REVUE N° 106
Michel Wolfender

L’œuvre de Michel Wolfender est unique dans le paysage artistique contemporain. Depuis près de soixante ans, l’artiste jurassien dessine, grave ou peint des détails de son univers. Le prunier de son jardin, un chou, une allée d’arbres, un pin mourant ou une faille rocheuse sont ainsi explorés avec minutie. Ce cheminement « de plongée en plongée » pour reprendre ses termes, où chaque retour du thème approfondit le sujet, s’apparente à une quête spirituelle. Les images ainsi créées questionnent les fondements de la condition humaine et le mystère de la vie.

Les textes de Maurice Born, Sylviane Messerli et Valentine Reymond éclairent la vie et l’œuvre de Michel Wolfender en associant pour la première fois son art de la maturité à ses œuvres de jeunesse.

Michel Wolfender est né à Saint-Imier en 1926. Il s’est installé en 1956 à Paris où il vit encore aujourd’hui. Il retourne régulièrement dans sa région natale.

     
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  • Sommaire
  • Impressum
Maurice Born À bien y regarder… Quelques pas avec Michel Wolfender
Sylviane Messerli Première rencontre avec Michel Wolfender
Valentine Reymond « Le vaste monde tourne au-dedans de nous » : au fil des œuvres de Michel Wolfender
Sylviane Messerli Michel Wolfender : lire, lier, peindre
Biographie de Michel Wolfender
 Format : 170 x 250 mm  Illustrations en couleur
 108 pages  ISSN 1015-7611
©Intervalles
N° 106  Michel Wolfender
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À bien y regarder… Quelques pas avec Michel Wolfender
Maurice Born

Les forsythias et les magnolias commencent à peine à recouvrir le mur extérieur de l’atelier de leur jaune et de leur blanc éclatants. Il me fait remarquer que je suis venu trop tôt dans la saison, d’autant qu’elle est tardive, pour en profiter pleinement. Puis, dans cette arrière-cour d’immeuble, nous descendons les quelques marches qui mènent à la petite porte d’entrée.
– J’ai nettoyé le chemin, j’ai calé les pierres en place.
Ce sont les gestes qui font toute la différence : il s’agit de remettre en route un cycle. Après l’hiver pluvieux, le printemps, comme un nouveau départ, nécessite quelques préparatifs. Et Michel Wolfender y est attentif. Je le devine, prenant soin de chaque pavé, redressant une branche tombée, mais plus pragmatique, brossant le passage aussi :
– Plus personne ne prend soin du chemin…

Première rencontre avec Michel Wolfender
Sylviane Messerli

C’est notre première rencontre. Il arrive de Paris pour passer quelques jours à Saint-Imier. Je ne connais de lui que des reproductions de ses œuvres et une gravure qui accompagnait un tirage de tête d’un livre qu’il avait illustré.
Je l’attends à la gare de Neuchâtel. Les gens se bousculent et je me demande comment le reconnaître. Il se présente à moi. Il a 88 ans ; la force de son corps entre dans la vieillesse.
Il me regarde, prend mon bras et me montre aussitôt la dame au chapeau représentée sur les peintures murales du hall d’entrée et sous laquelle il avait tenu à me donner rendez-vous. « C’est ma tante ! » explique-t-il, « Elle travaillait à Neuchâtel et le peintre lui avait demandé de poser pour lui ! ».

« Le vaste monde tourne au-dedans de nous » : au fil des œuvres de Michel Wolfender
Valentine Reymond

Depuis une cinquantaine d’années, Michel Wolfender traduit sa relation au monde par le biais de quelques sujets dont il s’imprègne pas à pas et qu’il traite dans de multiples moyens d’expression.
« Si tu veux arriver à ce que vive un arbre, projette autour de lui cet espace intérieur qui réside en toi ; ce n’est qu’en prenant forme dans ton renoncement qu’il devient réellement arbre. »
Comme le souligne l’artiste, ce passage de Rainer Maria Rilke (1875-1926) entre en résonance avec sa quête d’ordre spirituel. Pour lui :
« Le sentiment du paysage est fondateur. L’art du paysage est un art de communion où l’homme découvre dans le monde à chaque instant son visage transfiguré. »
Il cherche à créer l’écho de cette « communion » avec le prunier de son jardin, un massif rocheux ou un chou ; de ces correspondances entre ses sujets et son être intérieur, dans une quête inépuisable. Mais quel fut le cheminement qui a pu mener Michel Wolfender à cette quête ?

Michel Wolfender : lire, lier, peindre
Sylviane Messerli

« Je me souviens dans la région du Berry d’avoir assisté à une scène merveilleuse de trois charrues tissant littéralement l’espace par leurs va-et-vient, comme une tapisserie, des charrues attelées de quatre à six bœufs blancs avec ces bouviers qui les appelaient, qui les hélaient dans des modulations, un peu dans des cris onomatopéiques, qui construisaient devant nous un véritable chant, une mélodie. »
Michel Wolfender interrogé par Maurice Born pour Plans-Fixes,
le 1er mars 1999 à Rolle.

Biographie de Michel Wolfender

Né à Saint-Imier le 3 août 1926, fils d’Émile Wolfender et de Marguerite, née Moeri. Originaire de Kreuzlingen, grandit à Saint-Imier.
Études au Gymnase de La Chaux-de-Fonds et à l’École des Beaux-Arts de Genève.
Épouse la photographe et tisserande Ulla Wolfender-Josephsson.
Vit depuis 1956 à Paris.

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