REVUE N° 107
Les Gallo-Romains dans la Suisse du Nord-Ouest

Petinesca-Studen… Petra Pertusa-Pierre Pertuis… des noms qui rappellent que la région a été conquise par Jules César au nom de Rome en 58 avant J.-C.,
y donnant ainsi naissance à une civilisation gallo-romaine puisant sa force dans les sources celtes et romaines.

 

Ce cahier présente par la photographie, l'iconographie et le texte les traces que cette civilisation a laissées dans la pierre et la toponymie régionales. Il évoque aussi les dieux que vénéraient les habitants de Petinesca et leurs contemporains.

 

Finalement, il invite aussi à une relecture critique des Commentaires de la guerre des Gaules écrits par César ainsi que des textes que les érudits régionaux ont rédigés au début du XXe siècle sur cette époque, se laissant parfois emporter par le mythe plutôt que la science.

 

Les érudits du début du XXIe siècle complètent judicieusement cette relecture en redonnant à la science la place qui lui revient.

     
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  • Sommaire
  • Impressum
Jean-Christophe Méroz Pour une relecture critique et actualisée des livres d’histoire
Andres Kristol Les Gaulois : quelques clarifications terminologiques et géographiques
Virgile Rossel Histoire du Jura bernois
Paul-Otto Bessire La période gallo-romaine
Caius Iulius Caesar Un peuple belliqueux
Ludivine Marquis Là-haut sur la colline: les dieux anonymes de Petinesca
Andres Kristol L’héritage gaulois et latin dans les noms de lieux de l’espace Jura-Bienne-Seeland (et un peu au-delà)
Christophe Gerber La traversée romaine par le col de Pierre-Pertuis
Christophe Gerber Tavannes, La Tanne
Petinesca
Villa romaine mise au jour à Port
 Format : 170 x 250 mm  Illustrations : noir/blanc et couleur
120 pages  ISSN 1015-7611
©Intervalles
N° 107  Les Gallo-Romains dans la Suisse du Nord-Ouest
Titre
Auteur
texte
Pour une relecture critique et actualisée des livres d’histoire
Jean-Christophe Méroz

Il est temps de procéder à une mise à jour de l’imagerie populaire régionale qui voit une chaîne jurassienne, « des bords du lac de Bienne aux portes de la France », habitée par des valeureux Rauraques guerriers !

Les fouilles archéologiques et les recherches linguistiques de ces dernières décennies obligent à procéder à une relecture critique et actualisée des livres d’histoire régionale écrits par les érudits qu’étaient Virgile Rossel et Paul-Otto Bessire, et même à une étude distancée des Commentaires sur la Guerre des Gaules, de Jules César, trois textes dont les extraits pertinents sont reproduits ici sous la tête de chapitre « Rappels historiques ».

Les Gaulois : quelques clarifications terminologiques et géographiques
Andres Kristol

Les Helvètes avec leurs voisins, les Seduni (dont le nom se conserve dans celui de Sion, Sedunum dans l’Antiquité), les Nantuates et les Véragres du Bas-Valais, les Ubères du Haut-Valais, les Rauraques de la région bâloise, les Séquanes au nord-ouest du Jura, sont des peuples de langue gauloise, tout comme la grande majorité des peuples qui occupaient alors la France et la Belgique actuelles. Comme nous l’apprend Jules César au tout début de ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, les Gaulois (Galli, en latin) s’appelaient eux-mêmes Celtes (Celtae) dans leur langue.

Histoire du Jura bernois
Virgile Rossel

Les origines

Le pays qui s’appelle aujourd’hui le Jura bernois n’entra guère dans l’Histoire avant la période romaine.

À l’époque de Jules César, il était habité par les Rauriques ou Rauraques, tribu celtique dont les territoires avaient pour limites, au nord, les dernières ramifications du Jura et le Rhin, à l’est, au sud et à l’ouest, l’Aar, Pierre-Pertuis, les Franches-Montagnes et le Doubs. Quant aux palafitteurs établis sur les rives du lac de Bienne, comme sur les bords d’autres de nos lacs suisses, leurs origines se perdent dans la nuit des âges ; et s’il n’est pas douteux qu’ils aient représenté une civilisation déjà remarquable, il semble qu’ils se soient évanouis sans presque rien laisser derrière eux.

La période gallo-romaine
Paul-Otto Bessire

Les Helvètes, les Rauraques et les Séquanes, comme les autres Celtes ou Gaulois, étaient braves, hardis et entreprenants. La guerre était leur occupation favorite. On les disait prompts à la riposte, par la parole et par l’épée. Ils aimaient les beaux discours, comme aussi la parure, les bijoux, les couleurs vives. Quand les Helvètes entreprirent leur expédition vers le sud-ouest de la Gaule, en 58 avant J.-C., les Rauraques, au nombre de 23 000 se joignirent à eux. Battus avec leurs alliés, à Bibracte, ils rentrèrent dans leur pays. Six ans plus tard, ils prennent part à l’insurrection générale des Gaulois. Ils volent au secours de Vercingétorix enfermé dans Alésia par Jules César.

Un peuple belliqueux
Caius Iulius Caesar

Dans les Commentarii de Bello Gallico, l’homme d’État et général latin Caius Iulius Caesar (100-44 avant J.-C.), qui parle de lui à la troisième personne, se fait l’historien de sa propre conquête des Gaules (de 58 à 51 avant J.-C.), initialement provoquée par la volonté expansionniste des Helvètes. Arrêtés dans leur migration, ces derniers furent décimés aux deux tiers.

Orgétorix était le plus distingué des Helvètes par sa naissance et par ses richesses. Poussé par l’ambition, il conjura avec la noblesse, sous le consulat de M. Messala et de M. Pison, et engagea les habitants à sortir du pays avec toutes leurs forces.

Là-haut sur la colline: les dieux anonymes de Petinesca
Ludivine Marquis

Dans les provinces romaines du nord des Alpes, et notamment en territoire helvète, Mercure était à plus d’un titre la divinité préférée des peuples gallo-romains. Les nombreuses découvertes à son effigie et les inscriptions en son honneur renforcent les propos tenus par César dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules: «Le dieu qu’ils honorent le plus est Mercure. […] Après lui, ils adorent Apollon, Mars, Jupiter et Minerve.» Mais le panthéon gallo-romain ne se résume pas à l’adoration de ces quelques divinités.

L’héritage gaulois et latin dans les noms de lieux de l’espace Jura-Bienne-Seeland (et un peu au-delà)
Andres Kristol

Malgré leur présence bien documentée, les peuples gaulois établis dans notre pays ont laissé des traces relativement peu nombreuses dans la toponymie actuelle, pour différentes raisons. D’une part la population,à l’époque gauloise, était beaucoup moins nombreuse que de nos jours ; selon le témoignage de Jules César, les Helvètes comptaient 265 000 personnes, hommes, femmes et enfants. Même si ce chiffre est certainement approximatif, il signifie que de larges régions aujourd’hui peuplées étaient encore « vides », c’est-à-dire essentiellement couvertes de forêts.

La traversée romaine par le col de Pierre-Pertuis
Christophe Gerber

Dès le Ier siècle après J.-C., un axe est-ouest relie la région danubienne à la Gaule centrale par le Plateau helvète, en passant notamment par Vindonissa/Windisch, Petinesca/Studen, Aventicun/Avenches, Colonia Iulia Equestris/Nyon et Genava/Genève. Différents embranchements, plus ou moins importants, partent de la voie principale et rejoignent les vici (villages et bourgs) disséminés sur l’ensemble du territoire.

Tavannes, La Tanne
Christophe Gerber

La route à rainures que le promeneur découvre à l’ouest du village de Tavannes, en remontant l’extrémité de la vallée en direction du hameau de La Tanne, compte parmi les vestiges représentatifs de ce type de voie en Suisse. La découverte du site, à tout le moins sa première mention, revient à l’archéologue jurassien Auguste Quiquerez ; il en dressa une coupe transversale en 1866 et l’interpréta très vite comme celtique, à l’image
d’autres témoignages similaires connus en Gaule.

Petinesca

Les plus anciennes traces d’occupation humaine sur le Jensberg ont été découvertes près de la cabane forestière de Studen. Il s’agit des vestiges d’un foyer datant de la fin de l’âge du Bronze (vers 1000 - 800 avant J.-C.).

Au second âge du Fer (époque de la Tène), soit aux Ier et IIe siècles avant J.-C., un imposant habitat de hauteur fortifié helvète dominait la région.

Villa romaine mise au jour à Port

Sur une terrasse du coteau de Port se dressait à l’époque romaine une vaste et luxueuse villa. À la faveur d’un projet de construction sur le site, le Service archéologique du canton de Berne a mis au jour les vestiges très bien conservés de ce bâtiment.

La villa a été érigée à l’emplacement d’un habitat celte. Les découvertes romaines les plus anciennes remontent à l’époque de la naissance du Christ. Il s’agit donc de l’une des premières villas construites par les Romains dans l’actuelle Suisse alémanique.

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