REVUE N° 54
Chasseral
     
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  • Sommaire
INTERVALLES Préface
RENAUD JOLY L'image de Chasseral
JEAN-CHRISTOPHE MÉROZ Une télécabine pour le XXIe siècle
JEAN-CHRISTOPHE MÉROZ Saint-Imier - Chasseral: en voiture!
JEAN-CHRISTOPHE MÉROZ Les Savagnières entre ragots et réalité
PROPOS RECUEILLIS PAR SYLVIE ZAECH Sur «la mangeuse d'homme»
FRANCIS STEULET L'aventure d'un hôtel de montagne
JEAN-CHRISTOPHE MÉROZ Le totem des télécoms
JEAN-CHRISTOPHE PERRIN, JEAN-MAURICE PERRIN, FRED LOVIS, ROLAND KNUCHEL Les enfants d'Icare
GILLES HORNER L'étape reine de la Juracime
ALAIN PERRENOUD Le Parc régional Chasseral, une réflexion globale
ERIC GROSSENBACHER Randonnée botanique
ALAIN DUCOMMUN Les insectes aquatiques du Marais des Pontins
ERIC BALMER, GARDE-FAUNE Gérer la Combe-Grède
Biographies
©Intervalles
N° 54  Chasseral
Titre
Auteur
texte
Préface
INTERVALLES
Quel est le point commun entre un métayer, un grand tétras et un VTT? Ils doivent cohabiter sur le massif du Chasseral. Défi impossible? Nullement.
C'est même pour résoudre ce point qu'un groupe de personnalités, représentant les milieux les plus divers, s'est lancé dans un projet d'envergure: créer avec les communes bernoises et neuchâteloises du massif du Chasseral un Parc régional selon le modèle français. Cette notion française est radicalement différente de celle que nous connaissons traditionnellement en Suisse, notamment le fameux Parc national situé en Engadine. Ces parcs sont conçus comme des sanctuaires de la faune et de la flore, l'homme n'étant autorisé à fouler que des sentiers clairement balisés pendant la journée, et durant la belle saison uniquement. En d'autres termes, le parc naturel à la mode suisse repose sur une notion d'exclusion. Le parc à la mode française, lui, repose sur la notion d'intégration. Tous les acteurs se partagent le terrain, mais ils doivent respecter des règles précises qui laissent aux plus faibles d'entre eux l'espace qui leur est nécessaire. La sylviculture respectera les besoins du grand tétras, le skieur n'ira pas déranger le gibier dans les forêts, bétail et herboristes n'accéderont pas aux endroits où se trouvent des fleurs rares.
L'intérêt de tous est naturellement d'assurer un développement à long terme du massif du Chasseral. La mise en place du Parc régional Chasseral va bon train. Tout devrait être prêt pour l'an 2001. Cette année-là est une échéance importante pour la région. Le Chasseral dominera l'Expo.01. Ce sera une occasion unique que la région, Saint-Imier autant que La Neuveville, devra saisir pour faire connaître ses beautés naturelles, les produits de son terroir, ses infrastructures touristiques, ses possibilités de pratiquer un sport dans la nature.
L'image de Chasseral
RENAUD JOLY
Réflexions sur un projet de valorisation de ce massif


«A peine une brise. Et, comme un navire en partance, le Plateau se découvre. Par-dessus l'étendue de ses voiles, Chasseral et ses crêtes dénudées scintillent sous la lune. Je le salue ainsi que le Mont-Sujet dans sa pléthore de sapins, et les rares chemins qui, telles des fusées de poussière, courent le long des lisières. Les villages, assoupis sous une couche de brumaille crevée d'une furie d'étoiles, me fascinent, m'attendrissent.»1


L'envol de Chasseral

Le texte suivant est un extrait du mémoire de licence (1999) rédigé par l'auteur dans le cadre de ses études de géographie à l'Université de Genève.
Nous vivons d'images. Elles organisent notre réalité quotidienne et sont parties intégrantes de notre univers social. Complexes et multiformes, ces représentations nourrissent notre vision du monde et sont véhiculées de manières fort diverses. Dès lors, en tant que production de la société, les lieux touristiques n'échappent pas à cette logique. De manière globale, l'espace touristique n'est pas seulement un espace réel ou objectif. Il est aussi un espace représenté, c'est-à-dire fait d'imaginaires spatiaux intégrant les valeurs socioculturelles du moment.2 L'image, considérée comme «... expression multiforme de la représentation»3 joue donc un rôle considérable dans la production du lieu touristique. En effet, pour devenir touristique, le lieu devra satisfaire un besoin. Ce besoin sera influencé par les valeurs tant sociales que culturelles du moment.4 Dans ce processus, l'image joue un rôle important. En effet, les touristes vont choisir leurs lieux de villégiature en fonction d'images mentales. De même, de nombreux espaces sont aménagés pour répondre à une certaine image qui contribue à attirer une clientèle qui y adhère.
Lancé officiellement en février 1999 par les régions de montagnes Jura-Bienne, Val-de-Ruz et Centre-Jura, avec les cantons de Berne et de Neuchâtel, le projet de création d'un Parc régional Chasseral contribuera-t-il à renforcer l'image actuelle de la région? Comme nous le montrerons plus en détail par la suite, ce projet consiste en une réflexion sur l'ensemble de la région avec comme principe de base une volonté de développement économique accompagnée d'un souci de préserver le patrimoine naturel et culturel. En outre, il apparaît une volonté de conciliation entre acteurs et de mise en place de principes communs d'actions, l'objectif global étant la valorisation du massif de Chasseral.
Une télécabine pour le XXIe siècle
JEAN-CHRISTOPHE MÉROZ
Depuis 1993, il n'y a plus de transport public sur le flanc sud du Chasseral, entre le Plateau de Diesse et le sommet. Cette année-là, l'Office fédéral des transports a présenté à la société d'exploitation du télésiège Nods-Chasseral un catalogue de mesures de sécurité à respecter qui entraînait d'impor-tants investissements. Les exploitants ont alors été placés devant un choix crucial. Constatant avec lucidité que leurs installations, vieilles de près de trente ans, ne satisfaisaient plus les besoins de la clientèle, ils en ont tiré les ultimes conclusions: ils ont mis la clé sous le paillasson.
Depuis, les pylônes sont là, comme des sculptures de Tinguely mâtinées de Giacometti. Quant au randonneur, qui vient de monter dans le calme de la réserve naturelle de la Combe-Grède, il subit le choc bruyant et malodorant du parking de l'hôtel où s'alignent des dizaines de véhicules venus de la plaine. Stress qui donne envie de fuir plutôt que de s'installer sur la terrasse panoramique. Les responsables de la société du télésiège ont perçu le désavantage de cette situation pour l'environnement mais aussi pour la qualité de l'accueil au sommet de la montagne. Aussi envisagent-ils de construire une télécabine entre Nods et Chasseral. Elle pourrait transporter 400 personnes par heure vers le sommet, en moins de 10 minutes, dans des cabines à 6 places. Durant l'hiver, un skilift d'une longueur de quelque 540 m permettrait de remonter les skieurs entre la lisière de la forêt et l'hôtel. Coût du projet: 8,3 millions de francs.
Willy Sunier, maire de Nods, désire aller de l'avant. Il veut une décision de principe sur la construction de la télécabine cette année encore, accompagnée d'un appel de capitaux par souscription d'actions. La construction devrait être menée à chef en l'an 2000 et l'exploitation débuter pour l'Expo.01 car, dominant le passage entre les arteplages de Bienne et de Neuchâtel, la région du Chasseral a évidemment une carte à jouer. Mais le financement des infrastructures proviendra soit de subventions «ordinaires», soit de sources privées; le projet ne pourra pas bénéficier de fonds de l'exposition nationale.
Saint-Imier - Chasseral: en voiture!
JEAN-CHRISTOPHE MÉROZ
Deux cars jumbo dégorgent une centaine de Japonais sur le plateau de la gare, vers 16 heures. Nike aux pieds, Nikon en bandoulière, le groupe s'engouffre dans le passage souterrain menant vers le petit train à crémaillère qui, dans quelques minutes, va s'élancer vers les hauteurs.
Où sommes-nous donc? A Interlaken? A Lucerne? Pas du tout! Tout bonnement à Saint-Imier, à la gare du monorail Saint-Imier - Chasseral. Et les Fils de l'Empire du Soleil levant viennent admirer le panorama rosé des Alpes au soleil couchant.
Ô exotisme!
Cette scène n'a rien d'un délire puisqu'en septembre 1894, quatre personnes, Messieurs F. Geneux, banquier, F. Rotacher, architecte, F. W. Smallenburg, ingénieur, et P. Girod-Girard, négociant, rédigent une «Demande de concession pour un chemin de fer à rail unique surélevé allant du vallon de Saint-Imier sur le Chasseral». Le texte est dûment expédié au Département fédéral des postes et des chemins de fer.
Ses auteurs sont invités à défendre leur projet le 20 novembre 1894 devant une délégation du Département fédéral et des représentants du Conseil d'Etat bernois.
L'idée leur en était venue parce que la Société des forces électriques de la Goule terminait ses installations et allait lancer la production. La force nécessaire à la traction était donc là, disponible à un prix avantageux.
Le projet de tracé de Saint-Imier à Chasseral.
Le train devant être aisément exploitable tant en été qu'en hiver, ses promoteurs avaient choisi un monorail surélevé qui ne se noierait pas facilement dans les neiges. Quant à la crémaillère, elle s'im-posait parce que le train aurait à franchir des pentes allant jusqu'à 24%.
En effet, selon les plans, la gare de plaine se situait sur la rive droite de la Suze; la voie s'élançait vers la Baillive, où une première halte était prévue à 1100 m, puis grimpait jusqu'à la Métairie des Plânes avec une seconde halte, avant d'atteindre l'Egasse à 1430 m. De là, elle redescendait dans la combe avant de lancer le dernier assaut menant au sommet du Chasseral.
Les Savagnières entre ragots et réalité
JEAN-CHRISTOPHE MÉROZ
Les Savagnières! Un complexe touristique dédié au ski avec remonte-pentes, camping, restaurant et maisonnettes, logé au débouché d'une combe sur un plateau du flanc nord du Chasseral. Un complexe qui a été une source généreuse de ragots, de rumeurs et de jalousies de la part des habitants de Saint-Imier dont le territoire accueille le centre. A quoi pouvait donc servir cet enfant des «Golden Sixties» puisqu'à l'époque de sa création l'horlogerie suisse s'éclatait sur tous les marchés mondiaux? Le tourisme? Le sport? Les loisirs des jeunes? Ce n'était pas ça, la vraie vie. La vraie vie, elle n'était qu'à l'atelier.
Sauf que quarante ans plus tard, l'horlogerie s'est vu ériger un musée au lieu-dit «Les Longines» et que les téléskis, eux, ont été révisés, modifiés et modernisés.
Un pareil destin méritait bien un portrait en clair-obscur, un hommage aux pionniers qui, avec les promoteurs du village des Savagnières, ont dû vaincre préjugés et résistances. Voyons cela de plus près.
En 1960, trois férus de ski, Edgar Des-boeufs, Roger Tschumi et Charles Glauser, se mettent en tête de réaliser un rêve: construire un téléski sur les flancs du Chasseral.
Ils jettent leur dévolu sur la région des Sava-Photos Michel Voutat. gnières, qui se prête au traçage d'un groupe de pistes de difficultés variables. Il faut dire qu'ils la connaissaient bien, cette zone, puisque le ski-club de la région y possède un chalet! Et la même année encore, les fonds nécessaires étant réunis, ils se lancent dans la construction du premier téléski SAVA 1 à l'enseigne de la Société des Téléskis des Savagnières SA.
Cela marqua non seulement le départ des travaux, mais aussi celui de la rumeur, de la jalousie ou de l'incompréhension. Il y eut, bien sûr, ceux et celles qui ne voyaient pas l'utilité d'une telle «affaire» dans le Vallon; il y eut surtout les nostalgiques calvinistes qui, habitués à monter au chalet du Ski-Club à peaux de phoque à la sueur de leur front, accusèrent les promoteurs de vouloir pourrir la jeunesse avec leur tire-fesses.
Sur «la mangeuse d'homme»
PROPOS RECUEILLIS PAR SYLVIE ZAECH
En 1930, à Chasseral, il y a une montagne mais pas de route. Des particuliers qui possèdent des terres, les métairies, les communes et l'hôtel ont grand besoin d'une voie d'accès. Comme les pouvoirs publics ne s'engagent pas dans ce projet, des privés et des communes regroupent leurs forces en ce qui deviendra l'actuel Syndicat du chemin alpestre Chasseral-ouest. Ils encaissent des cotisations et tracent leur route. Après la guerre, le trafic des voitures augmentant sans cesse, le Syndicat demande aux pouvoirs publics d'aider à entretenir la voie, ce qu'ils refusent. Par contre, ils lui octroient le droit d'encaisser une taxe de passage qui est aujourd'hui de 4 francs par voiture. Il passe par année environ 40 000 véhicules sur Chasseral et tous les bénéfices issus de la taxe vont dans l'amélioration de cette route privée.
Au poste de péage travaille un receveur-cantonnier qui est chargé d'entretenir l'accès au sommet et de percevoir la taxe. Maurice Juan, paysan à Lignières, occupe cette fonction depuis 1992. Faisons plus ample connaissance avec lui.

Pourquoi, à côté de vos activités de paysan, avoir choisi cet autre métier?
Parce que nous réalisions à la ferme qu'il fallait chercher des ressources à côté de l'agriculture. Mais le péage nous posait des problèmes familiaux, on ne vous voit plus beaucoup pendant la saison où la route est ouverte! Le président du syndicat de la route de Chasseral est venu me Maurice Juan, paysan et receveur-voir plusieurs fois et j'ai fini par accepter. cantonnier de la route de Chasseral.

De quelle manière organisez-vous votre travail?
Je suis là-haut en principe du 1er avril au 1er décembre mais cela dépend du temps, cela peut se prolonger. En été, pendant les mois de juin, juillet et août, je reste de 9 h à 19 h sans arrêt. Je suis rétribué au pour-cent, comme un garçon de café, et j'ai un petit fixe pour le travail de cantonnier.
Arrivez-vous à faire vos deux tâches de cantonnier et de receveur en même temps?
Non, c'est devenu aujourd'hui impossible car il y a trop de trafic. Je sépare les deux pour ne pas tout faire à moitié. Mais j'ai tout de même essayé quelquefois de percevoir la taxe en habit de cantonnier. Les dames mettent les gaz lorsqu'elles me voient arriver.
L'aventure d'un hôtel de montagne
FRANCIS STEULET
Historique

Le 26 janvier 1879, à l'Hôtel-de-Ville de La Neuveville, une société par actions était fondée et prenait le nom de «Société du Chalet-Hôtel du Chasseral».
L'idée de construire un hôtel au sommet du Chasseral avait en fait été lancée dans le vallon de Saint-Imier. Parmi les promoteurs, il faut citer quelques personnalités, telles MM. Fête et Blandenier, de Saint-Imier, Robert, maire de Villeret, et Chopard, de Sonvilier.
La réunion du 26 janvier avait été précédée d'une séance d'information, au cours de laquelle M. C. Fête développa l'idée et présenta concrètement le projet avec les plans de construction. Il releva que cette réalisation allait répondre aux voeux d'une grande partie de la population - les jeunes en particulier - attirée par les attraits du tourisme naissant. Le même jour, sur la lancée, un comité d'organisation fut constitué; il était présidé par M. Schem-Karlen, maître-bourgeois de La Neuveville et composé des personnes suivantes: MM. Fête et Blandenier, de Saint-Imier, Robert, de Villeret, Chopard, de Sonvilier, Droz, de Lignières, Botteron, de Nods, et Wyss, de La Neuveville. Les membres de ce comité se mirent immédiatement au travail et lancèrent une souscription qui rencontra un grand succès pour l'époque. Qu'on en juge: 8500 francs récoltés à La Neuveville; 7000 francs à Saint-Imier; les communes de Lignières et de Nods fournissaient le bois de construction; la Bourgeoisie de La Neuveville cédait gratuitement dix arpents de pâturages à la nouvelle société.
Le totem des télécoms
JEAN-CHRISTOPHE MÉROZ
Elle est, pour des dizaines, des centaines de milliers de personnes vivant entre Moudon et Olten, les Franches-Montagnes et Berne, le point de repère cardinal. Elle situe le Chasseral dans le paysage avec constance. Après la tourmente de neige, après la tempête orageuse, elle réapparaît, désignant la pièce maîtresse de l'horizon jurassien, rassurante.
Elle, c'est la tour de Swisscom et son antenne qui culmine à 120 m au-des-sus de la crête et qui apparaît comme l'indéfectible totem dédié aux télécommunications.
C'est la guerre et les pénuries de matières premières pour la fabrication des câbles téléphoniques qui ont poussé les ingénieurs à procéder à de premiers essais de radiotéléphone sur le Chasseral en 1942. Les équipements étaient installés dans une des chambres de l'hôtel. Les résultats furent concluants. Une première station est alors construite pour permettre un développement de ces essais. En 1947, c'est fait: les PTT exploitent commercialement une première liaison téléphonique à faisceaux hertziens entre Zurich et Genève. Cinq ans plus tard, c'est l'axe nord-sud entre Berne et Lugano qui est desservi grâce au Chasseral.
L'étape suivante du développement des télécommunications marque un haut point de la culture européenne: la mise en service d'une liaison bidirectionnelle à faisceau hertzien pour la télévision entre l'Italie et l'Allemagne, en passant le Monte-Generoso, le Jungfraujoch et, justement, le Chasseral. C'était en 1954 et la naissance de l'Eurovision, avec ses matches de foot internationaux et les ineffables bluettes de son Grand Prix de la chanson.
Dès ce moment, les possibilités offertes par le Chasseral se sont multipliées avec les développements techniques. De station relais, il devient aussi émetteur et transmet les programmes TV romands, alémaniques puis tessinois directement vers les téléspectateurs.
Les enfants d'Icare
JEAN-CHRISTOPHE PERRIN, JEAN-MAURICE PERRIN, FRED LOVIS, ROLAND KNUCHEL
Depuis plus de vingt-cinq ans, vélideltistes et parapentistes donnent aux randonneurs un petit frisson d'envie ou de frayeur, selon les tempéraments. Mais, sûr, les sportifs dont terre et sentiers rythment l'effort, sont fascinés par les planes et les voltes des enfants d'Icare, semblables au grand corbeau, à la buse royale, au faucon crécelle ou au milan royal observés lors de la montée vers le sommet.
Pour l'un des promoteurs du vol en aile delta de la région, Roland Knuchel, l'aven-ture a commencé en automne 1973 lors d'un reportage aux Etats-Unis qui éveille son intérêt pour ce sport. Il achète une aile et fait ses premiers essais depuis la crête située au nord du Chasseral, vers l'Egasse. Ses premiers envols lui permettent des «sauts» de 5 mètres, puis 10 mètres, puis encore... jusqu'à un poteau télégraphique qui lui brise un tube de l'aile. Qu'à cela ne tienne! Un ébéniste lui rafistole son aile avec un morceau de bois. De progrès en progrès, Roland Knuchel ose se lancer sur le flanc sud du Chasseral. Départ depuis l'antenne de Swisscom, passage «rasibus» sur la forêt et atterrissage sur le parc à voitures du télésiège de Nods: tout bien compté, un vol de 4 à 5 minutes. D'autres vols suivront, bien sûr. Roland Knuchel est heureux de leur durée et de leur rapidité. Sa fierté va jusqu'au jour du grand choc; un vélideltiste engage la conversation et lui demande combien de temps il est resté en l'air. Roland Knuchel hésite: «Je ne sais pas.» L'autre, un Neuchâtelois plus expérimenté, lui répond: «Cinq minutes. Mais l'art du vol, c'est l'art de rester en haut!»
L'étape reine de la Juracime
GILLES HORNER
La Juracime est la seule course pédestre par étapes de Suisse, avec le Swiss Jura Trail, à se dérouler d'une manière aussi condensée. Il n'existe en effet pas d'autre compétition enchaînant les étapes avec une telle cadence puisque les concurrents parcourent 75 km en 4 jours, soit 5 étapes représentant une dénivellation totale de 2800 m environ.
La Juracime est une course bisannuelle se déroulant durant le week-end de Pentecôte. Elle s'est disputée pour la huitième fois cette année. Le départ est donné à Moutier le vendredi soir à 19 heures. La première étape, longue de 7 km seulement, conduit les concurrents au téléski de Grandval. Il s'agit en quelque sorte d'une mise en jambes, d'un prologue. Le samedi matin, le réveil sonne tôt puisque le départ de la seconde étape, conduisant les coureurs du téléski de Grandval à La Rochette sur les 22,4 km d'un parcours vallonné, est donné à 9 heures déjà. Le samedi après-midi est réservé à une course contre la montre individuelle de 6,8 km permettant de rejoindre la Werdtberg. Enfin, arrive le dimanche main avec l'étape reine conduisant tous ces sportifs d'Orvin à Chasseral sur une respectable distance de 18,2 km pour une dénivellation de 960 m ! Le lundi matin, se court la dernière ligne droite avant l'arrivée finale à Tavannes. Façon de parler, car il faut avaler les 20,7 km entre Mont-Soleil et la localité.
On a écrit un jour que la Juracime permettait à chaque coureur de vivre une aventure enrichissante, de découvrir le paysage jurassien et de vivre en communauté avec les autres coureurs dans une ambiance de compétition. Dans ces quelques mots, nous retrouvons toute la motivation de ces sportifs venant de Belgique, des Pays-Bas, de France, d'Allemagne, de Croatie et de Suisse bien entendu. Une motivation qui est aussi celle des organisateurs. Au fil des ans, cette épreuve a acquis une très bonne réputation puisque le peloton est constitué en grande partie d'habitués qui sont devenus des amis. Et il est fascinant de constater que des coureurs à pied venant de pays très plats (Belgique et Pays-Bas) viennent parcourir les montagnes de notre région, parfois avec beaucoup de succès et toujours avec un énorme plaisir.
Le Parc régional Chasseral, une réflexion globale
ALAIN PERRENOUD
hasseral: un paysage, avant tout. Mais en filigrane, partout, Chasseral c'est aussi et surtout l'homme, au centre des préoccupations des concepteurs du projet de Parc régional Chasseral. L'homme, qui est à la base des paysages et des entités que nous trouvons aujourd'hui dans le massif.
Jusqu'à présent, le développement des activités dans le massif de Chasseral s'est fait sectoriellement et de manière statique, sans réflexion globale. Cette manière de faire empêche une valorisation du massif à grande échelle qui permet de considérer Chasseral dans sa globalité.
Les échelles de temps varient selon les domaines. Par exemple, si le développement d'une infrastructure touristique peut se faire à court terme, l'aménagement des forêts se fait quant à lui à long terme. Pour concilier ces différents horizons temporels, seule une vision d'un développement durable est possible.
Durabilité et globalité sont donc deux piliers essentiels du développement futur de Chasseral, développement qui doit tenir compte des grands acteurs de ce massif:
- la nature
- l'agriculture
- la sylviculture
- le tourisme

A première vue, ces quatre domaines n'ont pas grand-chose à faire ensemble. Et pourtant, ils sont intimement liés entre eux.

Exemple de liens
Les pâturages boisés sont une des composantes principales de la nature à Chasseral. Ils sont issus d'une exploitation agricole traditionnelle, qui allie la pâture à des bosquets d'arbres, à des arbres isolés qui sont parfois une valeur forestière. De plus, les pâturages boisés constituent un attrait pour les randonneurs et autres pique-niqueurs: songeons un moment à ce que seraient nos paysages sans les pâturages boisés! Un lien triple: nature - agriculture - tourisme.
Les forêts bien structurées d'altitude (âgées, ouvertes, avec des clairières, de vieux arbres) issues d'une exploitation extensive de la forêt peuvent abriter le grand tétras (voir encadré). Suivant la manière dont on exploite la forêt, le grand tétras peut disparaître ou revenir. Cette richesse naturelle dépend donc de la sylviculture. Un lien entre la forêt et la nature. Le grand tétras exprime bien de quelle manière forêt et nature sont liées.
Randonnée botanique
ERIC GROSSENBACHER
Il y aurait de nombreuses possibilités d'excursions à proposer sur Chasseral. De tous les points cardinaux, à toutes les altitudes, cette montagne offre des itinéraires aussi variés qu'imprévus. Mais attention, pas par n'importe quel temps! Il serait imprudent de s'aventurer si l'orage menace ou si le brouillard apparaît, mieux vaudrait alors renoncer. C'est que cette montagne est grande, très grande même et il serait dangereux de s'y perdre.
Il y a des périodes plus favorables que d'autres pour s'adonner à la botanique. Est-ce vraiment utile de le préciser? Si vous désirez parcourir le pâturage au-dessus de la forêt par exemple, il faut absolument précéder l'arrivée du bétail. Car, à fin juillet, après son passage, le sol offre un aspect désolant. Prévoir donc son excursion vers la mi-juin...
En tenant compte des quelques recommandations ci-dessus, voici une proposition de randonnée botanique. Sans vouloir assommer le lecteur d'une suite impressionnante de noms de plantes, nous allons nous attarder sur quelques espèces caractéristiques de différents milieux, tout en donnant quelques informations susceptibles d'intéresser le lecteur et le randonneur.

Carte: Chasseral 1: 25 000 N° 1125

Parcours: Hôtel de Chasseral (1548 m d'altitude) - descente direction sud-est - métairie de Nods (1466 m) - progression vers le nord-est sur un chemin plus ou moins horizontal et parallèle à la limite supérieure de la forêt - Vieux-Chalet (1440 m) - pierrier «Les Roches» - montée plein nord, dans le pierrier d'abord, dans une prairie pseudo-alpine ensuite - crête de Chasseral (1570 m) - suivre le sentier de crête en direction ouest - antenne, sommet de Chasseral (1607 m) - toujours à l'ouest, retour à l'Hôtel de Chasseral que vous avez en point de mire - rochers de crête, exposition nord.

Durée: Temps de marche effective: 2 heures; mais n'oublions pas que la montée dans le pierrier et le gazon pseudo-alpin offre un petit côté sportif: c'est la difficulté majeure de la randonnée. A ces deux heures de marche, il faut bien en ajouter deux ou trois, botanique oblige!

Dénivellation: 167 m: les extrêmes étant le sommet, 1607 m et le Vieux-Chalet, 1440 m.

Note finale: Il n'y a aucun passage vertigineux. Il est prudent de s'équiper de bonnes chaussures montantes. Au retour vous aurez la possibilité de vous restaurer et de vous désaltérer à l'Hôtel de Chasseral, ce qui n'est pas à négliger.
Les insectes aquatiques du Marais des Pontins
ALAIN DUCOMMUN
Le Marais des Pontins (commune de Saint-Imier) s'étend d'est en ouest, à quelque 1100 m d'altitude, sur le plateau de la montagne de l'Envers adjacente au versant nord de Chasseral. La partie tourbeuse située à l'ouest de la route cantonale est sous protection de l'Etat de Berne. L'ensemble est en effet classé «site marécageux» d'une beauté particulière et d'importance nationale depuis 1996. Un inventaire des principaux groupes d'insectes aquatiques (coléoptères, punaises d'eau et libellules) a été réalisé en 1995-/-96 par le bureau Insecta, sur mandat du Parc jurassien de la Combe-Grède-/-Chasseral. Pourquoi une telle étude? Le Marais des Pontins a été exploité (extraction de tourbe horticole principalement), et presque toutes ses parties sont marquées par différents aménagements techniques: drains superficiels et profonds, fossés d'exploitation et autres «creuses» inondés. Dans plusieurs secteurs tourbeux, ces modestes collections d'eau sont les seuls biotopes à disposition de la petite faune aquatique, insectes en particulier. Afin de régénérer les parties exploitées, une série de travaux a été planifiée: il s'agit notamment de fermer les drains afin de conserver l'eau dans la tourbière pour relancer la croissance des sphaignes (sortes de mousses responsables de la formation de la tourbe). Compte tenu du fait que certains de ces chenaux servent d'habitats refuges à plusieurs espèces spécialisées et parfois rares, il était impératif de procéder à un inventaire des insectes aquatiques les plus significatifs du Marais des Pontins, et ce afin de rendre les aménagements projetés favorables à la conservation des espèces animales de la réserve naturelle.
Trente-deux espèces de coléoptères aquatiques ont été échantillonnées. Lorsque l'on sait que la faune suisse des coléoptères aquatiques liés aux tourbières est estimée à cent vingt espèces environ, on peut affirmer que la situation est bonne à très bonne. Il faut cependant nuancer quelque peu cette image en considérant que les espèces les plus intéressantes - toujours en faibles effectifs - ne sont jamais présentes dans plus de quelques stations à la fois. En outre, sur les vingt-et-une espèces de la famille des dytiques, six espèces appartiennent à la Liste rouge (une espèce très menacée, trois menacées et deux potentiellement menacées). Le peuplement «coléoptérologique» du Marais des Pontins est certes riche et original, mais il est en même temps fragile. Les trente-deux coléoptères aquatiques observés sont soit des espèces liées plus ou moins strictement aux tourbières soit des espèces aux exigences écologiques moins strictes pouvant se rencontrer dans d'autres types de lieux humides. C'est dans la première catégorie que la majorité des espèces sensibles a été comptabilisée.
Gérer la Combe-Grède
ERIC BALMER, GARDE-FAUNE
En 1932, une poignée de passionnés de la nature créent la réserve naturelle de la Combe-Grède, sur la commune de Villeret. Là, dans cette région escarpée et sauvage, sillon rocheux s'élançant du creux du vallon de Saint-Imier à la crête du Chasseral, entre 800 et 1600 mètres d'altitude, la réserve se révèle dans toute sa splendeur. Sa végétation très variée en fait un paradis pour les chamois qui y croissent et s'y multiplient au point de rendre nécessaires des mesures de gestion dans cet éden jurassien.
Les chamois, mais aussi les chevreuils, y trouvent en effet le gîte et le couvert en abondance. Les hêtraies à sapins se mélangent aux sapinières. L'épicéa y occupe une grande place qu'il partage avec le pin sylvestre. Les essences tels que l'aubé-pine, le chèvrefeuille, le noisetier, le saule, le sureau, la viorne et le framboisier sont une source généreuse de nourriture et un couvert idéal.
De plus, la Combe-Grède est un refuge fédéral (réserve) pour le gibier, la chasse régulière y est interdite. Un petit paradis, donc.
Mais...
Mais en l'absence de prédateurs de gros gibier, l'homme doit remplacer le lynx et le loup et effectuer des tirs de régulation pour maintenir un cheptel acceptable.
Chaque année, en septembre, 20 chamois, soit 7 mâles, 7 chèvres et 6 éterles sont prélevés dans ce refuge qui compte une population de 80 individus. Vingt chasseurs du Jura bernois et du Seeland sont sélectionnés pour participer à cette tâche de régulation. Ils doivent payer les bêtes abattues; l'argent va dans la caisse du canton qui est tenu de l'utiliser au financement de la protection du gibier.
Pour les chevreuils, le problème est différent. Les surveillants de la chasse du Jura bernois, accompagnés des gardes-faunes, se rendent dans les régions subissant de forts dommages. Ces endroits, où les arbres sont frayés ou abroutis, sont signalés par les gardes-forestiers. Quelques brocards et vieilles chevrettes, accusés de causer ces prédations à la végétation, sont tirés et vendus au profit de l'Etat.
De petits mammifères, tels la marmotte, le lièvre, le renard, le blaireau et la martre, rencontrent aussi un biotope idéal dans la Combe-Grède et viennent s'y cacher. Les oiseaux trouvent au Chasseral un horizon très ouvert favorable. De la buse variable au grand corbeau et au faucon pèlerin, en passant par les cassenoix, grives, pies, geais, roitelets, tous se partagent le ciel.
Mais pour tous les animaux autres que le chamois et le chevreuil, la nature se charge de gérer les populations par mort naturelle. Les prédateurs y ont très peu d'impact.
Biographies
Biographies

Eric Balmer
Né en 1939, Eric Balmer était d'abord garde-frontière. Il s'est par la suite recyclé pour devenir garde-faune. Il veille aux rives bernoises du lac de Bienne. Son champ d'action s'étend au district de La Neuveville, ainsi qu'aux communes des districts de Nidau et de Courtelary situées au bord du lac et sur les hauteurs de Bienne.

Alain Ducommun
Alain Ducommun est docteur ès sciences. Biologiste, il s'est spécialisé dans l'étude des insectes et autres invertébrés. Il mène, au titre de co-directeur, le bureau Insecta, à Neuchâtel.

Eric Grossenbacher
Maître secondaire scientifique retraité, domicilié à La Neuveville. Animateur de botanique au Centre de perfectionnement du corps enseignant (CPCE) de Tramelan depuis 1973 et à l'Université populaire jurassienne depuis 1979. A publié, entre autres, un article consacré à la botanique intitulé «Hymne aux Carex» dans la revue Intervalles, année 1981, No 4.

Gilles Horner
Gilles Horner est vice-président du Groupe sportif Malleray-Bévilard. Membre du comité d'organisation de la Juracime, il s'occupe des relations avec la presse. Il est né en 1960 et sert la collectivité comme fonctionnaire de police.

Renaud Joly
Renaud Joly est né le 12 février 1973 à Delémont. Il a suivi les cours de l'Ecole d'administration et des transports de Bienne et effectué un apprentissage chez Swissair. Puis, après avoir obtenu son CFC, il a repris des études au Gymnase économique de Bienne. Il termine actuellement sa licence en géographie à l'Université de Genève en accomplissant sa dernière année à l'Université de Southampton, en Angleterre, dans le cadre d'un programme d'échanges Socrates.

Jean-Christophe Méroz
Jean-Christophe Méroz a passé toute sa jeunesse à Saint-Imier, où il est né en 1952. Il vit aujourd'hui à Berne et il travaille comme juriste à l'Office intercantonal de contrôle des médicaments (OICM).

Alain Perrenoud
Alain Perrenoud est biologiste et dirige depuis 15 ans le bureau d'études en environnement Le Foyard sis à Bienne. Outre diverses études d'impact (remaniements parcellaires, routes, carrières, etc.), aménagements (étangs, talus de route) et inventaires, A. Perrenoud a réalisé plusieurs travaux dans le massif de Chasseral. Le bureau Le Foyard est actuellement un des mandataires du Parc régional Chasseral.

Jean-Christophe Perrin et alii
Jean-Christophe Perrin est président du Club Vol Libre Chasseral; il habite Lamboing. Jean-Maurice Perrin, son oncle, se passionne aussi pour la nature et le vol. Roland Knuchel habite Bienne où il est gestionnaire. Frédéric Lovis est instructeur à l'Ecole Zorro et rédacteur romand de la revue Swiss Glider.

Astrid Schlaefli
Née en 1978 à Neuchâtel. Domiciliée à La Neuveville et à Berne. En 1997, elle obtient sa maturité littéraire au Gymnase de Bienne. Etudie actuellement le dessin et la musique à la Faculté des brevets de l'Université de Berne. A contribué à l'illustration du Guide dendrologique de La Neuveville réalisé par Eric Grossenbacher (1995) et de différents rapports de botanique pour l'Université populaire jurassienne.

Francis Steulet
Francis Steulet est né à Moutier en 1931. Il accomplit sa scolarité et sa formation dans l'industrie graphique au chef-lieu prévôtois. Il passe ensuite aux Editions scolaires du canton de Berne, qu'il dirigera de 1979 à sa retraite en 1996. Membre fondateur de la revue Intervalles, il habite Berne tout en restant attaché au Jura bernois, dont il parcourt souvent les crêtes à pied.

Sylvie Zaech
Sylvie Zaech est Biennoise. Après une licence à l'Université de Berne, elle devient journaliste et se spécialise dans la culture, notamment la danse. Elle mène parallèlement à son métier une carrière d'écrivain.


Revue culturelle du Jura bernois et de Bienne No 55 automne 1999


Cinéma

Avant-propos

Préambule


Promenade dans la Cinécollection William Piasio Eric SandmeierAu Musée Neuhaus à Bienne

Les premières images animées en Suisse collectifUne chronologie remaniée et augmentée (1895-1896)

Edison à Bienne, 1895 Roland Cosandey
Chronique d'une image

Images de la guerre russo-japonaise Roland CosandeyG. Rogers à Moukden, G. Hipleh-Walt à Bienne

«Autour du lac de Bienne» Jacques LefertFilm retrouvé

Mais où sont nos films naturistes des années 30? Roland CosandeyAvis de recherche

«Le Clou du spectacle: les images animées» Arthur Lory
traduction Renaud Moeschler

Le cinéma de La Neuveville, mémoires d'une spectatrice Rose-Marie Schmitter

A vous, mes amies Roger Sassi / Véronique Bärfuss

Jaques Dutoit, homme de sens Odile Brenzikofer

Les salles urbaines, une liberté conditionnelle? Odile BrenzikoferRencontre avec Vital Epelbaum

Restauration du Royal à Tavannes A. Blanc et M. Bakker

Eloge de la différence Françoise Beeler
Espace Noir à Saint-Imier

Regard en coulisse Sylvie Moeschler- Zaffaroni
Le cinéma de La Neuveville

Le Cinoche Christophe Winistorfer
Le cinéma de Moutier

Action-Culture à Malleray-Bévilard Véronique Bärfuss

Vers une collaboration régionale Tavannes-Tramelan Véronique Bärfuss


Survol de quelques activités cinématographiques régionales collectif
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