REVUE N° 53
Le verre, tradition régionale
     
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  • Sommaire
INTERVALLES Préface
Bref historique
REGULA GLATZ Verres creux découverts dans la région de Bienne
REGULA GLATZ La production du verre dans le Jura au Moyen Age
1935: le verre à vitre est produit mécaniquement
PROPOS RECUEILLIS PAR FRANCIS STEULET Les derniers verriers
Les Verreries de Moutier
Verres industriels S.A. Moutier
Propos recueillis par Sylvie Zaech Le verre dans tous ses éclats
©Intervalles
N° 53  Le verre, tradition régionale
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Préface
INTERVALLES
Nous buvons dans des coupes, nous regardons par la fenêtre, nous mettons des fleurs dans des vases, nous nous apercevons dans le miroir. Nous nous protégeons dans des voitures blindées, derrière des guichets haute sécurité, dans des cockpits à toute épreuve. Enfants, nous avons joué aux billes, nous nous sommes coupés avec un tesson, nous avons heurté nos dents au goulot en voulant boire à la bouteille. Le verre est omniprésent dans notre vie, hier comme aujourd'hui. Il l'a été dans notre région depuis toujours et nous avons choisi de vous parler ici de quelques-unes des traces qu'il laisse et a laissées.
La vieille ville de Bienne abritait au XVIe siècle un homme, probablement un chirurgien barbier, qui utilisait un grand nombre de fioles et autres objets en verre. Ils ont été retrouvés, en morceaux ou presque intacts, lors de fouilles archéologiques dont nous vous parlons. Tout comme nous évoquons les verreries du Moyen Age qui sont venues nombreuses s'installer chez nous pour croître puis disparaître. Mais certaines ont perduré et les Verreries de Moutier, autre sujet, sont le produit de cette longue tradition. Nous parcourrons son histoire. Deux anciens employés nous parlent avec fierté de leur profession. Enfin, et parce que le verre n'est pas uniquement travaillé à des fins utilitaires, l'artiste verrier matière magique et quotidienne à la fois.
Bref historique
Le verre nous vient d'Orient. Les Egyptiens connaissaient l'art du verre et les Phéniciens en ont apporté de grandes quantités en Europe.
Cette matière est obtenue par la fusion de:
- sable vitrifiable (environ 75%);
- soude ou potasse (environ 10%);
- carbonate de soude (environ 25%).

Les proportions varient selon les procédés de fabrication ou les utilisations prévues.
Le sable vitrifiable est de la silice provenant de la désagrégation du grès.
Il faut rappeler que le Jura bernois possède d'importants gisements de sable vitrifiable. Ils ne sont plus exploités aujourd'hui.
Une fois la fusion obtenue, l'artisan verrier, le souffleur, cueillait une certaine quantité de liquide en fusion au moyen d'un long tuyau, la canne. Souple et malléable tant qu'il était chaud, le verre était transformé par des mouvements variés de rotation et obtenait différentes formes. Cette méthode fut utilisée durant des siècles, jusqu'à l'introduction de la production mécanique.
Les verriers constituèrent longtemps des castes à part parmi les autres artisans et bénéficièrent de nombreux privilèges.
Les premières verreries du Jura étaient échelonnées le long des cours d'eau. Trois facteurs étaient réunis pour favoriser leur établissement:
- du combustible en grande quantité;
- des gisements proches de sable vitrifiable;
- des cours d'eau pour le flottage du bois.
Verres creux découverts dans la région de Bienne
REGULA GLATZ
EXTRAIT DE LA MONOGRAPHIE DE REGULA GLATZ,
TRADUCTION DE JACQUES LEFERT, BIENNE
LA VERSION ORIGINALE A ÉTÉ CONDENSÉE AVEC LA COLLABORATION DE L'AUTEUR ET L'ACCORD DU SERVICE ARCHÉOLOGIQUE DU CANTON DE BERNE


Lieux et circonstances des découvertes

L'histoire du lieu d'une découverte, alliée au diagnostic archéologique, fournit de précieuses indications pour la datation et le classement des objets trouvés, ainsi que des informations concernant le niveau social des personnes qui les possédaient à l'époque. Commençons donc par quelques considérations consacrées à ces deux aspects.

Bienne, rue Basse, No 21
C'est au cours de l'automne 1987, en relation avec des travaux destinés à construire de nouvelles toilettes pour le restaurant Saint-Gervais, que le Service archéologique du canton de Berne (SAB) fut amené à procéder à une fouille de sauvetage sur les lieux du chantier. Les archéologues y découvrirent un puits, à l'origine puits artésien sans doute, converti par la suite en fosse septique. Outre les verres creux dont il sera question en détail plus loin, ils en retirèrent des culs de bouteilles, des morceaux de vitraux, des tessons de céramiques, des débris de briques et de tuiles, des catelles de fourneau et des ossements d'animaux. L'étude stratigraphique n'a malheureusement apporté aucune indication chronologique. Le tout avait été malaxé: des tessons trouvés dans les couches supérieures appartenaient à des objets dont d'autres parties ont été retrouvées dans les couches inférieures. Cette fosse d'aisance qui a livré ces objets extraordinaires n'était autre que les commodités de la Maison de l'abbé de Bellelay qui appartenait depuis la fin du XIIIe siècle à l'abbaye des Prémontrés de Bellelay. D'après Marcus Bourquin, l'abbé avait, en 1577, fait construire une nouvelle maison à la rue Basse. C'est au plus tard à ce moment-là que la fosse d'aisance en question fut abandonnée, car les commodités de la nouvelle maison avaient été installées en un autre endroit.
La Maison de Bellelay servait de pied-à-terre à l'abbé lors de ses visites dans la ville au pied du Jura; on peut donc supposer que ses habitants appartenaient à une classe d'un certain niveau. Bien qu'au XVIe siècle le verre creux était devenu d'usage courant dans les familles de la moyenne et de la haute bourgeoisie, la qualité et le choix exceptionnel des objets découverts - illustrés en particulier par les verres à pied refoulé décorés de filets et de cordons rapportés et d'autres ornements obtenus par soufflage en moule ouvert - témoignent du fait qu'il s'agissait bien d'habitants particuliers, en l'occurrence de membres du clergé.
La production du verre dans le Jura au Moyen Age
REGULA GLATZ
SUITE DE LA MONOGRAPHIE DE REGULA GLATZ

Les verres les plus exceptionnels des trois ensembles examinés sont à coup sûr les verres biconiques à pied refoulé. Les pièces de comparaison montrent qu'au XVIe siècle, c'est en France que ce type de verre était le plus fréquent mais on le trouvait aussi en Belgique et en Italie; en revanche, il n'a jusqu'à ce jour jamais été décrit de verre à pied refoulé provenant d'Allemagne. En Suisse, de tels verres ont été découverts lors de fouilles faites sur le site d'une verrerie située dans le Jura bernois («Vieille verrerie», Le Chaluet) ainsi qu'au château de Hallwil (AG). Les archives prouvent que des verres à pied refoulé étaient produits dans la vallée de Chaluet, peut-être dès le XVIe siècle, certainement à partir du XVIIe. D'autre part, il convient de souligner l'exceptionnelle concentration de trouvailles «verrières» en ville de Bienne et dans ses environs immédiats.
Ces faits incitent à formuler l'hypothèse suivante: les verres creux trouvés à Bienne ont été fabriqués dans les environs boisés septentrionaux de cette ville, de part et d'autre d'un axe de communication nord-sud utilisé depuis l'époque romaine.
Penchons-nous plus avant sur cette supposition. Pour ce faire, il convient, dans un premier temps, de dresser un inventaire des verreries du Jura. Enfin, il s'agira de tirer les conclusions et d'apprécier la plausibilité de l'hypothèse à la lueur d'ana-lyses complémentaires.

Les régions des verreries
Nos connaissances actuelles concernant les verreries moyenâgeuses sont lacunaires et reposent en partie sur des suppositions. C'est pourquoi nous tenterons de présenter pour chaque verrerie un abrégé de son histoire. Dans ce contexte, il est indispensable de mentionner aussi les noms des familles de verriers, parce que cela permet de suivre leurs migrations en fonction desquelles il n'est pas exclu de découvrir d'autres sites de verreries (cf. Envelier-p. 32).
Bien qu'en position excentrique, Bienne constitue en quelque sorte un centre de trois régions de verreries que nous nommerons «Jura bernois», «Jura soleurois» et «Vallée du Doubs».
Pour installer une verrerie au meilleur endroit, les maîtres verriers du Moyen Age ne s'embarrassaient pas de frontières politiques, mais faisaient leur choix d'après les besoins en matières premières. Notre répartition en régions «cantonales» n'est donc qu'un artifice et ne peut d'ailleurs pas toujours être respectée.
Les conditions indispensables pour l'installation d'une verrerie étaient de pouvoir trouver à proximité immédiate les matériaux nécessaires: bois, eau, sable (quartz) et argile. Les verreries mentionnées ci-après étaient donc pour la plupart établies le long d'un cours d'eau et, à l'époque, en pleine forêt.
1935: le verre à vitre est produit mécaniquement
Le système de production repose sur le principe de l'étirage mécanique conçu en 1912 par l'ingénieur belge Fourcault. Le système inventé par ce dernier est exploité par le puissant groupe belge Libbey-Owens. L'usine de Moutier est au bénéfice exclusif de la licence Libbey-Owens pour la Suisse.
Première étape de la production: la préparation du mélange qui, fondu, donnera la pâte de verre. Elle s'effectue dans la salle de composition où les matières vitrifiables, dont la plus importante est du sable fin très pur, sont minutieusement pesées et mélangées dans un tambour rotatif. Elles en sortent sous la forme de poudre appelée composition et sont acheminées vers le four par un élévateur à godets et un transporteur à vis sans fin.
Devant le bassin de 500 mètres cubes se trouve une vaste trémie. C'est là que la composition se déverse périodiquement dans une cuvette dite de renfournage. Ce mélange est additionné de déchets de verre. Les renfourneurs, ouvriers attachés à la conduite du four, le poussent dans celui-ci et, au moyen de longs crochets, le placent sous le feu des brûleurs où il fond rapidement.
Le four a plus de 20 mètres de longueur et 8 de largeur. Il contient un véritable lac de verre chauffé au gaz. Un nombre considérable de calories est nécessaire pour obtenir les températures de 1400 degrés qui règnent dans le bassin où 900 tonnes de verre sont en fusion. Le gaz nécessaire au chauffage du four est fabriqué par les Verreries de Moutier elles-mêmes, au moyen d'une batterie de gazogènes Chapman qui alimente les brûleurs. A l'extrémité du four se trouve une partie dépourvue de brûleurs et destinées à l'affinage.
Les derniers verriers
PROPOS RECUEILLIS PAR FRANCIS STEULET

Pierre Mérillat

Pierre Mérillat, né en 1913, est le dernier survivant à avoir produit du verre à vitre à Moutier. Il a passé toute son existence au service des Verreries de Moutier où il est entré en 1930. Ayant pris sa retraite en 1975, il fourmille toujours de souvenirs sur cette période essentielle de sa vie.

Quel était votre secteur d'activité?
PM: J'ai travaillé d'abord au magasinage, comme manoeuvre. J'étais occupé au transport du verre. A cette époque, les Verreries de Moutier ne fabriquaient que du verre à vitre. J'ai ensuite été occupé au découpage du verre, en travail par équipes.

Comment sortait la feuille du four?
Elle sortait à plat, en système continu, contrairement aux machines modernes, avec sortie verticale.

La matière première?
C'était le sable quartzeux, appelé sable vitrifiable. A l'époque, il provenait de Belgique; il devait être très blanc pour être de bonne qualité. Le sable devait d'abord être séché. Le déchargement des camions, puis le séchage se faisait manuellement, à la pelle. Durant la guerre, en raison des difficultés d'approvisionnement, on remit en activité certaines carrières des environs, au Mont Girod et à Souboz, si mes souvenirs sont exacts.

Et le charbon pour alimenter le four?
Le charbon provenait de la Ruhr, en Allemagne. Il servait à produire le gaz qui chauffait le four. Une équipe d'ouvriers déchargeait les wagons, à la gare de Moutier, et chargeait les camions. Ces gars passaient toute la journée à peller. Les camions étaient de vieux Berna; certains avaient encore des pneus pleins!
Je me souviens qu'en 1942, nous avons manqué de charbon; nous l'avons compensé par du bois. Nous en brûlions jusqu'à 40 stères par jour.
Les Verreries de Moutier
Les Verreries de Moutier

Rappel
Les verreries jurassiennes ont vu le jour, pour la grande majorité d'entre elles, échelonnées le long des rivières de la Birse, du Doubs, ou de leurs affluents. L'éta-blissement dépendait alors de trois facteurs:
- des gisements de sable vitrifiable;
- du bois en quantité;
- la proximité d'un cours d'eau.

La présence de gisements de sable quartzeux à Saicourt, au Fuet, à Péry, à La Heutte, à Champoz, à Mont-Girod, est à l'origine de la fondation et du développement de nombreuses verreries dans le Jura bernois. L'historique de leur fondation est décrit au chapitre précédent. La pénurie de bois fut la cause principale de la fermeture de ces verreries régionales.
On sait que l'un des fils de la vieille famille française de verriers Châtelain, établie à Blancheroche sur le Doubs, reprit la verrerie de Roches en 1817. Célestin Châtelain exploita la verrerie de Roches jusque vers 1840. Après avoir habité Delémont, il s'établit définitivement à Moutier en 1840.

Une verrerie pour 800 louis d'or
Le 8 novembre 1841, Célestin Châtelain achetait la tuilerie sise au Pré Collin Marchand et trois autres terrains voisins à Moutier, pour la somme de 800 louis d'or, soit 12 000 livres suisses de l'époque. Ces propriétés appartenaient à Charles-Henri Moschard, docteur en médecine et juge au Tribunal de Moutier.
C'est ainsi que les Verreries de Moutier virent le jour. La situation était excellente, puisqu'un sable de bonne qualité se trouvait à proximité, avec les pierres à chaux et les pierres réfractaires nécessaires pour les fours.
Un premier succès marquant: le rapport de l'Exposition universelle de Berne, en 1857, fait l'éloge des verreries de Moutier, en leur décernant une médaille d'or.
Les Verreries de Moutier au début du XXe siècle.
A cette époque, neuf verreries étaient exploitées en Suisse: leur production moyenne annuelle était de quinze mille quintaux de verre (verre ordinaire, verre à glace, verre d'ornement). Le nombre des ouvriers verriers était à cette époque de 1500 environ; Moutier en avait soixante. Les souffleurs, ouvriers spécialisés, recevaient un salaire de 260 à 300 francs par mois, mais il y avait des périodes de «four-mort» sans salaire. Les aides recevaient un salaire de cinq à six francs par semaine.
Verres industriels S.A. Moutier
INFORMATIONS FOURNIES PAR M. ALEXANDRE SERAVALLI PRÉSIDENT DES VERRERIES DE MOUTIER S.A. ET DE VERRES INDUSTRIELS S.A. MOUTIER

Fin de la production du verre à vitre à Moutier
En 1976, la mise au point d'une nouvelle technologie, le système Float, procédé de fabrication où le verre à vitre flotte sur un bain d'étain, sonne le glas de la production de verre à vitre à Moutier. Cette nouvelle méthode permet une production de masse plus rationnelle, pouvant atteindre quatre à six cents tonnes de verre par jour. Ce chiffre peut être poussé jusqu'à mille tonnes par jour.
C'est le cas à Moustier en Belgique, où trois usines en parallèle, dans des halles couvertes de 12 hectares, produisent actuellement trois mille tonnes en 24 heures. Soixante camions de 40 tonnes peuvent être chargés en 20 minutes.
Ce nouveau procédé de fabrication a pour conséquence un abaissement du prix de production. Le prix du mètre carré, de 4 mm d'épaisseur, de Fr. 24.- en 1976, s'effondre à Fr. 12.- en 1978. En 1997, le mètre carré est fourni au prix de Fr. 5.-. En 1976, les Verreries de Moutier fabriquent 250 tonnes de verre à vitre par mois. Cette production suffisait à couvrir les besoins de la Suisse. Or, pour lutter de façon efficace avec la concurrence étrangère, les Verreries de Moutier auraient dû investir 300 millions de francs dans la construction d'une nouvelle usine hautement performante. Mais il aurait alors fallu trouver des débouchés à l'étranger, pour écouler le surplus de production. Ce nouveau procédé n'avait plus sa place dans le contexte suisse et les Verreries de Moutier se virent avec peine condamnées à cesser la production de verre à vitre.
Dans le but de diversification de la production, les Verres industriels de Moutier furent créés en 1955. Ce département se spécialisa dans le domaine des verres spéciaux, isolants, chauffants et de sécurité.

Les orientations actuelles
Aujourd'hui, la matière première, le verre float, arrive à l'usine en plaques standard de six sur trois mètres. La gamme des différentes réalisations est créée par les diverses transformations que va subir cette matière. Cette dernière est trempée, tant thermiquement que chimiquement, chauffée et pressée avec les matériaux intercalaires, fondue ou bombée, suivant les cas. On obtient ainsi divers produits finis, par exemple capables d'arrêter une balle de 44 magnum, ou plus simplement, capables d'isoler un édifice de façon efficace.
Le verre dans tous ses éclats
Propos recueillis par Sylvie Zaech

Françoise Bolli

Domiciliée à Nidau, tout à côté de Bienne, Françoise Bolli est née en 1963 à Genève. Elle crée des vitraux, des «sculptures» de verre et des objets usuels. Elle a acquis une grande partie de sa formation d'artiste verrier en Australie, à l'Australian National University de Canberra. Auparavant, elle a suivi les cours de l'Ecole supérieure de vitrail et de créations de Sion ainsi que ceux de l'Ecole cantonale d'art de Lausanne (infographie 3D). La jeune femme a fréquenté des stages à l'étranger, notamment en Angleterre et en Allemagne. Parmi ses nombreuses expositions personnelles et collectives, citons les plus récentes du Centre international du vitrail à Chartres (F), de la Galerie «Im Magazin» à Dresde (Allemagne), du Centre d'arts appliqués à Genève, de la Käfigturm de Berne et du Musée suisse du vitrail à Romont. Françoise Bolli a créé des vitraux pour les chapelles de Le Vaud (CH) et de Veyrier (GE). Ses oeuvres sont aussi à voir à la Résidence de Saconnay (GE) ainsi qu'à l'Ecole supérieure de commerce Saint-Jean (GE). Elle travaille actuellement à la création de vitraux pour la Chapelle Saint-Nicolas de Nidau.

Réfléchie, tour à tour joyeuse ou grave, Françoise Bolli nous parle de son métier d'artiste verrier. Un chemin hors des sentiers battus pour une jeune femme qui manie plaques de verre, cuissons ou polissages avec autant d'énergie que de délicatesse.

Comment en êtes-vous venue à choisir le verre pour vous exprimer artistiquement?
Je n'ai pas choisi cette matière en tant que telle. Elle est pour moi un outil, un support qui me permet d'aborder les thèmes de l'espace et de la lumière. Le verre est ambivalent: une fenêtre, cela ouvre et ferme à la fois. Elle laisse passer la lumière et la lumière transforme l'espace. N'oublions pas que le verre a révolutionné l'habitat, avant lui, nous vivions plutôt dans le sombre. Ceci dit, le verre est aussi fascinant parce qu'il peut contribuer à des créations à cheval entre l'être et le paraître, où la transparence n'est pas innocente. Dans certains de mes plats, par exemple, il est une matière qui, par son jeu avec la lumière, peut créer des motifs qui ne sont en fait qu'illusions.
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