qui, paraît-il, n'était pas insensible ni opposé à l'art. Calvin, quant à lui, signa l'arrêt de mort de toute image artistique dans la maison de prière par son Institutio Religionis Christianae de 1535.
Avec ce lourd passé iconoclaste, on comprend que l'idée d'un art d'Eglise protestant rencontra des difficultés à germer dans les esprits. Une petite minorité de Protestants s'intéressa dès le XIXe siècle à la création d'un art chrétien moderne. Mais le respect de la tradition, la fidélité à un idéal de pauvreté évangélique ou tout simplement la routine se prononcèrent pour le maintien de la proscription dans les temples de toute oeuvre d'art. Une simple salle de réunion blanchie à la chaux suffit à la plupart des fidèles protestants. Il est vrai que cette salle, toujours fermée, sauf le dimanche, tient peu de place dans leur vie quotidienne et qu'elle est destinée, non à la prière individuelle, comme dans les églises catholiques, mais seulement à la prière en commun.
Le Chemin de Croix de Théophile Robert dans l'église catholique du Christ-Roi de Tavannes (1929-1930)
ANNE SCHILD
Renouveau catholique en Suisse romande au début du XXe siècle

Au tournant du siècle, la Suisse romande intellectuelle et littéraire est essentiellement protestante. «Les minorités catholiques des cantons réformés n'ont guère fait parler d'elles qu'à l'occasion des remous suscités par le Kulturkampf; et les cités et pays restés fidèles à la foi ancestrale, demeurés à l'écart de leurs voisins, semblent s'être réservés pour le jour où la Romandie aurait besoin d'un apport de sève nouvelle, d'un renouveau d'inspiration» 1.
Le catholicisme subit une période de crise, particulièrement à Genève et dans le Jura, durement touchés par le Kulturkampf dans les années 1870. Puis un regain d'activité et d'émulation se fait jour grâce à quelques gens d'Eglise nouveaux: la nomination de Mgr Gaspard Mermillod en tant qu'évêque de Lausanne et de Genève en 1883, peut être considérée comme un point de départ de ce renouveau.
C'est surtout le nom de Mgr Marius Besson qu'il faut retenir dans le domaine artistique, car il se révèle le véritable bienfaiteur d'une résurgence de l'art catholique. Dr ès Lettres en histoire, Mgr Besson s'intéresse à l'art religieux moderne. Il sera un constructeur d'églises et protecteur de l'art catholique comme il n'y en eut jamais en terre romande. Néanmoins, cet art se veut singulièrement différent de la peinture de chevalet des avant-gardes du début du siècle. «Il s'agit de réveiller l'art religieux de sa torpeur sans heurter le goût et la sensibilité des fidèles restés attachés aux styles du passé 2». Toute trace d'abstraction est inconcevable. Le message doit rester lisible et sans équivoque. Aussi, on aurait tendance à revenir à un style historique de piété sans concession, tel que l'art paléochrétien, puis roman (architecture, fresques), le Quattrocento italien et ses frères-peintres (Fra Angelico) ou encore l'art baroque et ses mises en scène théâtrales.
Un large mouvement prend forme: «De 1896 à 1934, une oeuvre voit le jour, qui sort résolument de la banalité et impose aux fidèles la vue d'un art vigoureux et caractérisé» 3. S'il est le résultat de quelques hommes d'Eglise avisés en matière d'art - et désireux de contrecarrer l'hégémonie protestante dans la région, il doit également son développement à un groupe d'artistes qui va militer ardemment pour une nouvelle décoration des lieux de culte catholiques. Leur chef de file et maître à penser est incontestablement le bouillant Alexandre Cingria (1879-1945). En 1917, ce dernier fait paraître un texte-manifeste intitulé La décadence de l'art sacré. Profondément latin et catholique, il se met à pourfendre la tradition calviniste alors même qu'il habite Genève: «Il existe une malédiction inhérente à tout ce qui veut séparer complètement l'esprit des sens - comme le fait le protestantisme. Aussi l'art religieux ne pourra-t-il renaître tant que le protestantisme existera» 4. Pour lui, l'art est à la base même du culte catholique, et il va partir à la défense de cette idée comme dans une véritable croisade. Il crée le «Groupe de Saint-Luc et de Saint-Maurice» à la fin des années 1910, qui détiendra un réel monopole pendant une vingtaine d'années en matière de commandes sur les chantiers d'églises. Les artistes de ce groupe sont en effet capables de réaliser toute la construction et la décoration des lieux saints: architecture, peinture murale, mosaïque, vitrail, sculpture, mobilier, orfèvrerie, émail, tapisserie, broderie, etc. Le point de départ est marqué par la restauration de l'église Notre-Dame de Genève en 1912, bientôt suivie par la construction de l'église Saint-Paul à Grange-Canal (1913-1915). Dans les deux cas, un collège d'artistes du Groupe de Saint-Luc est engagé pour la décoration. Citons quelques-uns des réalisateurs les plus connus et les plus influents du groupe à ses débuts: Alexandre Cingria, Maurice Denis, Marcel Poncet, Casimir Reymond, Gino Severini, Adolphe Guyonnet. Il est intéressant de relever le caractère collectif de ces chantiers. «Saint-Paul annonça quel rôle l'art sacré, en rétablissant la coopération des artistes et la convergence des oeuvres en vue d'un ensemble inspiré lui-même par une idée et par une foi, est appelé à jouer au milieu de cette anarchie individualiste qui, depuis plus d'un siècle, avait atomisé l'art comme la société».
Quatre vitraux d'Yves Voirol pour la collégiale Saint-Germain de Moutier
JEAN-PIERRE GIROD
Posés au début des années soixante, quelques années après la réfection totale de la collégiale Saint-Germain qui retrouvait son style roman d'origine, les vitraux que Coghuf créa pour le choeur ne sont désormais plus seuls. Le 16 novembre, quatre nouvelles oeuvres de verre, imaginées par Yves Voirol, étaient mises en place de chaque côté de la porte principale, sur la façade ouest du bâtiment, et au-dessus des portes latérales, dans les rosaces nord et sud. Il y a plus de vingt ans que de nombreux membres de la Paroisse réformée attendaient ce moment.
En 1956, la Paroisse décidait de rénover entièrement la collégiale, reconstruite vers 1850 en style composite sur les bases romanes originelles du XIe siècle. L'architecte prévôtois Charles Kleiber retrouva les anciens vestiges sur lesquels on avait rebâti l'église, et le 2 décembre 1960, les paroissiens inauguraient un bâtiment transfiguré, renouant avec son passé roman. Une année plus tard, sous l'impulsion de Max Robert, la paroisse sollicitait le peintre Coghuf pour dessiner les cartons de vitraux qui allaient orner le choeur de leur sombre éclat. Des oeuvres magnifiques qui, comme les vitraux créés par Manessier pour l'église catholique, invitent régulièrement amateurs d'art et spécialistes à faire un détour par Moutier.
Après Coghuf
A l'époque, la Paroisse envisageait de placer d'autres vitraux dans la vaste église, et Coghuf en avait réalisé les ébauches. Son décès, en 1976, mit fin au projet. L'idée de compléter ce cycle d'oeuvres fut mise en veilleuse, mais un important fonds subsistait, qui a régulièrement ravivé la mémoire de certains paroissiens.
Finalement, la Paroisse de Moutier s'est tournée vers Yves Voirol. Ce choix ne doit rien au hasard. Pour avoir été l'élève, le disciple et l'ami de Coghuf, Voirol avait suivi de près l'élaboration des vitraux du choeur et avait même assisté, à Saint-Gall, à leur mise en forme par un verrier. Le peintre franc-montagnard, partageant aujourd'hui son temps entre Lajoux et Berlin, a lui-même abordé cette technique depuis de nombreuses années. On lui doit les vitraux de la chapelle du Peuchapatte et ceux de la piscine couverte de Bévilard.
Un souffle fluide
Yves Voirol ne s'est pas inspiré des avant-projets du maître de Muriaux, mais il a conservé les thèmes que Coghuf entendait illustrer: l'Esprit de Dieu plan sur les eaux; l'apparition de la nouvelle Jérusalem; le Christ prend congé de ses disciples après la Cène; la Pentecôte.
Pour la réalisation de son projet, l'artiste franc-montagnard s'est adressé au verrier allemand Karl Isele, de Fribourg en Brisgau, avec qui il avait déjà travaillé pour les vitraux de la piscine de Bévilard. Il a étroitement collaboré avec les artisans à la réalisation de l'oeuvre. Le résultat touche par la force simple d'un langage qui passe du murmure à l'éclat, de l'allégresse à la profondeur.
Restauration des vitraux de l'église de Tramelan
JEAN-FRANÇOIS PERRENOUD
Lorsque les responsables de la paroisse de Tramelan décident, dans les années cinquante, de transformer l'église, ils suivent la tendance générale de leur temps: foin des témoins du passé, il faut moderniser. A la même époque, on ne s'embarrasse pas trop de scrupules pour «embellir» certains quartiers des villes suisses, vieilles villes comprises. Le béton et le verre sont rois, les architectes se font démolisseurs.
L'esprit moderniste ne tient pas qu'à la volonté de balayer le passé; dans les constructions d'églises, on s'appuie aussi sur la conception toute récente d'oecuménisme. Bien des protestants croient que l'unité des Chrétiens passe par des modifications liturgiques et une disposition interne des églises plus proche de la tradition catholique. On voit réapparaître ici un choeur, là un autel, et on abandonne la tradition architecturale huguenote.
En effet, depuis la seconde moitié du XVIIIe siècle, on s'était inspiré dans nos régions des plans de Salomon de Brosse pour le second temple de Charenton, à Paris, construit en 1621 et détruit lors de la révocation de l'Edit de Nantes (17 octobre 1685). L'église, au lieu d'être orientée dans le sens de la longueur, avait une disposition intérieure transversale se démarquant clairement des formes architecturales catholiques. Dans un espace réduit étaient placés le plus grand nombre possible de gens, de manière à pouvoir bien entendre l'orateur et suivre l'action liturgique. La conception huguenote inspirait une sorte de «théâtre de prédication», où la communauté était regroupée autour du prêtre. Parois et galeries étaient en bois, assurant une meilleure isolation contre le froid pour les paroissiens astreints à rester en place durant plus d'une heure au moins. Les églises du Locle, de la Brévine, de Dombresson ou de Sornetan, offrent encore cette disposition huguenote classique.
Après l'incendie qui avait détruit l'église de Tramelan dans la nuit du 10 au 11 juillet 1839, on avait reconstruit un bâtiment selon la conception traditionnelle. La chaire était entourée de l'assemblée, disposée sur des bancs formant un fer à cheval. Les femmes d'un côté, les hommes de l'autre, bien sûr.
Au cours des années 1890, le village connaissant une immense prospérité, on décide d'embellir le bâtiment en le dotant de peintures et de fenêtres colorées. Malgré l'avis du peintre Paul Robert qui écrivait le 20 février 1897 au pasteur Chopard... «Aussi suis-je excessivement peu enclin à encourager tout remaniement d'architecture ou de décoration qui serait à la merci de cette gente (sic) sotte et dévoyée qui se croit tout permis pour détruire et bien supérieure aux humbles artisans des siècles passés pour inventer», parlant du faux et du clinquant de ses contemporains, on décide de revêtir le simple bois de peinture en faux marbre, les murs et le plafond de motifs et de textes dans le goût du temps. Au plafond, un oeil, obstinément fixé sur les fidèles, et entouré d'un triangle un peu maçonnique, accompagnera désormais les souvenirs de générations de catéchumènes.
En bref
FRANCIS STEULET
Eglise de Perles: découverte de deux anciens vitraux

Deux vitraux de valeur ont été retrouvés par hasard dans le grenier de l'église de Perles (Pieterlen), au pied du Jura, par un amateur d'histoire régionale de la localité. Datés de 1859, réalisés par le maître verrier zurichois Johann Röttinger, ils ont été conçus sur la base de gravures sur bois du graveur Albrecht Dürer, de Nuremberg. Ils ont pour thème la naissance du Christ et la crucifixion.
Il se révèle que ces vitraux comptent
parmi les oeuvres les plus significatives de l'art du vitrail en Suisse du XIXe L'un des deux précieux vitraux retrouvés dans siècle. le grenier de l'église de Perles.
Sur proposition, et avec l'appui du Service des monuments historiques du canton de Berne, ces deux vitraux, parmi les plus grands du canton de Berne, seront restaurés et remis à leur emplacement initial; ils permettront ainsi de conserver deux joyaux de notre patrimoine.
Moutier: Exposition itinérante du 700e anniversaire de la Confédération
Au début de décembre 2000, la cité de Moutier a accueilli l'exposition «La Bible en Suisse, origines et histoire». Conçue et réalisée par la Société biblique suisse, cette exposition remarquable s'articulait en quatre thèmes: le Moyen Age, la Réformation, le XIXe siècle et le XXe siècle.
Ce fut l'occasion de découvrir des textes en diverses langues, enrichis par de nombreuses illustrations, des documents de valeur, ainsi que des renseignements passionnants qui constituaient le concept général de l'exposition. Cette rétrospective évoqua la production artisanale des Bibles dans les couvents, puis l'invention du caractère mobile par Gutenberg, qui révolutionna l'imprimerie. Rappelons qu'en Suisse, la première Bible fut imprimée à Bâle avant 1470. Quant à la première Bible en langue française, elle fut réalisée à Neuchâtel en 1535.
Le thème des traductions interconfessionnelles a également été abordé, avec la présentation d'une traduction oecuménique de la Bible, due à l'initiative d'un groupe de chercheurs réunissant des catholiques et des protestants.
L'art sacré dans nos régions
REPRODUCTION AIMABLEMENT AUTORISÉE PAR L'ASSOCIATION PRO JURA ET LE SERVICE DES MONUMENTS HISTORIQUES DU CANTON DE BERNE


ALLE Vitraux de Bréchet, XXe siècle
BASSECOURT Chapelle Saint-Hubert, menhir
BELLELAY Ancien couvent des Prémontrés, XVIIIe siècle; église abbatiale, XVIIIe siècle, importantes décorations en stuc du début du XVIIIe siècle
BERLINCOURT Chapelle de J. Bueche, XXe siècle; vitraux d'Estève, XXe siècle
BEURNEVÉSIN Eglise Saint-Jacques, XVe siècle; vitraux de Stocker, XXe siècle
BÉVILARD Temple, XVIIIe siècle; orgues, XVIIIe siècle
BIENNE Temple allemand, cycle de vitraux datant de la fin du Moyen Age Eglise catholique chrétienne, vitraux de K. Wehrli et de M. Richterich, XXe siècle
Eglise réformée française, vitraux de Ch. Clément, XXe siècle Eglise catholique romaine Ste-Marie, architecture expressionniste du début du XXe siècle
Bienne-Mâche: église réformée Saint-Etienne, vitraux armoriés de 1688
Bienne-Mâche: église catholique, sculptures d'A. Huber
BONCOURT Autel des frères Breton, XVIIIe siècle
BONFOL Eglise, vitraux de Monnier, XXe siècle
BOURRIGNON Eglise Saint-Sébastien, XVIIIe siècle; statues du XVIe et du XVIIe siècles
LES BREULEUX Orgues
BUIX Vitraux de Lapaire, XXe siècle
BURE Autel et chaire des frères Breton, XVIIIe siècle
CHAINDON Temple Saint-Léonard, Xe siècle; vitraux et fresques de Ph. Robert, XXe siècle
CHARMOILLE Vitraux de Bréchet, XXe siècle
CHÂTILLON Chapelle, tableaux de Tavannes, XVIIIe siècle; vitraux de E. Voirol, XXe siècle
CoeUVE Eglise Saint-Jean, XIIIe et XIVe siècles; vitraux de E. Voirol, XXe siècle

CORBAN Eglise Saint-Blaise, XVIIe siècle
«Vie et mort de l'image médiévale»
CÉCILE DUPEUX, PETER JEZLER, JEAN WIRTH
Exposition présentée par le Musée d'histoire de Berne

Un ensemble de sculptures découvertes à Berne.

Jusqu'au 16 avril prochain, le Musée d'histoire de Berne présente une exposition hors du commun sur la période de la Réforme et plus particulièrement sur la destruction de trésors de l'art religieux.
Dans les années 1520, alors que la Réforme divisait l'Eglise occidentale, les grands chefs réformateurs ne se soucièrent que peu de l'utilisation ou non des images. La réaction fut toute autre dans la population, pour qui la description des effigies constituait une question fondamentale. Une église vidée représentait le signe irréductible de la Réforme et d'un mode de vie différent. L'iconoclasme fut considéré comme le symbole d'une déclaration d'indépendance vis-à-vis de Rome et pour les réformés l'affirmation d'une nouvelle alliance.
La destruction des images et statues d'église fut considérée par les anciens fidèles comme un sacrilège, alors que pour les réformateurs cela représentait un acte plaisant à Dieu, l'idée étant de détruire toute tendance à l'idolâtrie. Au XIXe siècle cependant, l'art gagna à nouveau en sacralité, son influence dans l'importance religieuse fut telle que l'on considéra l'iconoclasme comme un acte barbare.
Les recherches sur la Réformation influencées par le protestantisme ont ignoré ce thème, tout comme les autres études scientifiques abordant ce sujet. Il faut attendre les années 1960 pour que des études soient reprises avec intensité et sous un angle groupant l'histoire de l'Eglise, de l'art, ainsi que celle du social et des mentalités.
Il n'est pas étonnant qu'après plus de trois décennies de travaux scientifiques, l'idée soit venue à plusieurs endroits de présenter pour la première fois une exposition sur ce thème fascinant. La découverte sensationnelle faite à Berne, en 1986 d'un ensemble de sculptures enfouies en 1528 dans une couche de déblais, fut pour le Musée d'histoire de Berne le déclic. Et pour le Musée de l'oeuvre de Notre-Dame de Strasbourg, ce fut le projet Interregio «Vers 1500 - Changement d'époque dans le Haut-Rhin» qui fut déterminant. Réunir les efforts et ressources pour présenter ensemble un projet important, c'était une occasion à ne pas manquer.
Mais une exposition sur l'iconoclasme est-elle possible? Les oeuvres d'art ne sont plus à disposition et comme dans les villes de Strasbourg et de Berne qui ont subi l'iconoclasme, il n'existe qu'une quantité restreinte d'oeuvres d'art pouvant illustrer la situation avant la Réforme. Que devait-on montrer? Il s'avéra rapidement possible de grouper les collections des deux musées participants pour montrer les objets illustrant l'histoire de l'iconoclasme. Par des prêts généreux d'autres institutions, il a été possible de compléter les objets manquants.
Notices biographiques
JEAN-PIERRE Girod
Né en 1948 à Reconvilier. Journaliste, il a travaillé à Bienne, avant de s'établir à Moutier en 1974, où il écrit pour le Quotidien jurassien, de Delémont. Il y est chargé de l'actualité de la Prévôté et du Jura bernois, tout en consacrant une partie de son temps à la chronique artistique.

Jean-François Perrenoud
Né à Bienne; scolarité et études gymnasiales à Bienne; brevet d'enseignement secondaire obtenu en 1965, enseigne depuis cette date à l'Ecole secondaire de Tramelan.

Anne Schild
Née en 1969 à Lausanne.
Vice-présidente du Club jurassien des Arts, elle achève des études de Lettres à l'Université de Neuchâtel (histoire de l'art - anglais - histoire). Elle prépare un mémoire de licence de l'art sur les bâtiments publics de Porrentruy de Pierre-François Paris.
On lui doit plusieurs recherches, dont une étude sur la dynastie neuchâteloise des peintres Robert (IXe et XXe siècles), et une participation au catalogue du Musée des Beaux-Arts de La Chaux-de-Fonds. En 1999, elle a contribué à la réalisation de la monographie du peintre Joseph Lachat.
Elle travaille au Musée jurassien des Arts de Moutier en tant que conservatrice-assistante.
Commission francophone chargée des affaires culturelles générales (Canton de Berne)
La Commission francophone chargée des affaires culturelles générales (Canton de Berne) ouvre un
concours de projets

en vue de susciter la création et de favoriser la réalisation d'un projet culturel intéressant le Jura bernois et/ou Bienne romande.
Par projet culturel, la Commission entend toute réalisation sans but lucratif s'inscrivant dans la durée et appartenant au domaine de la culture*. *Le terme est pris dans son sens large
Le concours exclut le soutien et l'aide financière à la création d'une oeuvre (ouvrage, composition musicale, spectacle théâtral, sculpture, etc.) qui sont du ressort des commissions spécialisées et de l'Office de la culture.

Conditions du concours
1. Le projet doit concerner le Jura bernois et/ou Bienne et enrichir la vie culturelle francophone. Le projet doit être nouveau
2. Le projet peut être le fruit d'un travail individuel ou être porté par un organisme à créer ou déjà existant
3. La forme de présentation du projet est libre
4. Le projet doit être clairement identifié: le nom et l'adresse du ou des porteurs du projet figurent dans le dossier
5. La langue du projet est le français
6. Le dossier du projet doit contenir
- une description détaillée du projet (nature du projet, objectifs, publics visées, nature et qualité des prestations, intérêt pour la vie culturelle francophone régionale et pour la promotion de l'image de la région)
- une présentation des effets culturels attendus à moyen et long termes
- un planning de réalisation
- un budget de réalisation et les modes de financement prévus pour la réalisation
- un budget de fonctionnement comprenant toutes les charges annuelles et les prévisions de produits, ainsi que le mode du financement de l'exploitation
- un dossier marketing visant à promouvoir publiquement le projet

Délai de remise des projets: 30 avril 2001.
Formats numériques disponibles pour cette revue:

 

 
     
     
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