REVUE N° 100
Festivals

Voici le numéro 100 de la revue Intervalles. Il est consacré à une forme de manifestations culturelles qui était inexistante dans la région en 1981, année de la création de la revue : les festivals musicaux. A l'époque, il y avait le Festival de Jazz de Montreux et le Nyon Folk Festival, mais dans la région du Jura bernois et de Bienne, c'était le désert.
Aujourd’hui, les amateurs de musique ont un large choix à disposition qui va du metal rock à la musique classique. Et entre ces deux extrêmes, la musique country, le hip-hop ou la variété notamment, sans oublier le défunt Mont-Soleil Open Air Festival. Ces manifestations et leurs animateurs font l'objet de portraits, tout comme la ville de Bienne, capitale de la musique alternative.
Deux spécialistes de l’Institut d’ethnologie de l’Université de Neuchâtel ont exploré le monde des festivals, son évolution historique et ses ressorts sociaux. L'un compare le festival biennal Monde de Couleurs de Porrentruy et la 48e Fête cantonale bernoises des yodleurs, tenue à Tramelan en 2013 ; l'autre prend davantage de recul et fait le tour du phénomène « festivals ».

     
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  • Sommaire
  • Impressum
Céline Gex Les festivals de musiques du monde : cultures et mise en scène
Jean-Christophe Méroz Le Far West s’invite en Erguël
Marjorie Spart Les Estivales musicales de Court, une histoire qui se réinvente
Pierre-Yves Theurillat Metal rock à Toxoplasmose en Erguël, voyage dans un pays parallèle
Dimitri Vernier Le Royal Arena Festival d’Orpond, le hip-hop règne en maître
Jonas Kocher Un terreau prolétaire et riche de minorités, Bienne, scène de musique alternative
Patrick Tanner Mont-Soleil Open Air Festival, du champ verdoyant au chant du cygne
Dominique Chloé Baumann Le Chant du Gros au Noirmont, l’ambiance relax à tout prix
Marjorie Spart INTREVIEW – Le point de vue de la spécialiste en festivals, Carine Zuber
Yann Laville Festival et festivalisation
 Format : 170 x 250 mm Images en noir/blanc inédites 
 96 pages ISSN 1015-7611
©Intervalles
N° 100  Festivals
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Les festivals de musiques du monde : cultures et mise en scène
Céline Gex

Après un bachelor en anthropologie sociale et en musicologie à l’Université de Fribourg, Céline Gex, née en 1989, poursuit actuellement ses études à l’Institut d’ethnologie de l’Université de Neuchâtel. Elle consacre son mémoire de master aux politiques culturelles et plus précisément à l’étude de la diffusion des musiques du monde en Suisse.

Les festivals sont dans l’air du temps. De musique, de danse, de film, de théâtre, ils remplissent nos semaines estivales. D’une part, ils contribuent à l’attractivité et au rayonnement régional de manière efficace. De l’autre, ils proposent un avant-goût de culture(s). Un festival de musique n’est donc pas simplement une suite de concerts. Premièrement, il englobe une pluralité d’activités annexes allant des offres culinaires en passant par des workshops, des projections de films et d’autres conférences. Deuxièmement, le temps du festival est particulier. C’est un moment éphémère dans le quotidien et, de ce fait, il devient extraordinaire. Ainsi le festival crée généralement un nouvel espace-temps que les festivaliers consomment à leur guise.

Le Far West s’invite en Erguël
Jean-Christophe Méroz

Né en 1952 à Saint-Imier où il a passé sa jeunesse, Jean-Christophe Méroz vit à Berne. Il y travaille comme juriste à la division Législation de l’Institut suisse des produits thérapeutiques (Swissmedic). Il est président du comité de la revue Intervalles.

Festival de Country Music de Courtelary

C'est la faute à Paul Mac Bonvin si le Country Music Festival de Courtelary voit le jour en février 2002. En effet, le chanteur valaisan appelle son ami Mario Juillerat et lui annonce qu'Albert Lee, le guitariste d'Emmylou Harris et d'Eric Clapton notamment, est de passage en Suisse et qu'il a encore des disponibilités. Si Mario veut l'avoir pour un concert, ça marche ! Mais... il n'a qu'une semaine à disposition pour l'organisation. C'est parti pour sept jours de folie : trouver une salle, des équipements, un groupe pour faire l'ouverture, etc. Salle et équipements sont trouvés, la soirée est ouverte par les Rodeo Rangers, un groupe de country de l'Oberland bernois.

Les Estivales musicales de Court, une histoire qui se réinvente
Marjorie Spart

Marjorie Spart est née le 26 janvier 1980. Diplômée en lettres et sciences humaines de l’Université de Neuchâtel, elle travaille comme journaliste au Journal du Jura depuis 2008. Elle a en outre participé à la rédaction du livre De balades en regards (2012), ouvrage consacré à la commune de La Neuveville. Elle est membre du comité de la revue Intervalles depuis 2013.

Petit à petit, elles y ont fait leur nid. Les Estivales musicales se sentent si bien dans le Jura bernois qu’elles fêtent en 2014 leur neuvième anniversaire. La clé du succès ? Elles ont su grandir petit à petit, depuis 2005, et rallier le public à la cause de la musique de chambre. Ce qui n’était à ses débuts qu’une présentation publique du travail réalisé par les étudiants – chant et musique classique – dans le cadre d’une masterclass organisée durant l’été dans la vallée de Tavannes, s’est vite transformé en un incontournable rendez-vous musical pour toute la région.

Metal rock à Toxoplasmose en Erguël, voyage dans un pays parallèle
Pierre-Yves Theurillat

Un tiers de la population mondiale possède les germes de la toxoplasmose, une maladie traduite par des infections parasitaires. Sans s’autoproclamer parasite, ni avouer faire partie de ce tiers-là, le festival du nom de cette maladie propose néanmoins une alternative à des rendez-vous musicaux soit commerciaux et populaires, soit des soirées, concerts ou festivals plus pointus voire élitaires, ne concernant a priori qu’une poignée d’individus. La Toxoplasmose se situe à mi-chemin entre les deux polarités d’offres en matière d’événements musicaux dans le Jura bernois, c’est un festival un peu barbare en apparence dont la programmation, axée sur les divers genres du rock le plus extrême, trie sur le volet un public tout particulier, toujours plus nombreux d’édition en édition (la huitième en 2014), et venant de toute la Suisse et d’ailleurs.

Le Royal Arena Festival d’Orpond, le hip-hop règne en maître
Dimitri Vernier

Dimitri Vernier est né le 10 novembre 1973. Ce Biennois est journaliste, organisateur de manifestations, round designer et DJ. Il a notamment travaillé à la Radio suisse romande
ainsi que pour Le Journal du Jura et Radio Canal 3.

Quel lien existe-t-il entre le Bronx et Orpond ? A priori aucun. Du moins en apparence... Pour les résidents de l'agglomération biennoise, Orpond, ancien village de pêcheurs situé à l'est de la capitale seelandaise, qui compte aujourd'hui près de 3000 âmes, rappelle surtout aux usagers de la route l'angoisse des examens de conduite ou les affres de l'expertise
de leur véhicule.

Par chance, il y a le côté plus brillant de la médaille. Orpond, c'est aussi sa splendide église gothique, son Pony Ranch ou ses chemins de promenade au bord de l'Aar. Rien à voir donc avec la grisaille ou la mauvaise réputation que véhicule le quartier new-yorkais. Pourtant, les deux lieux partagent une même richesse : le hip-hop. A l'international, Orpond résonne désormais comme l'un des temples de la musique et de la culture hip-hop grâce au Royal Arena Festival.

Un terreau prolétaire et riche de minorités, Bienne, scène de musique alternative
Jonas Kocher

Accordéoniste improvisateur et compositeur, Jonas Kocher vit à Bienne depuis 1996. Il a étudié au Conservatoire de Bienne et travaille en tant que musicien indépendant. Il s’est produit dans le monde entier, compose et réalise régulièrement des projets interdisciplinaires. Il est également actif en tant qu’organisateur et curateur dans le domaine des musiques expérimentales en Suisse et à l’étranger. Il est producteur du label de CD Flexion Records et s’occupe de la structure BRUIT.

Dans l'improvisation libre, le contexte influence très souvent le processus sonore et le jeu des musiciens. Une dynamique propre à l'endroit et à l'instant se développe, un flux se crée entre les musiciens, les auditeurs et le lieu. Une analogie peut être faite avec le terreau sur lequel se développent une scène artistique et des manifestations culturelles.
Les pratiques musicales improvisées, expérimentales et alternatives à Bienne en sont un bon exemple.

Mont-Soleil Open Air Festival, du champ verdoyant au chant du cygne
Patrick Tanner

Patrick Tanner, enfant de Mont-Soleil né en 1978, suit l’ensemble de sa scolarité obligatoire à Saint-Imier. Il obtient sa maturité professionnelle commerciale en 1997, puis poursuit ses études à Neuchâtel pour obtenir son diplôme d’économiste HES en 2002. Il partage dès lors son activité professionnelle entre l’entreprise ID3A dont il est associé et l’enseignement des sciences économiques. Il obtient en 2008 son DFAP en économie et droit commercial à l’IFFP à Lausanne. Cofondateur du Mont-Soleil Open Air Festival en 1995, puis président jusqu’en 2004, il cofonde également Festi’Neuch en 2001. En 2003, il devient conseiller de ville à Saint-Imier, puis membre de l’exécutif communal en charge de l’économie et du tourisme dès 2011.

C’était le rendez-vous de toute une région. Ce n’est aujourd’hui plus qu’un souvenir. Trahi par la météo durant trois années consécutives, le Mont-Soleil Open Air Festival a jeté l’éponge – détrempée – après sa 10e édition, en 2006.

Ne subsistent donc que les souvenirs des éditions précédentes, qui auront su embraser des dizaines de milliers de festivaliers avec des moments de magie et d’émotion. Plus de 160 artistes et groupes de la Terre entière se seront succédé durant les 10 éditions du Mont-Soleil Open Air Festival qui, de petit festival organisé par des copains d’école, a su faire sa place dans la cour des grands l’espace de quelques années. Sa notoriété a entraîné celle d’une région, qui a vibré avec et pour lui, mais a également drainé un public venu de plus en plus nombreux, et de plus en plus loin, pour assister à des concerts dont la qualité ne cessait d’évoluer.

Le Chant du Gros au Noirmont, l’ambiance relax à tout prix
Dominique Chloé Baumann

Née en 1981, Dominique Chloé Baumann est diplômée de l’Université de Neuchâtel, en histoire, ethnologie et journalisme. Depuis 2014, un master en administration publique de l’IDHEAP complète sa formation. Avec plusieurs publications à son actif, elle est devenue membre du comité d’Intervalles depuis peu et se réjouit d’avoir à nouveau l’occasion de traiter des sujets de sa région d’origine. Elle habite en effet depuis 5 ans à Zurich, où elle travaille en tant que collaboratrice scientifique aux Archives de la Banque nationale suisse.

Le festival du Chant du Gros est le plus important de la région jurassienne en termes de nombre de visiteurs. Depuis plus de 20 ans, il marque le début du mois de septembre au Noirmont et dans ses environs. Et si on faisait un détour par le canton du Jura pour aller rencontrer Gilles Pierre, organisateur du festival ? A 41 ans, ce natif du Noirmont est employé de commerce de formation, il a travaillé quelque temps au club Bikini Test à la Chaux-de-Fonds avant de se consacrer à 100 % au Chant du Gros.

INTREVIEW – Le point de vue de la spécialiste en festivals, Carine Zuber
Marjorie Spart

Marjorie Spart est née le 26 janvier 1980. Diplômée en lettres et sciences humaines de l’Université de Neuchâtel, elle travaille comme journaliste au Journal du Jura depuis 2008. Elle a en outre participé à la rédaction du livre De balades en regards (2012), ouvrage consacré à la commune de La Neuveville. Elle est membre du comité de la revue Intervalles depuis 2013.

Carine Zuber, comment s’explique le foisonnement de festivals dans la région de l’Arc jurassien, particulièrement dans le Jura bernois ?

La hausse des festivals de musique est un phénomène que l’on constate partout en Suisse, mais plus particulièrement dans les régions qui ne sont pas urbaines, comme le Jura bernois. Quand il n’y a pas d’infrastructures, c’est-à-dire de salles permanentes, il est beaucoup plus facile de mettre sur pied des manifestations éphémères. Notre région bénéficie aussi de conditions politiques et financières favorables au développement de manifestations culturelles. Le Conseil du Jura bernois met à disposition de l’argent, garanti depuis 2006 par la Loi sur le statut particulier du canton de Berne, pour l’organisation de ce type d’activités. D’autre part, les collaborations interjurassiennes se sont également développées, suite à la volonté de l’Assemblée interjurassienne (AIJ) de les favoriser, particulièrement celles du domaine culturel.

Festival et festivalisation
Yann Laville

Yann Laville est conservateur-adjoint au Musée d’ethnographie de Neuchâtel, où il travaille notamment sur les projets d’expositions, les collections d’instruments de musique et les archives sonores. Il est par ailleurs chargé d’enseignement à l’Institut d’ethnologie de l’Université de Neuchâtel. Depuis 2007, seul ou en compagnie d’étudiants, il mène également une recherche sur les festivals de musique du monde en Suisse.

S’il existe peu de statistiques officielles, tous les spécialistes s’accordent à diagnostiquer une formidable poussée de l’activité festivalière depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, avec une accélération marquée au sortir des années 1980. Pour donner un ordre de grandeur, le nombre de festivals « culturels » serait passé de 400 à 30 000 en Europe au cours des soixante dernières années, et ce n’est qu’une estimation grossière, basée sur les manifestations les plus visibles .

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