REVUE N° 50
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  • Sommaire
INTERVALLES Préambule
ODILE BRENZIKOFER L'aventure d'une utopie devenue réalité
FRANCIS BOURQUIN Editorial n°1, septembre 1981
ENTRETIEN AVEC FRANCIS BOURQUIN Regards
Relectures
FRANCIS STEULET Souvenirs et huile de coude
ALAIN PERRENOUD Respiration bienvenue
Eric Sandmeier Lettre ouverte à un ami
FRANÇOISE TSCHANZ Intervalles de culture
SYLVIE ZAECH Traquer la faute
FRANÇOISE HIRSCHI L'humain avant tout
JEAN-CHRISTOPHE MÉROZ «www.neant.ch»
JEAN-DOMINIQUE HUMBERT Une rayonnante histoire, n'est-ce pas?
ODILE BRENZIKOFER Une revue, phénomène éphémère?
ODILE BRENZIKOFER Revues, nos soeurs
Notices biographiques
INTERVALLES A l'horizon du centième...
©Intervalles
N° 50  Revue
Titre
Auteur
texte
Préambule
INTERVALLES
Ce cinquantième numéro d'Intervalles est l'occasion d'une pause que nous avons souhaité consacrer à la revue.
La nôtre, pour commencer, sur laquelle nous désirions jeter un regard rétrospectif, nous interroger sur son origine pas tant circonstancielle qu'intellectuelle: qu'est-ce qui a pu, en effet, motiver le lancement de cette revue et quels en étaient les buts? Après avoir rappelé cette naissance, nous reproduisons donc l'éditorial de 1981 qui explique les intentions des fondateurs.
A l'occasion d'un entretien à bâtons rompus, Francis Bourquin, qui était l'interprète des choix du comité d'alors, considère cet espace-temps de près de dix-huit ans durant lequel Intervalles s'est faite le reflet de la vie culturelle dans la région. A travers les propos de ce poète, défenseur engagé de la langue sous toutes ses formes d'expression, c'est tout un tableau des enjeux culturels contemporains qui apparaît.
Intervalles vit par ses lecteurs autant que par ses «faiseurs». On peut se demander ce qu'il peut y avoir de motivant à poursuivre cette démarche «revue»; les membres du comité, généralement travailleurs de l'ombre, ont pris leur plume pour répondre à cette question, éclairant également, de manière personnelle, plusieurs aspects de la production d'une revue.
Lecteur averti, Jean-Dominique Humbert nous donne ensuite son sentiment de critique sur la place occupée selon lui par Intervalles dans le petit monde des revues romandes. Il nous permet ainsi d'aborder la troisième partie de ce sommaire: l'interrogation sur le phénomène plus général que représentent la naissance et l'existence de revues culturelles. Nous avons voulu associer nos soeurs, grandes et petites, à cet anniversaire, en présentant quelques-unes d'entre elles, démonstration de la diversité et de la vitalité de cette forme d'expression.
La nouvelle présentation de la revue suppose, bien sûr, la foi en un avenir. Il était donc nécessaire de nous demander ce qui validait la poursuite de nos activités; ce tour d'horizon a permis de mieux percevoir encore le désir de faire connaître, de mettre en évidence ce qui constitue notre culture, entre spécificité et ouverture.
Un tiré à part des articles publiés dans les cinquante premiers numéros d'Intervalles est inséré dans cette revue. Il constitue une ébauche de catalogue que nos lecteurs pourront également consulter sur le site Internet d' Intervalles* ainsi que certains articles significatifs. Avec ce nouvel accès à notre revue, nous espérons aussi leur offrir une possibilité d'échanges différents.

L'aventure d'une utopie devenue réalité
ODILE BRENZIKOFER
Hommage aux pionniers

Germes
Dix-sept ans plus tard, on peut encore se demander ce qui a bien pu présider à la naissance d'une revue culturelle; le fait qu'elle se situe dans notre région semblait une improbabilité supplémentaire... Les membres fondateurs répondent avec la simplicité de l'évidence: «Nous avions envie de créer une revue culturelle, nous l'avons réalisée»...
Innocence admirable pour qui sait les aléas d'une telle entreprise! Il fallait compter avec l'isolement d'une petite équipe, convaincue certes, mais qui ne sait pas encore si elle fera plaisir à autre qu'à elle-même; avec le scepticisme, l'intérêt poli voire condescendant qui salue généralement ce genre de projet; l'incertitude, aussi, des conditions matérielles; à quoi il faut encore ajouter l'ignorance totale quant à l'existence possible de futurs lecteurs et à leurs réactions. Impossible enfin de prévoir la durée de l'entreprise qui pouvait, comme tant d'autres, n'être qu'un feu de paille...
Des récits du début, il est possible de percevoir cependant des atouts solides: une conviction d'abord, celle que cette région contient, tout autant qu'une autre, des richesses culturelles qu'il convient de mettre en évidence, de faire connaître, ou de soutenir; des écrivains, des créateurs contemporains ou passés, un patrimoine, des projets, ce qui fait, en un mot, la substance d'une région.
Un goût certain pour l'action, ensuite: une revue, c'est, en effet, une activité concrète, matérielle. Il s'agit de rassembler des éléments épars sur un thème, élargir et approfondir la connaissance qu'on en a, trouver des rédacteurs capables d'écrire sur ce qu'ils connaissent, ce qui n'est pas forcément lié. Les connaisseurs s'accordent à relever que cette mise en oeuvre s'est accomplie, de plus, avec un souci marqué de la belle ouvrage.
Ces qualités intrinsèques se sont accompagnées d'une conjoncture particulière, il faut le dire. La partie française du canton de Berne s'était trouvée amputée d'une partie de ses forces vives après les plébiscites. Il y a certainement eu, à ce moment, un besoin de survivre en tant que francophone; nécessité aussi de résister aux Cassandre qui déploraient un «désert culturel» du sud, tout en s'appliquant à le marquer. Ce qui était blessure devint, alors, volonté d'exister, raison d'entreprendre.
La gestation fut longue; ils étaient plusieurs à chercher, de manière isolée, comment réaliser ce projet; réunis, ils passèrent des soirées interminables à discuter, projeter, élaborer...
Editorial n°1, septembre 1981
FRANCIS BOURQUIN
1
Les dictionnaires sont unanimes: en vertu de son étymologie, Intervalles a plusieurs acceptions, relatives à des domaines aussi divers que le temps et l'espace, les mathématiques et la physique, l'art des sons et celui des armes; et elles comportent toutes une idée, soit de séparation entre données de même nature, soit de mise à part d'un ensemble par rapport à d'autres. Significations dont nous nous accommodons, tout en visant à les dépasser.

2
Il est vrai qu'il y a pour nous souci d'illustrer un particularisme, ou du moins des particularités, qui nous distinguent de nos voisins plus au moins immédiats. Une région est là, qui est le lieu quotidien de nos travaux et de nos jours. Elle a d'abord ses paysages propres, vallées et replats, crêtes et cluses, pâturages et vignobles, villages et cités, qui relèvent pour chacun de nous d'une fidèle géographie du coeur. Elle a ses communautés civiques et sociales, ses problèmes d'économie et d'industrie, ses institutions originales, ses artistes aussi, de tous ordres; et de cette entité, nous sommes solidaires. Si son décor naturel, dans ses grandes lignes, est resté semblable à lui-même au long des temps, les occupations et les structures de la population, les moeurs et les croyances, le langage même, ont marqué les époques successives d'assez de changement pour qu'il s'en dégage, du flux général des siècles, un visage propre aux gens et aux choses d'ici, - une identité, pour tout dire, intrinsèque.
Cet embranchement de l'histoire qui est nôtre, tout l'héritage d'un proche passé, d'une présence multiforme, les voies et les voix d'aujourd'hui, on les a trop souvent méconnus, voire ignorés. Ici même, autant qu'ailleurs. Il importe à présent d'en parler, d'en décliner les qualités, d'en exprimer l'essentiel. Prise de conscience? Sans doute. oeuvre d'amour, aussi: dire, c'est donner vie.

3.
L'aventure peut et doit être de double conséquence: rassembler et rayonner. D'abord rassembler. De par sa conformation géographique, le Jura bernois s'est trouvé longtemps - à l'image, du reste de la Suisse romande dans son ensemble - compartimenté. Les moyens modernes de déplacement ont aboli ce que les contacts entre vallées avaient de malaisé. Il en est pourtant demeuré quelque tendance, parfois, à un individualisme régional. Les nécessités d'un commun destin obligent d'aller au-delà, sans renier nulle diversité. Dès lors, Intervalles, 21 animant d'un souffle nouveau les échos du vocabulaire, devient pour nous slogan de réunion, de ressemblances: «inter vallées», c'est tout ce qui, d'autrefois à aujourd'hui, n'a cessé d'affirmer des liens vivaces et vitaux entre nos vallées.
Et puis rayonner. Nous savons bien que nous ne saurions être nous-mêmes que pour nous seuls, à l'écart des autres, dans un espace clos de palissades (n'est-ce pas le sens premier d'intervallum?) géographiques, politiques ou morales. Une région comme la nôtre n'existe pas si elle n'est reconnue et saluée par ses voisines. Notre cheminement historique, la louange de nos sites et cités, l'aveu de nos réussites ou difficultés, le message de nos écrivains ou de nos peintres s'inscrivent dans une perspective qui dépasse nos étroites limites: notre voix particulière, si nous souhaitons qu'elle soit pleinement entendue, ne trouve sa juste valeur que par les résonances qu'elle peut susciter parmi les autres communautés, cantonales ou linguistiques, de notre pays, - qu'en tenant sa place dans un plus vaste ensemble de témoignages où prend peu à peu son sens le destin de la Suisse en général, et plus spécialement de la Suisse romande.
C'est dire que la revue qui naît aujourd'hui veut rester une revue ouverte. Au gré de 3 à 4 numéros par année et en fonction des thèmes qu'elle abordera, elle donnera la parole, autant qu'aux Jurassiens (restés au pays ou établis extra muros), à des collaborateurs venus d'horizons plus éloignés. Ainsi ces pages ambitionnent-elles de devenir un lieu de rencontre et de confrontation, l'affirmation d'une amitié dans la diversité, - un moyen de dépasser, sans les condamner, les «intervalles» qui distinguent nos régions.
Regards
ENTRETIEN AVEC FRANCIS BOURQUIN
Francis Bourquin est un acteur parmi les plus marquants de la vie culturelle de la région. Son regard est celui d'un homme qui, inlassablement, s'est employé à faire connaître la création émanant du Jura bernois et au-delà. Lors de l'entretien que nous reproduisons ci-dessous, il considère, à travers son parcours, l'évolution de notre environnement culturel ainsi que des conditions de la production artistique.

- Membre cofondateur d'Intervalles, vous avez été enseignant, chroniqueur tant dans la presse écrite que radiophonique, rapporteur de la vie de la région; vous avez été responsable de pages littéraires dans le Journal de Genève et le Journal du Jura, auteur de nombreux articles critiques, directeur d'éditions, auteur, enfin et surtout, de plusieurs recueils de poésie... Que retenez-vous de toutes ces activités?
- Ce qui me paraît primordial, c'est l'expression poétique. Lors d'une conférence où je présentais trois poétesses romandes, j'ai surpris mon auditoire en affirmant que la poésie devrait constituer l'actualité prépondérante. Au-delà de la boutade, j'ai, en effet, la conviction profonde que la poésie n'est pas un ornement extérieur, mais l'expression d'un mouvement profond de l'être. En laissant les événements qui nous touchent résonner en nous, nous leur permettons de nous révéler à nous-mêmes, au plus profond de notre être. Le langage poétique c'est la découverte, le rayonnement, à travers les mots, de ce qui dépasse les mots eux-mêmes. Au fond, la poésie, c'est l'apprentissage de la vie profonde... Et lire un poème, c'est souvent trouver ou retrouver l'équivalent d'un mouvement, d'une expérience, d'une ouverture vers ailleurs, vers l'autre. Aussi l'effort du poète est-il de concentrer à travers les images cet essentiel; il s'agit de le rendre sensible, de le désigner, de tenter de le communiquer par le pouvoir des mots. La musicalité de la poésie est importante, ses sonorités, ses rythmes, autant que les images. Musique des mots, musique des âmes, qui permet de rejoindre cet indicible autour de quoi on ne cesse de tourner.

Cette tâche est une forme d'ascèse qui demande temps et disponibilité, conditions rares tant chez le poète que chez ses lecteurs potentiels...
Relectures
Parmi les 49 premiers numéros, Sylvie Zaech a choisi cinq illustrations significatives, pour elle, de la démarche d'Intervalles. Elle leur donne son propre commentaire, témoignage de sa lecture.

Cendrars le voyageur et l'aventurier, avait une écriture tranquille malgré sa blessure. Celui qui voyait plus loin que sa vallée suisse alignait les mots avec la graphie potelée d'un instituteur bien nourri. Curieuse ambiguité parce qu'à lire ses textes, on se serait attendu à une graphie enlevée et audacieuse. Et on aurait presque pensé, à se laisser aller à ce flot simple et vigoureux, que l'auteur ne connaissait pas la rature. Erreur là encore, ce manuscrit nous rappelle que l'auteur connaissait aussi le doute. Il essayait, traçait, hésitait et comme tout bon artisan, fignolait patiemment. A chaque petite décision, il prenait un chemin plutôt qu'un autre, il se lançait dans l'inconnu d'un texte non encore écrit.

Un monsieur, un tout petit monsieur qui baisse la tête sous la neige, un jour de Vendredi Saint. Il mourra sous la neige aussi, tombé lors d'une promenade hivernale. Un dernier cliché de la police le montre étendu, inerte au bout de ses traces de pas. La photo n'est pas triste, elle est sereine et on a l'impression d'entendre le silence qui recouvre la nature. On a souvent dit que Walser était asocial, sauvage et - peut-être - fou. On l'a plus rarement perçu comme un être libre et délié des conventions, protégé par son excentricité. «Pourquoi devrais-je être ce que je ne suis pas et ne pas être ce que je suis? Ce serait une stupidité», écrivait-il.

La valeur historique des objets m'échappera toujours. Certes je les admire, les touche et les flaire mais finalement, le présent passe avant. Je me suis chauffée trois hivers avec un poêle Landolt et le pauvre n'a jamais eu le respect craintif qui lui était dû. Il a eu par contre toute mon affection pour les feux merveilleux que j'y ai faits au petit matin, dans la tempête ou le brouillard. D'abord le papier, puis le tout petit bois et l'allumette. Pendant le déjeuner, les bûchettes lui donnaient de l'ampleur et juste avant de m'en aller, j'enfilais trois longues et lourdes bûches. Et je m'en allais avec le sentiment diffus de revenir le soir tranquille, attendue par cette présence douce et chaude, par ce rayonnement presque humain de la pierre.

J'ai toujours aimé le regard de l'auteur derrière ses grosses lunettes, ce flou qui cache un esprit acéré. L'heureuse surprise que de découvrir la force derrière le geste rond, la fermeté sous un masque de gourmand. Une chemise bien boutonnée, un veston sage et une pose tranquille. Derrière cela, il y a un homme dont l'intelligence est désarmante, un homme dont l'âge n'atteint que l'enveloppe. La jeunesse et la beauté, pourquoi pas, mais voir la vie filer et continuer à lutter, à vibrer, à fulminer ou à fondre de tendresse! Ne s'asseoir que le temps qu'il faut pour reprendre des forces, puis continuer son chemin en portant sur la vie ce regard si doux.

i comme iris
u comme usine
o comme orange

Lydie va à l'école de Courtelary.
Toute petite, penchée sur mon premier livre de lecture, Courtelary était pour moi encore une abstraction et son école une illustration comme tant d'autres. Pour être honnête, tout cela m'était absolument indifférent. Seul comptait le Y grec, cet inconnu qu'il me faudrait intégrer dans un alphabet déjà affolant. Mais il faudrait aussi apprendre à l'écrire et je frémissais déjà devant cet amas de jambages grassouillets. En esprit, ma gomme faisait des trous, mon crayon s'enfonçait dans le papier puis cassait. Et je finissais ma ligne de Y au bord du désespoir, le nez sur la feuille, la paume moite et la gorge nouée. Alors que dehors tout appelait au galop libérateur, des prairies parfumées aux sous-bois humides.
Souvenirs et huile de coude
FRANCIS STEULET
La revue que vous tenez entre les mains ne s'est pas faite toute seule, vous vous en doutez bien. Elle est le résultat d'un travail d'équipe parfois long, parfois laborieux mais toujours enthousiasmant. Dans cette rubrique, que nous avons conçue comme une lucarne sur le comité d'Intervalles et de ses proches, vous découvrirez les motivations des uns et des autres, le pourquoi de leur engagement qui dure pour certains depuis de longues années. Entre la réflexion, l'enthousiasme, le coup de gueule, la rêverie ou les souvenirs, vous capterez nous l'espérons ce lien humain et non verbalisable qui fait qu'Intervalles existe.

Lorsqu'en 1981, Walter Wenger et Jean-Roland Graf me contactèrent afin de collaborer au lancement d'une revue culturelle consacrée au Jura bernois et à Bienne, je dressai l'oreille.
Je fus d'emblée favorable à cette initiative, surtout parce que nos contrées, peu démonstratives, concentrées avant tout sur la bien facture de leurs produits mondialement connus, n'éprouvaient que trop peu le besoin de parler d'elles-mêmes, de présenter leurs richesses littéraires, picturales et culturelles en général. Car notre région, enchevêtrement de chaînes, cluses et plateaux, est une mosaïque qui n'existe finalement que si elle est présentée à ses voisins. Assurer la parution d'une revue culturelle permettait de dévoiler quelques faces cachées de ce Jura bernois méconnu hors de ses frontières.
C'était l'opinion de la poignée d'idéalistes du début. Une petite équipe, pleine d'enthousiasme, se mit donc au travail. Chaque membre s'efforçait d'apporter sa pierre à l'édifice commun, en proposant des thèmes pour les numéros suivants, sous la présidence de Claude Merazzi et du rédacteur Jacques Dumont.
Des années durant, je me suis occupé plus spécialement de la présentation graphique, en collaboration avec Jacques Dumont, dont on connaît les préoccupations de respect de la qualité. Le choix de la couverture, la présentation des textes, le format des illustrations habillant les thèmes retenus, se présentaient comme une sorte de «refrain» trimestriel. Pour Jacques, il n'y avait pas de compromis. Assurer trois fois par année la parution d'une revue culturelle devait se caractériser par une permanence dans la continuité. Il fallait, dès les premiers numéros, s'attirer la sympathie, imposer un style, en d'autres termes se créer une place au soleil.
Je me souviens du numéro 15, de juillet 1986, au contenu respectable de 200 pages, consacré à Bellelay, un haut lieu de la culture dans l'ancien Evêché de Bâle. Sa réalisation posa un problème de mise en pages, car les armoiries ou portraits des 42 abbés de l'ancienne abbaye de Prémontrés devaient venir se placer à des endroits précis dans le corps du texte. Jacques et moi-même attaquions la confection de la maquette à 16 heures, pour la terminer à près de 23 heures, pratiquement sans pause!
Respiration bienvenue
ALAIN PERRENOUD
Pause, souffle, respiration.Parenthèses.Entre 17 h 00 et 20 h 00. Entre travail et famille.Moments culturels. Moments privilégiés. Moments éphémères.Loin de ma réalité de biologiste, de ma réalité d'indépendant.J'aime ce décalage entre ma profession et Intervalles.Décalage?Non, plutôt différence, voire même complémentarité.Tirer des parallèles entre ma profession et des activités culturelles, tisser des liens entre des choses qui paraissent à mille lieues l'une de l'autre.Tisser des liens entre des régions. Nostalgie de l'ancien Biennois, du nouveau Chaux-de-Fonnier, mais travaillant à Bienne et ailleurs? Non.Plutôt une question d'ouverture. Sortir du cadre de Bienne et du Jura bernois. Ouverture vers les Montagnes neuchâteloises, vers le Plateau des Franches-Montagnes, vers ailleurs.Mais avant tout, Intervalles, ce sont des gens.Convivialités, échanges, moments privilégiés.Des femmes et des hommes qui ont des idées, qui s'engagent,qui aiment ce qu'ils font.Et c'est cela que j'aime fondamentalement dans Intervalles.
Lettre ouverte à un ami
Eric Sandmeier
Bienne, le 8 mars 1998

Cher Jean,

Je reviens à notre dernière rencontre chez toi à Genève.
Après avoir arpenté notre passé comme seuls des amis savent le faire, nous avons parlé de la disparition récente du Journal de Genève et du Nouveau Quotidien dont l'absence, me disais-tu, creusait un trou dans tes lectures.
Derrière nous, sur l'un des rayons de ta bibliothèque, près d'une cinquantaine de numéros de la revue Intervalles étaient alignés comme des catelles colorées.
Il a suffi qu'un rayon de soleil les éclaire pour que toute notre conversation bascule et nous fasse revivre des temps où notre regard de lettreux branchés se portait ailleurs. Nos maîtres, libérés de tous les réduits militaires et littéraires qui les avaient ceinturés pendant la guerre, nous y avaient invités.
Tu trouvas le large dans les parutions très pointues de la critique la plus contemporaine. Je me plongeai dans des revues qui me donnaient la certitude d'être planté à la proue du modernisme. Toutes les cuvées de l'écrit produites hors des parchets de St. Michel ou de St. Germain n'étaient que piquettes provinciales. Nous étions magnifiquement curieux et très ignorants. Nous étions arrogants, pitoyables souvent.
En cette fin d'après-midi de mars, au-delà de la rade, les crêtes du Jura s'assombrissaient. Sans frontière, elles n'étaient qu'une longue ligne noire couchée dans le ciel violet.
- Tu te souviens de Norman du département d'anglais à Canterbury? Son séminaire de littérature comparée portait sur la littérature des plaines et des montagnes. Il analysait des textes sous des éclairages qui débordaient largement toutes les grilles culturelles dans lesquelles nos idoles se cantonnaient. Quand il vint à parler de l'image poétique des reliefs jurassiens et alpestres, il se tourna vers nous pour nous demander si nous connaissions des textes semblables à ceux qu'il empruntait aux patrimoines culturels des Highlands et des Montagnes rocheuses.
Tu me regardas. Je te dévisageai furtivement. Nous n'avions jamais eu l'air aussi plouc.
Depuis, nos horizons s'ouvrirent. Notre goût des choses d'ici se dilata sur plusieurs registres. Si des images picturales ou poétiques magnifiaient nos paysages quotidiens et si des gens venant d'autres latitudes agrandissaient notre champ culturel, la curiosité que nous avions pour ce qui nous parvenait du dehors n'était en rien entamée. Nous restions intraitables. Du temps de nos mépris juvéniles, nous avions souvent ri de l'expression «ce coin du pays». Elle ne cesserait jamais de nous irriter. Si nous prenions racine, ni mâts ni drapeaux n'en germeraient jamais.
Au moment où je m'apprêtais à te quitter, samedi, tu pris un numéro d'Intervalles posé sur ta table de travail.
-C'est le numéro, me dis-tu, qui a été écrit par les habitants de la commune dans laquelle j'ai passé mon enfance. Elle m'a appris à découvrir des gens qui m'ont aidé à me bâtir avant que d'autres viennent consolider et fragiliser la modeste construction que je suis.
Tu voudras bien me dire si je ne me suis pas trop égaré dans nos ruelles en t'infligeant ici quelques bribes bien narcissiques d'une progression qui n'est pas tout à fait étrangère à la lecture dont tu venais de me parler.
Bien amicalement,
ERIC
Intervalles de culture
FRANÇOISE TSCHANZ
C'est quoi, Intervalles? Une revue culturelle élitaire qui croule sous la poussière? Une référence pour tout étudiant intéressé par la région? Un recueil incontournable pour toute personne curieuse d'en connaître les caractéristiques? Et si Intervalles permettait de prendre du recul, d'ouvrir un espace dans le temps, et dans l'espace?
Juin 1993. Une trentaine de brochures sont alignées sur les rayons de la bibliothèque communale. Chacune a sa couleur, son épaisseur. Et presque son odeur. Le patrimoine rural est tout lisse, semble ne pas encore avoir été emprunté. Les crêtes du Jura n'ont pas été restituées... Sont-elles déjà épuisées? Quant au dernier exemplaire paru, consacré à l'horlogerie, il n'a pas encore quitté la vitrine de la librairie...
Mais où est donc passé ce bouquin? Il me le faut absolument pour compléter ma recherche sur la Prévôté. Voyons... Renan, le carnaval jurassien, de la littérature, puis de l'économie. Ah! voici Saint-Germain. Heureusement que la tranche des numéros les plus récents annonce leur contenu.
Voyons le sommaire. «Moutier, ruche bourdonnante», «Les aventures d'une charte de franchise», une description du Raimeux... Tiens, quel est ce bâtiment en voie de démolition? Je ne l'ai jamais vu! Dommage que ces documents ne soient pas datés. Qui donc se souvient encore de la maison de Victor Lachat, à la place de laquelle a été construit le centre Coop? Et de l'ancienne gare, de l'ancienne poste, de l'ancienne église catholique? Histoires d'hier et d'aujourd'hui se suivent, donnant tant au lecteur dans le coup qu'au curieux non initié une idée de la ville. Cette toute récente monographie de Renan doit sans doute également apporter son lot de renseignements: «Ami Girard dans les pas de la Révolution», «Racines et rencontres», «Sculpture-Environnement» ... Le tour du village est là aussi complet. Et si j'empruntais aussi ce numéro?
Juin 1994. Plongée dans les méandres de la passée de Villeret, je passe de l'autre côté d'Intervalles. Le temps de saisir l'importance du travail caché derrière toutes ces couvertures. Ce cheminement dans les archives; ces rencontres avec les gens du coin; cette découverte des contraintes de l'édition...
Traquer la faute
SYLVIE ZAECH
Le manuscrit est arrivé par la poste et il fait bon sentir cette grosse enveloppe cartonnée et compacte. Avant, il y a toutes ces étapes où le flou domine et la patience est de mise. Les séances de conception lors desquelles les meilleures idées arrivent dans un éclat de rire ou sur le pas de la porte. Les contacts avec les auteurs bénévoles dont la disponibilité est primordiale. Après bien des hésitations, des retours en arrière et des bonds en avant, le volume s'est mis en place peu à peu. Ravie et étonnée, je l'ai vu prendre forme et se définir. Bien sûr, le tableau final ne correspond presque jamais à l'esquisse du début mais c'est dans l'ordre des choses. Les éléments d'une longue chaîne de production comme celle d'une publication ne peuvent être tous prévus et contrôlés.
Le paquet est donc là et je le dépose sur mon bureau avec respect, préparant aussi la règle pour suivre le texte à la ligne et le feutre rouge des corrections. Un feutre rouge que j'ai longtemps évité parce qu'il me rappelait trop l'école. J'ai fini par l'adopter car c'est malheureusement la couleur qui se remarque le plus.
La correction commence. Traquer les fautes, ce n'est pas adopter l'esprit étroit d'un censeur mais plutôt aiguiser son regard. Tout en sachant que l'erreur d'aujourd'hui sera demain, dans dix ou dans cinquante ans agréée par les esprits les plus normatifs. On l'oublie trop, la langue est humaine, elle évolue et échappera toujours aux naïfs grammairiens qui la jugent.
Mais les usages de 1998 sont ce qu'ils sont. Respectons-les comme nous le ferions des balises qui nous guident sur une mer agitée! Traquons le S qui manque, l'accent oublié, le verbe mal conjugué ou le mot suspect. Et, apprenons en passant qu'«atrabilaire» veut dire facilement irritable, que le «dragonnier» est un arbre et non un bateau et que «la Lys» est une rivière. Soyons tolérants pour une expression dont le seul tort est de ne pas nous plaire, alors qu'elle convient parfaitement à son auteur. Pas de pitié par contre pour la paresse intellectuelle et la négligence. Le lecteur mérite un minimum de respect. Méfiance enfin devant le manque de clarté que cachent souvent les expressions savantes et les mots rares. Ce n'est pas parce qu'on a du vocabulaire qu'on a quelque chose à dire.
La correction avance, le sentier se dégage et les racines qui font trébucher le lecteur disparaissent une à une. Bientôt viendra l'épreuve du bon à tirer, source de jubilation et d'angoisse. Comment, tous les textes sont là? Les légendes des illustrations et le sommaire aussi? La préface et l'impressum?
L'humain avant tout
FRANÇOISE HIRSCHI
Si l'on s'en tient aux faits, mon travail pour Intervalles est vite résumé, presque un peu sec. En effet, administrer cette revue, c'est tenir à jour la liste des abonnés, faire les expéditions hors abonnement, établir les factures et tenir la comptabilité.
Mais justement, je ne m'arrête pas à cela et mon attachement pour Intervalles se situe ailleurs, il est dans l'expérience humaine et la découverte.
Au fil des envois, j'apprends à connaître ma région, je voyage en imagination. J'ai établi mon bureau chez notre graphiste et j'y ai fait connaissance avec une équipe stimulante et sympathique. J'ai aussi appris, bien sûr, quels sont les rouages cachés derrière la création d'une publication. Il y a l'investissement des auteurs, tous bénévoles. Il y a le travail du comité et ses séances, les moments de détente, de doute et de stress. Tout cela sans oublier enfin, comme un dessert, l'impression avec l'odeur de l'encre, les employés qui emballent et envoient les paquets dans le bruit mais avec le sourire.
«www.neant.ch»
JEAN-CHRISTOPHE MÉROZ
Alors un jet de flamme jaillit de moi et va s'écraser sur l'écran pour consumer l'image scintillante devant mes yeux, pour en réduire en cendres les auteurs. La carte ignore le Jura bernois alors que le mot «Emmental» s'y étale juste à côté de «Berne», légèrement dominé par «Bienne».
Cette sainte colère éclate le jour où je décide de surfer sur Internet, histoire de vérifier la présence du Jura bernois dans le cybermonde, de voir ce qu'un Batave moyen à la recherche d'un lieu de vacances familiales pourrait y trouver d'alléchant.
Or donc, j'embarque sur le site «www.swisstourism.ch» avec l'espoir d'y trouver les renseignements de Suisse Tourisme, l'avatar de l'Office national suisse du tourisme. Erreur! Je déboule sur la page d'une organisation quelconque qui m'accueille avec une carte de la Suisse découpée selon les régions touristiques.
Première surprise: le Jura bernois est incorporé au Mittelland plutôt qu'à la région «Fribourg, Neuchâtel, Jura» à laquelle il appartient comme d'Artagnan aux trois mousquetaires. Dans un grand mouvement de générosité, je décide de ne pas m'en offusquer et de passer au détail de la carte Mittelland. Clic! Et là sort à nouveau le jet de lave dévastateur. Du Jura bernois, pas de mention! La Neuveville, Saint-Imier, Moutier? Néant! Alors que l'Emmental est mentionné. Que les rois de la meringue et du fromage à trous s'affirment ici, grand bien leur fasse. Mais qu'ont-ils de plus pour mériter d'être là? Les vignes au bord du lac peut-être, ricané-je.
La vague de colère est apaisée, je saute sur un autre site. Clic, «www.switzerlandtourism.ch». Un drapeau suisse incrusté dans une edelweiss signale l'arrivée sur le site officiel du tourisme suisse.
Heureuse surprise: les trois mousquetaires sont à nouveau quatre! Le Jura bernois a retrouvé ses partenaires. Je commence l'inventaire des lieux. J'y vois l'éclat de NOS pistes et de NOS loïpes. Ouais! C'est plutôt l'état de la floraison des crocus et des perce-neige. Mais ça, ce n'est pas la faute de ces M'sieurs-Dames de Zurich. Je continue donc et passe à la liste des hôtels et restaurants en partant de la carte des régions touristiques.
Une rayonnante histoire, n'est-ce pas?
JEAN-DOMINIQUE HUMBERT
Les revues, en Suisse romande comme ailleurs, ont coutume de naître dans un enthousiasme acharné et de tôt sombrer dans un considérable oubli. Certes nous savons les magistrales exceptions. Telle la plus que séculaire aventure de La Revue de Belles-Lettres (la doyenne toutes catégories, née en 1836) qui est le plus vaillant exemple à prononcer. Le plus décisif parmi les éphémères rumeurs de tant d'autres noms qui n'ont tenu parole que l'espace de quelques rares parutions. Vous souvient-il de l'année de Pajouvertes, de celle des Poètes encavés ou de celle encore de Mon Feuilleton ou de La Revue des débuts? Garde-t-on mémoire des brèves années de Dire, de Feuillets, de Dialogue, de Labyrinthe, de Pages, de Repères? Elles furent, de fait, en ce siècle nombreuses, entre Genève, Zurich et bien ailleurs, les revues qui se lancèrent et en grand silence, s'effacèrent.
Dans ce contexte peu sûr, la longévité d'Intervalles ne manque pas d'heureusement étonner, elle qui cette année rejoint, en nombre de livraisons, la revue littéraire Ecriture, que fondèrent en 1964 Bertil Galland et Jacques Chessex. Fier exemple de quinquagénaire!
Mais comment s'explique le succès dans la durée d'Intervalles, son nombre régulier et assuré d'abonnés, voilà qui cependant est une autre histoire. S'y hasarder?
En retrouvant aujourd'hui les premiers numéros, les textes des écrivains et des poètes, en revoyant tout à coup accolé aux livres de Rousseau ce numéro 6 de juin 1983 qui disait l'Ile et notamment La Neuveville dans tous ses états, et par exemple dans la concrète histoire de la vigne aussi et dans la vie du lac. En tenant plus loin ce grouillant numéro consacré à Cendrars. En allant ailleurs dans l'archéologie, dans les randonnées pédestres ou vers quels autres chapitres imprévus du domaine ici pratiqué. De ses images. En découvrant Reconvilier dans cette «Histoire du bureau postal» ou de «L'électricité». En parcourant à nouveau tout cela, voilà qu'on se prend sans doute à présager des bonheurs de cette aventure qui perdure avec Intervalles. Car décidément (c'était en ce sens que les fondateurs de la revue entendaient faire résonner son nom) voilà une région définie dans ses travaux et ses jours, voilà comment et concrètement elle s'est faite au long des siècles pour devenir ce qu'elle est par sa population, son langage (ses langages), ses institutions.
Voilà en somme et dans sa diversité, un peu du temps où l'on est. Où l'on passe. Que l'on s'attache à dire, pour essayer de comprendre. Nul doute. Il y aura d'autres jours à passer en revue.
Une revue, phénomène éphémère?
ODILE BRENZIKOFER
Intervalles appartient à une famille mal définie, celle des innombrables revues à vocation culturelle qui, depuis le XIXe siècle, occupent une place non négligeable dans les publications, sous des formes variables, pour des durées qui ne le sont pas moins... Autant les diverses formes de littérature que de la presse ont-elles été étudiées sous tous leurs aspects, autant la revue, comme phénomène à part, a-t-elle peu fait l'objet d'attention.
A y regarder de plus près, on s'aperçoit pourtant que les enjeux sont non seulement intéressants, mais importants; en effet, les revues ont une fonction souvent primordiale dans l'émergence et dans la formation des idées. Pour prendre des exemples prestigieux, pensons au rôle tenu par la Revue Blanche dans l'éclosion et la diffusion du surréalisme. Il suffit de citer la Revue des Deux Mondes, le Mercure de France, la Nouvelle Revue Française pour mesurer l'impact de revues qui sont devenues de véritables institutions, même si le temps de telles influences est aujourd'hui révolu. En Suisse, n'oublions pas Dada, les Cahiers Vaudois de C.-F. Ramuz ou la Revue de Genève. Une revue assure une part d'innovation importante. Peu de talents littéraires français ou suisses, par exemple, ont été reconnus sans passer d'abord par une revue.
Revues, nos soeurs
ODILE BRENZIKOFER
Le nombre des revues, même en Suisse romande, est élevé. Nous avons souhaité associer à ce numéro-jubilé, quelques-unes d'entre elles qui poursuivent une démarche proche de la nôtre, celle d'une ouverture à un public large qui pourrait être formé par l'honnête homme d'aujourd'hui: curieux, sans préjugé, situé dans un présent qu'il interroge de toutes les manières possibles, en postulant l'infinie variété des approches.

Sans prétention d'exhaustivité, nous avons choisi de présenter des revues romandes qui s'affirment comme telles. Choix délicat puisqu'il nous conduit à laisser de côté des parutions qui ont toutes les caractéristiques de la revue mais n'en portent pas le nom!

Silence aussi autour de certaines revues qui connaissent aujourd'hui un arrêt de parution, sans que l'on puisse en déduire leur disparition définitive: c'est le cas de Art de vivre, de Papyrus, ou, proche de nous, de la Revue d'Autre Part.

(VWA)
La revue de La Chaux-de-Fonds fête son quinzième anniversaire cette année. C'est dire que cette revue littéraire est solidement implantée dans les Montagnes neuchâteloises - et bien au-delà - dont elles sont une des preuves de la vitalité et de la richesse littéraire. La dernière parution, «Le Cabinet des manuscrits», rassemble des textes inédits qui appartiennent au fonds des manuscrits de la Bibliothèque de
La Chaux-de-Fonds. On y trouve ainsi des textes de Roland Barthes, de F. Ponge, de P.-A. Tâche, pour ne citer que quelques noms.
Parution: 2x par an. Prix de l'abonnement: Fr. 75.- Revue littéraire (VWA), B.P. 1257, 2301 La Chaux-de-Fonds
Notices biographiques
Francis Bourquin
Instituteur de formation et enseignant durant 41 ans, Francis Bourquin est l'auteur de nombreux recueils de poèmes, de textes pour la musique, d'ouvrages traduits de l'allemand et de l'italien. Sa participation à la vie culturelle jurassienne et romande est impressionnante; ses multiples articles et émissions de radio, son engagement au sein de nombreuses institutions culturelles en témoignent: l'Institut jurassien dont il fut le secrétaire général, la Société des écrivains jurassiens et neuchâtelois qu'il présida par deux fois, l'Alliance culturelle romande, la Revue et les Editions Intervalles dont il fut, à chaque fois, membre fondateur, en sont quelques exemples édifiants.
Odile Brenzikofer
Enseignante d'histoire et de français, Odile Brenzikofer est présidente d'Intervalles depuis 1994. A côté du cahier des charges habituel de la fonction, la tâche de présidente a consisté, jusqu'ici, à mettre la main à la pâte là où c'était nécessaire, afin que les numéros de la revue puissent sortir dans des délais acceptables. C'est, en effet, à chaque fois une gageure, tant le nombre de personnes concernées est élevé, tant les aléas de la production sont variables...

Françoise Hirschi
Travailleuse de l'ombre s'il en est, Françoise Hirschi est celle par qui la revue « fonctionne »: elle en assure l'administration tant de la comptabilité que du service des abonnés; elle tient les procès-verbaux du comité et se charge de multiples tâches de contact qui permettent à la revue de fonctionner avec un minimum d'àcoups...

Jean-Dominique Humbert
De Fribourg, où il habite, Jean-Dominique Humbert nous confie son sentiment de lecteur extérieur à la revue mais pourtant très concerné: il est, en effet, un excellent connaisseur de l'édition romande en raison de ses activités de critique et d'écrivain. Son sixième recueil de poèmes, L'air de sa venue, est paru aux Editions PAP. Il publie ce printemps un livre sur Fribourg, avec le photographe Albert Philippon, aux éditions de la Sarine.
A l'horizon du centième...
INTERVALLES
Après avoir jeté un regard derrière et autour de nous, il est temps de regarder en avant, à l'horizon des 50 prochains numéros. Le parcours dans le temps et dans l'espace sera alors complet, actualité et virtualité confondues!
Notre durée de vie nous met au niveau des revues respectables, pour ce qui est de l'âge, bien entendu... Cela seul nous autorise à rêver de l'avenir aussi lointain qu'un numéro 100: nous n'avons pas été éphémères comme le prédisaient certains; à ce stade cependant, le défi reste entier car il n'est pas d'ordre quantitatif, mais qualitatif. Il est vrai que chaque numéro est un enjeu vital, jamais gagné à l'avance.
Le temps d'Intervalles est donc une durée, c'est également le rythme ternaire inégal qui marque nos parutions. Là encore, l'avenir est engageant, si nous considérons tous les thèmes que nous souhaitons aborder. A cet égard, la région nous apparaît d'une richesse infinie. Nos projets sont nombreux, notre frustration provient plutôt de l'impossibilité où nous sommes d'en réaliser plus et mieux encore!
Mais notre horizon est d'abord espace, avant d'être temps; et c'est l'image d'espaces ouverts qui nous habite, malgré les dimensions réduites du lieu dont nous émanons. L'ancrage d'Intervalles dans la région n'est plus à démontrer; c'est le mérite des membres fondateurs de l'avoir créé; ceux-ci mentionnaient pourtant déjà l'ouverture comme primordiale. Grâce à eux, nous pouvons nous sentir d'ici et d'ailleurs, regarder plus loin en parlant d'ici. «Pour atteindre à la profondeur, il n'est pas nécessaire de quitter son environnement le plus proche et le plus habituel», disait Wittgenstein. Nos objectifs sont plus modestes, mais la conviction est la même: ce qui est autour de nous constitue le point de départ qui nous permet de nous interroger, de chercher à mieux comprendre notre réalité, la réalité. En cela, il n'y a aucune solution de continuité d'avec le premier éditorial dont les maîtres mots pourraient être «rassembler et rayonner».
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