REVUE N° 57
L’affiche dans le Jura
     
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  • Sommaire
Préface
FRANCIS STEULET Naissance, évolution et rôle de l'affiche
FRANCIS STEULET Coup d'oeil sur les débuts de l'affiche suisse
ROLAND STÄHLI «Coup de théâtre durant la mob! » ou l'histoire de l'affiche des «grandes manoeuvres» du bat 222
JEANNINE JACQUAT L'affiche dans le Jura
ANNE BEUCHAT, CATHERINE KRÜTTLI, DOMINIQUE QUADRONI Mémoire d'Erguël
Une tâche ardue: la recherche et le choix des affiches
Liste des affiches reproduites
Brève biographie des affichistes présentés
FRANCIS STEULET Les tableaux scolaires suisses
Remerciements
©Intervalles
N° 57  L’affiche dans le Jura
Titre
Auteur
texte
Préface
Le langage de l'affiche a su, depuis toujours, faire miroiter de manière particulière les différentes facettes, les aspects variés de la vie d'une région.
Le panneau publicitaire se prête à toutes les fantaisies, diffuse tous les appels, se fait l'écho de tous les discours. En proposant une manifestation, une exposition ou une entreprise, il présente à la fois le reflet de la vie d'une société et la liberté offerte à l'affichiste dans la création artistique.
L'être humain d'aujourd'hui aime à renouer avec les liens qui lui rappellent son passé. En faire redécouvrir quelques-uns est le but du présent numéro de la revue Intervalles. Les responsables du numéro n'ont pas cherché à mettre l'accent sur «le bon vieux temps», mais ont tenté de retrouver quelques témoins de la vie régionale. Car les Jurassiens, comme tant d'autres d'ailleurs, sont aujourd'hui très curieux de fouiller leur histoire et d'aller à la recherche de tout ce qui leur a été légué. La contemplation de ces affiches, datant pour la plupart de la première moitié du vingtième siècle, devrait permettre de mieux comprendre la vie, les industries, les activités, les loisirs de la population de l'époque.
Faire connaître les créations d'affichistes provenant en grande partie de l'arc jurassien, qui par leur talent et leur sens créatif ont su présenter les particularités de nos régions, donne la possibilité d'effectuer une incursion dans les annales de l'affiche jurassienne, sans suivre un fil conducteur particulier. L'accent a toutefois été mis sur les thèmes tourisme, industrie, horlogerie et sports. Le thème de l'affiche politique et sociale, traité abondamment par d'autres éditeurs, a été volontairement abandonné.
Intervalles convie donc ses lecteurs à une exploration inédite du patrimoine culturel de nos régions.
Naissance, évolution et rôle de l'affiche
FRANCIS STEULET
Un sociologue averti a écrit très justement: Les affiches et les arguments qu'elles présentent sont des filets destinés à capturer l'homme et ses envies.
La première affiche, en tant qu'objet de série, est due à l'Anglais William Caxton; conçue en 1477, elle vantait les propriétés des eaux thermales de Salisbury. Composée exclusivement en caractères d'imprimerie, elle resta le prototype de l'affiche courante jusqu'au 19e siècle.
Les deux grandes mutations qui ont marqué notre civilisation, «de la plume d'oie à la gravure sur bois», puis la découverte du caractère d'imprimerie mobile par Gutenberg, ont conduit à la création de nouvelles voies dans la diffusion de l'information. Elles ont permis successivement de cerner les goûts des individus et de déterminer l'authenticité de la mentalité et du mode de vie de la population. Les premières affiches sont empreintes d'une volonté évidente de création figurative, puis au fil des améliorations des techniques de reproduction, de recherche de couleurs, de nouvelles formes et d'un nouveau graphisme.
La réclame du 19e siècle, qui devient propagande, puis publicité au 20e siècle, sert d'emblée de propulseur et de catalyseur à l'affiche. Le théâtre, les cafés-concerts, les revues et les casinos fleurissent à la Belle Epoque. Les panonceaux cèdent petit à petit leur place aux affiches multicolores à but culturel, qui envahissent les façades et invitent le public à venir s'amuser, en lui indiquant le lieu et l'heure des représentations. Le rôle de la publicité est donc là: informer, éveiller, faire naître des envies. Ces anciennes affiches, contrairement aux moyens d'expression créés dans les temps actuels par des spécialistes de ce qu'on nomme aujourd'hui la communication, avaient un autre pouvoir de séduction et de suggestion. Elles ont acquis la faculté de demeurer vivaces dans notre mémoire.
L'utilisation de la lithographie, inventée à Münich en 1796 par Aloys Senefelder, puis la chromolithographie mise au point par l'éditeur mulhousien Gabriel Engelmann, permettent d'obtenir des tirages en plusieurs couleurs par impressions successives des tons. Ces techniques ouvrent de nouvelles voies jusqu'ici inexplorées. L'art de l'affiche doit avant tout son existence aux peintres. Beaucoup d'artistes de la fin du 19e siècle réalisèrent de remarquables gravures. Citons quelques célébrités de l'époque: Faivre, Prouvé, Forain, et les Suisses Grasset et Steinlen, Poulbot, Jules Chéret (plus de mille affiches produites!), Bonnard, de Feurre, Toulouse-Lautrec, Jacques Villon et Alphonse Mucha.
Coup d'oeil sur les débuts de l'affiche suisse
FRANCIS STEULET
Jusqu'à la fin du 19e siècle, c'est à Paris que les jeunes artistes suisses vont se perfectionner et chercher la notoriété. Grasset vient de Lausanne s'installer à Paris en 1871. Steinlen le rejoint dix ans après. Il devient, avec Toulouse-Lautrec, le plus grand affichiste montmartrois. C'est à Paris que Valloton réalise ses meilleures gravures sur bois. Pendant cette période, rien de notable n'est à relever dans la production d'affiches en Suisse.
On retiendra toutefois le Bâlois Sandreuter, disciple de Böcklin, qui, à partir de 1890, produit des oeuvres peintes reproduites en lithographie.
C'est Ferdinand Hodler qui bouleverse les conceptions traditionnelles, en réalisant les affiches de ses propres expositions. En 1897, il obtient le premier prix du concours organisé pour la décoration du Musée national suisse de Zürich. Sa consécration, lors de l'exposition de Vienne en 1904, favorise ensuite l'évolution dans la manière de ressentir la nouvelle peinture; ce succès donne une nouvelle impulsion à l'affiche suisse. La technique dynamique de Hodler, alliée à sa rigueur stylisée et à la monumentalité de ses personnages, influen-cèrent les jeunes peintres suisse qui allaient créer l'affiche moderne en Suisse.
Cette évolution des artistes de l'affiche se manifesta d'abord par la création de monos, ces cartes illustrées que les magasins et les entreprises distribuaient aux clients. Ils étaient conçus par de jeunes peintres tels que Cardinaux, Gilsi, Hardmeyer, Hohlwein, Mangold, Moss et Stiefel, des noms que l'on retrouva tous par la suite aux origines de l'affiche suisse. L'inventeur de ce nouveau support publicitaire, en 1905, fut Karl Bührer (1861-1917). En 1908, par exemple, les CFF éditèrent plus d'un million de cartes de paysages suisses, vus par des artistes.
L'un des premiers artistes helvétiques à saisir les vastes possibilités qu'offrait l'affiche fut Emile Cardinaux. Depuis 1900, ce peintre bernois exposait ses paysages dans diverses galeries. Après une formation à Paris, il participa à un concours d'affiches organisé par les CFF. Il obtint un prix d'honneur pour ce premier projet. Il bénéficia ensuite de commandes de l'économie privée et de divers offices de tourisme, en réalisant plus de 130 affiches en couleurs de 1900 à 1939.
Il nous semble logique d'inclure dans ce chapitre deux affichistes étrangers de renom, dont les créations dans le domaine de l'affiche contribuèrent à faire connaître notre pays. Tout d'abord Hugo d'Alési, né en Roumanie en 1849, qui vint s'établir à Paris dès 1876, et séjourna occasionnellement en Suisse par la suite. Il conçut de nombreuses affiches pour les compagnies de chemins de fer françaises et suisses, ainsi que pour l'industrie touristique. Quant à Anton Reckziegel, né en Bohème en 1865, il vint se fixer en Suisse en 1895. Peintre et lithographe renommé, il trouva chez nous la consécration de son talent. Il réalisa, au début du 20e siècle, un nombre impressionnant d'affiches présentant les principaux centres touristiques suisses de l'époque, ainsi que diverses manifestations sportives.
Dès 1910, les artistes prénommés, accompagnés de Mangold et Baumberger, contribuèrent largement à donner un nouveau genre à l'affiche suisse. Mais dès les années trente, l'utilisation de la photographie créa un style différent, dont les précurseurs furent notamment Herbert Matter, puis Max Bill. Il faut relever le rôle de l'Ecole des Arts appliqués de Zürich, qui forma de nombreux artistes méritants.
«Coup de théâtre durant la mob! » ou l'histoire de l'affiche des «grandes manoeuvres» du bat 222
ROLAND STÄHLI
Le 28 août 1939, les troupes jurassiennes (brigades frontières 2 et 3) sont mobilisées.
Au fil des semaines, pour lutter contre la monotonie engendrée par ces longues périodes passées sous les drapeaux, et contribuer à maintenir le moral des troupes, des soldats artistes et écrivains réagissent et prennent l'initiative de publier des journaux de bataillons. D'autre part, le fusilier Roland Stähli, de Tramelan, contacte le colonel du régiment et prend l'initiative de créer une troupe théâtrale et artistique.
Ces traces d'une activité annexe apportent à l'histoire un éclairage insolite, à mi-chemin entre le livre de bord et la publicité. Nul autre que l'initiateur de cette réalisation n'est à mieux de les rappeler. Nous lui donnons la parole en reproduisant l'affiche des mémorables Grandes soirées littéraires et musicales ainsi que deux pages de titre (et panonceaux publicitaires) du Sac à pain, témoins d'une époque troublée.

Gamelle et Sac à Pain

Durant les semaines de septembre 1939, au cours desquelles nous perdîmes nos illusions de voir les Alliés entrer à Berlin avant l'hiver «pour couper la moustache à Hitler», comme nous l'avait annoncé un adjudant français, et «d'être tous démobilisés pour «passer un Noël de paix à la maison», je faisais partie d'une patrouille dite de chasse et de renseignement. Ce petit groupe en gris-vert circulait dans un secteur allant du Noirmont à La Goule et du Theusseret à Roc Montès, avec la mission d'observer ce qui se passait de l'autre côté de la frontière, puis de faire un rapport deux ou trois fois par jour au bureau de compagnie.
Alors que nos camarades abattaient des arbres, creusaient des fossés, montaient des barricades et construisaient des fortins de campagne, nous notions quelques rares mouvements de troupes entre Charmauvillers et Damprichard, ainsi que des travaux de fortification sans la même région, exécutés par des territoriaux qui semblaient préférer les bains de soleil à la défense de la République. Il est vrai que nous pensions, les uns et les autres, qu'un conflit armé entre la France et la Suisse n'était pas possible... Et je me demandais si je n'avais pas mieux à faire que de patrouiller le long du Doubs...
C'est alors que je résolus de proposer au commandant du rgt 43 d'éditer une «Revue du Soldat» et de créer une troupe théâtrale et artistique avec des camarades de service. J'écrivis donc dans ce sens au colonel Villeneuve le 2 octobre 1939. Une semaine plus tard, je fus avisé que cette initiative était appréciée, mais qu'il fallait présenter des propositions plus précises. Ce qui fut fait le 13 octobre par un rapport traitant de la création d'une troupe théâtrale et d'un orchestre, le 16 par un autre rapport concernant la publication d'un journal ou d'une revue des mobilisés.
Après l'envoi des questionnaires dans toutes les compagnies et tous les postes du régiment, puis l'examen des nombreuses réponses reçues, je fus en mesure de présenter les propositions suivantes.
1. Constitution d'une troupe théâtrale et artistique qui, sous le nom de «Compagnons de la Gamelle», rassemblerait une douzaine de musiciens, un chanteur soliste, cinq acteurs et un machiniste dont les noms suivaient.
L'affiche dans le Jura
JEANNINE JACQUAT
L'histoire de l'affiche et de l'affichage dans le Jura remonte au temps des princes-évêques. Les premiers placards diffusés sont des ordonnances, décrets, chartes et autres mandements collés au poteau public. Ces documents, manuscrits ou imprimés étaient communiqués également par messagerie. Selon les avis, le crieur officiait aux quatre coins de l'ancien Evêché de Bâle pour informer la population. Ces premières annonces n'étaient évidemment pas illustrées.
Du temps des Troubles dans l'Evêché et pendant la Révolution française, de nombreux avis ont été placardés dans les rues et dans les établissements publics. Ils préfigurent l'affiche d'aujourd'hui.
Les premières affiches commerciales voient le jour au milieu du XVIIIe siècle grâce au tourisme. Les aubergistes, hôteliers et restaurateurs font graver les annonces illustrées pour leur clientèle souvent très aisée. Celle-ci vient en Suisse pour admirer les Alpes et emprunte la très romantique route de Bâle à Bienne. Ce «voyage» est souvent illustré, commenté et décrit par de célèbres voyageurs et dessinateurs. Ces publicités sont fréquemment coloriées à la main. Il faut attendre la fin du XIXe siècle pour voir l'essor de l'affiche industrielle et commerciale.


Premiers affichistes-publicistes

Le précurseur

L'artiste Joseph-Marie Husson (1864, Porrentruy - 1910, Bressaucourt) doit être considéré comme le précurseur des publicistes dans le Jura. Engagé par la célèbre marque de chocolat Suchard, c'est lui qui, le premier, dessina le chien Saint-Bernard qui fit la renommée de la marque. Cette publicité imprimée en couleurs sur les tablettes de chocolat a été diffusée à des millions d'exemplaires; elle est célèbre dans le monde entier. Ce motif sera souvent repris par d'autres dessinateurs qui réutiliseront l'image du Saint-Bernard, symbole de courage, de fidélité et de ténacité. L'idée de représenter un Saint-Bernard est venue tout naturellement à Joseph-Marie Husson, puis-qu'il possédait un tel chien. Joseph-Marie Husson a dessiné de nombreuses publicités pour la fabrique Suchard, notamment pour la grande Foire de Paris en 1900. Sur des lithographies, des plaques émaillées et même sur les camionnettes de livraison, ses publicités vantent les spécialités Velma, Milka et Noisettine.


Les artistes-affichistes

Armand Schwarz (1881, Delémont - 1958, Delémont) a le sens de la mise en page et un grand talent de coloriste. Peintre plutôt que publiciste, il suit les cours de l'Ecole des Beaux-Arts à Berne et l'Académie des Beaux-Arts à Munich. Il est le dessinateur des grandes foires au bétail et des grands marchés-concours jurassiens de bétail bovin. C'est à lui que l'on doit l'affiche de la première Exposition jurassienne de peinture - sculpture - gravure, qui a lieu en août 1922 à Delémont. Il est un des rares à s'être adonné à l'affiche politique, notamment pour les élections au Conseil national du 29 octobre 1922, intitulée «Ordre travail solidarité / Fédération libérale-populaire jurassienne».
Willi Nicolet (1901, Schaffhouse - 1942) est peintre et maître de dessin. Il se perfectionne à l'Ecole nationale des Beaux-Arts à Paris. Willi Nicolet exécute des projets en vue de la réalisation d'affiches, notamment pour des associations sportives ou culturelles. En 1930, il crée le dessin de l'affiche pour le «3e Tir jurassien» qui a lieu à Porrentruy le 2, 3, 4, 9 et 11 août. Au premier plan, un tireur en bras de chemise vise le spectateur. Agenouillé devant un fond de cercles de couleurs, il est surmonté d'une vue du château de Porrentruy. Construite sur trois plans superposés, l'affiche de Nicolet encense les valeurs de la défense de la patrie et des tirs obligatoires.
Mémoire d'Erguël
ANNE BEUCHAT, CATHERINE KRÜTTLI, DOMINIQUE QUADRONI
Légendes

Il est dit qu'il n'existe de lieux, ni de gens sans histoire.
Royaume de la plaquette glacée et de la brochure de circonstance, privée depuis longtemps de tout effort de synthèse, l'historiographie erguëlienne se contente d'une série de monographies locales. Pire, alors que crise horlogère et conflit jurassien abandonnent le Vallon à son vide identitaire, les matériaux de son histoire moderne, et plus généralement de sa culture, sont souvent tenus pour inintéressants, voire dangereux; ils disparaissent alors, détruits, éparpillés, égarés au gré des institutions, des greniers ou des classements approximatifs, inutilisables puisque jugés inutiles.
Dans une contrée assourdie par l'écho des sirènes des fabriques d'horlogerie, la vie politique des ouvriers se fige alors dans un quasi mythique épisode anarchiste, la vie ouvrière s'identifie au lustre de l'entreprise elle-même, quant à la vie tout court... Pour la débusquer, l'envisager avant, mais aussi après et ailleurs, il convient de combler plus qu'un vide historiographique: un gigantesque trou de mémoire.
Maurice Born accumule depuis longtemps paroles et écrits lorsqu'un coup de téléphone lui accorde deux jours pour récupérer quatre caisses contenant les archives de l'ancienne section Erguël de l'Emulation jurassienne.
Le 18 décembre 1989, avec l'appui de Walter Wenger, délégué aux affaires culturelles du canton de Berne, Maurice Born, Jean-Pierre Bessire et Alain Loetscher constituent une fondation1 destinée à prendre en charge le matériel déjà réuni, définir des axes de recherche et offrir un lieu de consultation: Mémoire d'Erguël.


Conserver - Classer - Communiquer

Le corpus de documents initial, principalement composé du fonds de la section Erguël de la SJE, du fonds régional Maurice Born et du fonds du Cercle ouvrier, s'est, depuis, constamment enrichi: archives de sociétés ou d'associations (FTMH, Château d'Erguël, Parc jurassien de la Combe Grède), fonds privés et documentation: brochures, articles de journaux, photographies, affiches, plans.
La bibliothèque, pour l'essentiel consacré à l'histoire et ses disciplines connexes, à la littérature et aux beaux-arts, recense naturellement un nombre important d'ouvrages et de revues relatifs à la région ou en émanant; c'est notamment le cas du Fonds Sud de la Société jurassienne d'Emulation, comprenant près de 800 volumes. Un ensemble d'usuels - ouvrages de référence en histoire jurassienne et suisse, bibliographies, dictionnaires, séries tels les Documents diplomatiques suisses - élargissent le propos et traduisent notre refus de nous confiner dans un régionalisme étroit.
Une tâche ardue: la recherche et le choix des affiches
Retrouver, choisir, sélectionner, proposer les oeuvres de créateurs, graphistes, peintres ayant représenté par l'affiche des thèmes, manifestations ou industries jurassiennes et biennoises, a posé bien sûr un problème particulier. Des centaines de manifestations en tous genres, d'entreprises diverses, ont été présentées par l'affiche au fil des ans. Un travail de recherche, effectué par la visite d'expositions et de musées, s'est révélé indispensable. Il a ainsi été possible de retrouver de nombreux témoins, parfois oubliés, de la vie de nos régions.
Il n'a pas été tenu compte de l'ordre chronologique des sujets et des thèmes. Malgré un choix que l'on pourra qualifier d'arbitraire - les auteurs du numéro en assument la responsabilité - l'accent a été avant tout mis sur le choix d'affiches présentant diverses activités régionales.
Un équilibre géographique a été recherché, tout en essayant de présenter plus largement le tourisme et les diverses industries qui ont fait le renom de notre coin de terre. On retrouvera par l'affiche plusieurs entreprises, largement connues hors de nos frontières entre les deux guerres, aujourd'hui maheureusement disparues. On découvrira quelques facettes du panneau publicitaire régional, véritable creuset de nombreuses formes remarquables de graphisme, en admirant le langage pictural varié. Il faut relever que les auteurs de plusieurs compositions intéressantes n'ont pu être retrouvés. En outre, les originaux de certaines affiches ne sont parfois pas d'une qualité impeccable, mais nous avons estimé judicieux de les reproduire malgré tout.
Finalement, en présentant nonante anciennes affiches, Intervalles convie ses lecteurs à redécouvrir l'un des nombreux chapitres de l'histoire jurassienne et biennoise, vu sous l'angle publicitaire.
Les responsables du numéro
Liste des affiches reproduites
1. Vie artistique

1. Exposition jurassienne de peinture et de sculpture - Delémont, 1922
2. Exposition Albert Schnyder - Zurich, 1950
3. Centenaire du Corps de musique de Saint-Imier, 1956
4. Exposition Coghuf - Bâle, 1959
5. Exposition Herbert Theurillat - Saint-Imier, 1996
6. Grock - 1933
7. Exposition Laurent Boillat - Porrentruy, 1979
8. Fête cantonale bernoise de musique - Saint-Imier, 1929
9. 1er Salon jurassien des Beaux-Arts - Tramelan, 1934
10. Exposition Adrien Holy - Zurich, 1949


2. Tourisme et transports

11. Bienne-Suisse - 1930
12. Le Jura bernois, pays des sports d'hiver - 1939
13. L'été dans le Jura - 1920
14. Sports d'hiver, Jura bernois - 1920
15. Mont-Soleil - 1939
16. Combe Grède/Chasseral - 1965
17. Mont-Soleil - 1946
18. La Neuveville, Fête des vendanges 1931
19. Visitez le beau Jura - 1948
20. Ligne ferroviaire du Jura suisse - 1895
21. Ligne électrifiée du Jura suisse - 1935
22. Wagon-restaurant - 1955
23. Lac de Bienne - Montagne de Diesse - 1930
24. Saint-Imier - Mont-Soleil - 1923
25. Automobiles La Neuveville - Chasseral - 1936


3. Industrie

26. Cycles Jurassia, Bassecourt - 1930
27. Cycles et motocycles Condor, Courfaivre - 1938
28. Pignons Léo Charpilloz, Malleray - 1942
29. Lamineries Ed. Mathey, La Neuveville - 1942
30. Tours automatiques Tornos, Moutier - 1930
31. Machines automatiques Bechler, Moutier - 1933
32. Fabrique de machines Petermann, Moutier - 1945
33. Fabrique de machines Petermann, Moutier - 1942
Brève biographie des affichistes présentés
Nous présentons (par ordre alphabétique) une courte biographie - parfois limitée en raison de la difficulté de recherche des sources - des peintres, graphistes ou créateurs, dont les réalisations sont reproduites dans les pages suivantes. Dans certains cas, aucun renseignement n'a pu malheureusement être retrouvé. (Les chiffres entre parenthèses indiquent le numéro de l'affiche reproduite.)

Hugo F. d'Alési
Né en 1849 en Roumanie. S'établit à Paris en 1876. Peintre et lithographe de talent. Réalise de nombreuses affiches touristiques pour diverses compagnies de chemins de fer, en France et en Suisse, telles que lignes du Léman, ligne du Jura suisse, ligne de la vallée du Rhône. (20)
Henri Aragon
Né en 1909 à Vevey. Arrive à Saint-Imier à l'âge de douze ans. Ecole d'Art à La Chaux-de-Fonds, puis suit les cours de la Grande Chaumière à Paris, où il reste près de vingt ans. De retour à Saint-Imier, il enseigne le dessin à l'école secondaire. Connu pour ses huiles et ses aquarelles, Henri Aragon a aussi peint de nombreuses affiches (dont une primée à Vevey pour la promotion de la région), des décors de cinéma ou de théâtre. (3, 17, 76)

René Bleuer
1896 La Neuveville - 1977 Bienne. Dessinateur, graphiste et affichiste. Travaille à Paris jusqu'en 1940 en tant que graphiste indépendant. S'établit ensuite à Bienne, où il ouvre une agence de publicité et collabore activement avec Longines de 1942 à 1960. Réalise en outre de nombreuses affiches de manifestations régionales. (12, 29, 32, 41, 46, 49)

Laurent Boillat
1911-1985. Né à Tramelan. Formation d'instituteur à l'Ecole normale de Porrentruy. Enseigne à l'école primaire de Tramelan. Maître de dessin au progymnase de Delémont. Cours de pratique et de sculpture à Paris, avec Elia et Zadkine. Expositions dans le Jura, en Suisse et à l'étranger. Premier prix de sculpture à San Remo en 1970 et à Lyon en 1973. Illustra par de nombreuses gravures sur bois, sa spécialité, des ouvrages des éditions Skira et de la série «Cités et villes suisses». (7, 9, 82)

Paul Bovée
1931-1961. A vécu à Delémont. Formation de graphiste à Bienne. Enseigne ensuite le dessin à l'école secondaire de Delémont et les arts graphiques à l'Ecole des arts appliqués à Bienne. Activité picturale importante, caractérisée par des expositions collectives et personnelles dans le Jura, à Bâle, à Lausanne et à Genève. A réalisé de nombreuses affiches pour des manifestations régionales. (88)
Les tableaux scolaires suisses
FRANCIS STEULET
Qui ne se souvient des décorations des salles de classe du temps mémorable de sa scolarité? Animaux domestiques ou sauvages, plantes, cluses du Jura, pâturages des Franches-Montagnes, embellissaient les écoles en servant des buts pédagogiques. Ces grandes images, toujours conçues dans un style austère et classique, imprégnaient notre esprit d'enfant et ont marqué notre mémoire. Ces «affiches scolaires» méritent cependant que l'on s'y attarde dans le cadre du présent numéro d'INTERVALLES. Nous présentons donc, dans les deux pages suivantes, quelques artistes jurassiens dont les oeuvres avaient été retenues et publiées.


Historique

Au cours de l'hiver 1934/35, la Conférence des directeurs cantonaux de l'instruction publique décidait de ne plus importer du matériel scolaire en provenance de l'Allemagne nazie. Les autorités scolaires et le Conseil fédéral décidèrent de décorer les écoles avec des tableaux muraux présentant des thèmes suisses. Par ailleurs, en pleine crise économique, les autorités désiraient apporter un soutien aux artistes au chômage. Le programme du Conseil fédéral prévoyait en effet l'allocation de subsides à des artistes au chômage pour la création d'oeuvres à des fins didactiques.

Conception

L'Association suisse des enseignants s'attela à la tâche. Au terme d'une première rencontre avec le Conseiller fédéral Etter - l'un des hérauts de la défense spirituelle du pays - il fut décidé de mettre sur pied un concours de tableaux scolaires. Le critère essentiel de participation au concours était la faculté d'adaptation du peintre et de son oeuvre aux exigences pédagogiques.
Le programme du concours, élaboré en 1935, prévoyait de brosser une présentation aussi complète que possible de la Suisse, en s'attachant plus particulièrmeent aux aspects suivants: géographie, économie, géologie, botanique et zoologie, histoire, architecture et culture. L'image devait être utilisé dans l'optique de sa finalité pédagogique, pour ouvrir la compréhension et faciliter l'entendement.
Lors des cinq concours qui eurent lieu jusqu'en 1940, une centaine d'artistes furent primés. A l'époque, les artistes recevaient 500 francs par oeuvre. Ces honoraires furent régulièrement adaptés au renchérissement.

Revue culturelle du Jura bernois et de Bienne - No 58 - hiver 2000


Quelques exemples d'art sacré

Préface
Programme décoratif de l'Eglise Saint-Léonard de Chaindon Anne Schild

Chemin de Croix de Théophile Robert dans l'église catholique
du Christ-Roi de Tavannes Anne Schild

Les vitraux de Y. Voirol à Moutier Jean-Pierre Girod

Restauration des vitraux de l'église de Tramelan Jean-François Perrenoud

En bref Francis Steulet

L'art sacré dans nos régions Pro Jura - Service des
monuments historiques

Musée d'histoire de Berne:
exposition «Vie et mort de l'image médiévale» Musée historique de Berne

Notices biographiques

Concours de la Commission francophone chargée des affaires culturelles générales
Remerciements
Remerciements
Les responsables du numéro «L'Affiche dans le Jura» remercient chaleureusement les conservatrices, conservateurs des institutions susmentionnées, ainsi que les instances et personnes suivantes pour leur collaboration, leur participation aux recherches, la fourniture de renseignements divers et la mise à disposition de documents ou d'originaux, ayant permis la réalisation du présent numéro de la revue Intervalles.

- Archives de la Confédération, Berne
- Bibliothèque nationale, Berne
- Direction des Chemins de fer fédéraux, Berne
- Musée de l'Hôtel-Dieu, Porrentruy
- Musée Chappuis-Fähndrich, Develier
- Musée du tour automatique, Moutier
- Pro Jura Moutier
- Mémoire d'Erguël, Saint-Imier
- Office du tourisme du Vallon de Saint-Imier
- Musée de Saint-Imier
- Musée Longines, Saint-Imier
- Musée Omega, Bienne
- Editions E. Ingold, Herzogenbuchsee

- Mme Paula Boillat, Delémont
- Mme Jeannine Jacquat, Porrentruy
- Mme et M.Denis Haeberli, Bévilard
- M. Roland Stähli, Tramelan
- M. Jean Chevalier, Moutier
- M. Roger Linder, Saint-Imier

Le comité de la revue Intervalles et les responsables du numéro «L'Affiche dans le Jura» adressent un merci particulier à la maison Weber SA, Impression couleurs, Bienne, pour son appui et sa contribution à la réalisation du présent numéro.
Formats numériques disponibles pour cette revue:

 

 
     
     
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